Diendéré : « Lorsqu’on voulait mettre en place l’ANR, c’est moi que le Président Michel Kafando a consulté »

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A son quatrième jour d’audition ce 30 novembre 2018, le Général Gilbert Diendéré a voulu rester droit dans ses bottes. L’ancien patron des renseignements burkinabè a également fait quelques révélations.

Le Général Diendéré a de nouveau affirmé à la barre du Tribunal militaire ce 30 novembre 2018 qu’« il n’y avait aucune volonté manifeste des Chefs militaires à s’opposer à quoi que ce soit », parlant notamment de la prise d’otages des autorités de la Transition et ensuite du putsch proclamé le lendemain matin.

L’Officier supérieur mis en cause a estimé que le « rapport de force » était pourtant du côté de la hiérarchie militaire lors des événements. Il a regretté un « silence complice » de la part des Chefs militaires.

Le Général Diendéré a par ailleurs fait des révélations lors de sa déposition ce vendredi devant le Tribunal : « Lorsqu’on voulait mettre en place l’Agence nationale des renseignements (ANR), c’est moi, Général Diendéré, que le Président Michel Kafando a consulté. Il a demandé mon avis avant… Nous n’avons jamais voulu créer de problème à quelqu’un ».

Ces 85 millions de F CFA…

Le Parquet a esquivé ces affirmations du Général et rebondit sur l’affaire des 85 millions de FCFA que l’accusé reconnaît avoir distribués aux soldats du RSP le 29 septembre 2015 pour besoins sociaux exprimés par ces derniers. Pour le Procureur, en effet, le putsch ayant été fait le 16 septembre, à la veille de la paie militaire, la remise de cette somme aux Hommes semble cacher quelque chose.

« Vous avez une mauvaise compréhension. Je n’ai pas voulu laisser les Hommes partir tout simplement. Beaucoup de militaires n’ont pas eu le temps d’aller retirer leur argent en banque. En plus, il a été demandé aux soldats de quitter le camp brusquement », justifie le Général Diendéré.

« Même si vous partez au Katmandou, ….c’est le Général Diendéré »

Mais, au fur et à mesure que le Parquet presse l’accusé de questions, celui-ci commence à en avoir marre, surtout sur cette histoire de 85 millions. « Je n’aimerais plus revenir sur cette question de 85 millions. J’ai honoré une promesse que j’avais tenue. Un point, c’est tout », a conclu Diendéré, l’air remonté.

A cette autre question du Ministère public de savoir s’il y aurait dans le passé un antécédent entre lui et l’ancien Président Jean Baptiste Ouédraogo, le Général répond : « Je faisais partie de ceux qui ont renversé le Président Jean Baptiste Ouédraogo en 1983 ».

Le prévenu a aussi fait savoir qu’il n’avait jamais entendu parler auparavant de « Commando invisible » au Burkina Faso. « Même si vous partez au Katmandou (Capitale politique et religieuse du Népal) et vous demandez qui a fait le coup d’Etat au Burkina Faso, les gens vous diront qu’ils pensent que c’est le Général Diendéré« , est-il convaincu. 

L’audience suspendue vers 16h32  se poursuit le lundi 3 décembre 2018 dans la salle des Banquets de Ouaga 2000. La parole est toujours dans le camp du Parquet pour ses questions et observations.

Noufou KINDO et Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Il y a 4 commentaires

  1. Le faiseur de coup d’État, il n’y a pas de quoi
    s’énerver. L’histoire t’a tout simplement rattrapé. Laisse la hiérarchie militaire tranquille car c’est eux les vrais stratèges qui n’admettront pas se faire liquider par tes abrutis en contestant publiquement ton acte le plus immoral qui soit.

  2. tu fais parti de ceux qui ont fait coup d’État à jean Baptiste ouedraogo et il t’aide quand tu cherchais refuge.

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Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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