Cinéma : Bienvenue dans «la République des corrompus » !

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Pour prétendre diriger ou gérer le pouvoir, il faut s’assurer d’être propre, irréprochable, est-on tenté de dire. David Bakienou, le député, l’apprendra à ses dépens. La politique a ses pratiques. Fétichisme, assassinat, intimidations, un cocktail qui explose tôt ou tard. « La république des corrompus », dont la première a eu lieu ce 3 septembre 2018 à Ouagadougou, présente ce condensé.

La scène se passe en période de campagne pour les législatives. David Bakiénou, pour sa réélection, n’y va pas de main molle, prêt à tout pour être élu. Les enquêtes d’une jeune journaliste lèvent le voile sur ses manoeuvres mais c’est sans compter sur le député qui ne se laisse pas faire. Arrivera-t-il à ses fins ?

« La République des corrompus » est une  fiction de 1h35 qui dépeint des pratiques courantes sous nos tropiques. Elle est l’œuvre d’un collectif d’étudiants (Inoussa Kaboré, Salam Zampaligré, Aziz Nikiéma et Emmanuel Bationo) sortis de l’Institut de l’Image et du Son (ISIS) de Ouagadougou. Ils ont voulu montrer leur talent.

Prêts, aguerris au travail, il ne leur manque que les moyens pour travailler  à en croire Salam Zampaligré, l’un d’eux et le réalisateur. « Quand nous sommes sortis de l’école, c’était difficile. On était très mal à l’aise parce qu’on n’avait pas de moyens. Même notre école nous a lâchés. On ne nous accompagne pas nous les jeunes et ils travaillent à nous démoraliser», dit-il en prenant pour exemple, l’octroi d’un fonds par le ministère de la culture.

« Tout récemment, le ministère avec le fonds des jeunes cinéastes, on nous a demandé de postuler avec des courts métrages. On était 28 jeunes. Aucun n’a été retenu. Moralement, on est touché. Qu’est-ce qui leur coûtait de choisir deux pour les accompagner, ne serait-ce que  pour parfaire leur scénario », s’est-il plaint.

La perche leur est tendue par l’association Semfilms, structure de production de documentaires et reportages sur les droits humains. Elle s’est aussi aventurée pour une première fiction avec essentiellement des ressources locales : des acteurs  à la post-production, en passant par la musique originale du film composée par Sylvain Dando Paré.

Le film est tourné dans des villes et villages du Burkina. Les acteurs, des figures connues et pas des moindres du cinéma burkinabè, sont présents, y compris dans les seconds rôles : Hyppolyte Ouangrawa, Issaka Sawadogo, Kady Traoré, Serges Henry, Sita Traoré Odilia Yonli, Léila Tall, entre autres.

Dans le film, un clin d’œil est fait  au travail des femmes journalistes à travers  Leila Tall dans le rôle de directrice de parution et Maryam Traoré, la journaliste d’investigation. Un hommage est rendu dans la foulée à  Norbert Zongo, journaliste d’investigation burkinabè assassiné en 1998.

Entre autres sujets abordés figurent l’exploitation de la misère de la population pour avoir des postes politiques et la corruption, cette gangrène de la société dont le combat n’est pas des plus aisés.

Et au parrain au lancement du film, Luc Marius Ibriga, d’indiquer que «quand vous combattez la corruption, la corruption vous combat, et la corruption dispose de plus de moyens pour vous combattre. Voilà pourquoi la lutte contre la corruption doit se faire en rangs serrés ». 

Le film est à voir jusqu’au 16 septembre 2018 au ciné Burkina aux séances de 18h30, 20h30 et 22h30. Des programmations au Mali et en Côte d’Ivoire sont prévues en fin septembre 2018.

Revelyn SOME

Burkina24

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