Don de smartphones aux directeurs de communication : Un piège, selon Daouda Emile Ouédraogo

Ceci est une tribune de Daouda Emile Ouédraogo intitulée « Tentative d’espionnage au Burkina Faso : Après l’assemblée nationale…les Directeurs de Communication dans le viseur de la Chine ».

Après le cadeau empoisonné des ordinateurs portables dont l’Assemblée nationale du Burkina n’a pas utilisé, ce sont les smartphones qu’on veut utiliser pour “piéger” nos Dir Com (Directeurs de la Communication). Sur la page Facebook de ma consœur Peggy Ouedraogo, l’information est libellée sous le titre: “La promesse tenue…”

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Elle raconte: “En effet, l’histoire remonte en avril dernier lors du séminaire qui a réuni les Directeurs de la communication et de la presse ministérielle, les Directeurs Régionaux de la Communication (…) dans la ville de Sya. A l’issue d’une communication qui a porté sur les enjeux et les opportunités de la communication digitale, promesse avait été faite par le Conseiller Spécial du Président du Faso M Thierry Hot, de doter ces communicants publics de smartphones.

Une promesse qui vient d’être tenue par M Hot, qui a fait valoir son amitié avec l’ambassadeur LI Jian. Les 33 smartphones réceptionnés ce jour iront donc aux DCPM et directeurs de communication des institutions dans les prochains jours…” Soit…

Là où le bât blesse….

Bravo à M. Thierry Hot. Merci à la Chine. Mais, là où le bât blesse, c’est qu’on ne peut pas permettre que les piliers de l’information de nos ministères utilisent des smartphones venus d’ailleurs, pour traiter des informations sensibles de l’Etat. Nous sommes aujourd’hui sous l’onde de choc de l’affaire d’espionnage Pegasus et curieusement, personne ne semble comprendre que la course à la collecte d’informations par les grandes puissances dont la Chine est devenue viscérale.

Mes confrères « Dir Com » que j’ai contactés ont tenté de jouer à la Pyrrhus en disant qu’ils feront “inspecter les appareils avant utilisation”. C’est ici que se trouve l’erreur en fait car, s’ils sont piégés, cela n’est pas détectable.” Malheureusement. « Si c’est Huawei qui donne, il a composé l’appareil de bout en bout, pour éviter que le piège de la collecte d’informations à l’insue de l’utilisateur soit détecté.

Et, au jour d’aujourd’hui, on ne trouvera pas au Burkina Faso une structure qui a les moyens techniques pour vérifier/détecter un appareil compromis depuis sa fabrication par un industriel de la taille de Huawei ; constructeur des smartphones des plus élaborés, » explique un expert en sécurité informatique et écoute téléphonique.

Touchons du bois. A ce niveau, on ne parle plus de petit logiciel domestique acheté sur le net pour piéger des téléphones portables mais, d’une autre dimension d’interception de données qui pourrait s’appuyer sur du logiciel hautement élaboré et indétectable ou simplement un dispositif conceptuel du téléphone voire les deux combinés. Ce faisant, il n’est pas exagéré de dire qu’aucun dispositif technique n’existe encore au Burkina pour remonter une telle “compromission technique” complexe.

Alors, mes chers confrères, utilisez ces smartphones, si vous n’avez pas le choix, pour parler de la pêche ou de la chasse mais jamais d’informations critiques qui relèvent de vos prérogatives professionnelles. N’oubliez surtout pas : »Le Communicateur est la cheville ouvrière de l’information dans un pays en général et dans son département en particulier”.

Daouda Emile Ouédraogo

E.mail: [email protected]

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