Attaque de la mairie de Diguel : L’ex otage se confie

Pris en otage avec un jeune du village le jeudi 7 septembre et libéré 48 heures plus tard, Ali T., comptable de la mairie de Diguel de même que toute sa famille sont « très bien » connus de ses ravisseurs qui lui ont fait part de leur but : veiller à ce qu’ « aucune structure administrative de Diguel à Djibo » ne fonctionne.

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Dans une interview accordée au quotidien d’Etat Sidwaya, l’ex otage revient sur le déroulement de l’attaque qui s’est soldée par son enlèvement et de celui d’un autre jeune. De ses confidences, il ressort qu’il n’était pas le seul agent de l’administration à qui ils ont voulu faire passer leur message. « Ils sont allés pour chercher le forestier. Ils ne l’ont pas eu », a confié Ali T. Le dévolu sera finalement jeté sur un jeune du village qui revenait du champ et tenait une arme de fabrication locale. Ensemble avec celui-ci, explique-t-il, ils ont tous les deux été conduits dans « une forêt où le calme plat était par moment déchiré par des cris d’oiseaux » et où ils ont été détenus et menottés.

« C’est un calvaire total », a décrit Ali T. qui fait cas de la présence d’une rivière dans la forêt au bord de laquelle ils dormaient « à la merci des moustiques ». Toujours selon lui, les ravisseurs parlaient trois langues nationales au nombre desquelles le fulfuldé, le bella et le mooré. « Ceux qui nous ont enlevé parlaient fulfuldé. Dans la forêt, c’est une population. Ils parlaient fulfuldé, mooré et bella ».

Une identité bien connue de ses ravisseurs

« Non », Ali T. ne connait pas ses ravisseurs. Il ne peut pas en dire autant d’eux. « Un d’entre eux m’a dit qu’il me connaissait bien » allant jusqu’à donner des détails assez troublants. Comme cette fois où au marché de Diguel, il lui a cédé le banc et même payé de l’eau pour les gens. Une eau dont « il (l’un des ravisseurs) a bu aussi ». L’ex otage lie sa libération à sa personnalité.

Les ravisseurs le considérant comme étant une personne gentille. Ali T. a affirmé n’avoir pas versé une rançon pour avoir la vie sauve et être libre. Néanmoins, a-t-il confié, « c’est au prix de vie ». Ceux qui l’ont kidnappé lui « ont posé une seule condition ». Une condition qu’il se refuse de rendre publique.

« Ces hommes sont parmi la population »

« Libérés (ensemble ndlr) en pleine brousse », le jeune a pu rentrer en possession de sa moto. Ali T. n’a pas eu la sienne. La raison évoquée : « c’est une moto de l’Etat ». Pour le comptable, s’il a été pris en otage, c’est parce qu’ « ils (ravisseurs) ne veulent pas que la mairie fonctionne ». Une tâche à laquelle lui se serait attelé après l’attaque de février dernier. « Ils m’ont dit que comme je tiens toujours à ce que la mairie vive et qu’eux sont contre l’administration, ils me tueront et la mairie mourra aussi ».

« Ils m’ont juré qu’aucune structure administrative de Diguel à Djibo ne fonctionnera », a confié l’ex otage. Ali T. qui craint désormais pour sa vie, parce que « parce que [s]a sécurité est menacée » hésite à présent de continuer de servir l’Etat à Diguel. Ses ravisseurs, a-t-il soutenu, le « connaissent très bien, toute [s]a famille même la couleur de la porte de [s]a maison, [s]on mode de vie ».

Le comptable qui relève ne pas être un spécialiste du renseignement propose néanmoins d’y investir. Et pour cause , « ces hommes sont parmi la population ». Des hommes qu’« il faut que les gens aient le courage de dénoncer ».

Synthèse de Oui Koueta

Burkina 24


Photo d’illustration 

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Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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