Procès Sankara :« Les projectiles retrouvés nous ont permis de conclure qu’il s’agit d’une mort violente ou mort criminelle » (Expert)

Le procès Thomas Sankara et 12 autres a suivi son cours ce mercredi 12 janvier 2022, au tribunal militaire délocalisé à la salle des banquets de Ouaga 2000. C’est fini avec l’étape des témoignages, l’heure est à la présentation des pièces à convictions.   

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Le témoin Stephen Smith a fermé la phase des témoignages dans le cadre du procès sur l’assassinat du président Thomas Sankara et ses 12 compagnons. La présentation des pièces à conviction va retenir l’attention dans la salle des banquets de Ouaga 2000.

A ce niveau, on assiste à l’exposé de trois experts, le Pr Soudré Robert, expert en anatomie pathologie ; le Dr Ramdé Norbert, médecin légiste et le Dr Millogo Moussa commissaire divisionnaire de police, expert en balistique.

Tous réunis, ils avaient le but commun qui est de déterminer la nature des différents morts, les types d’armes qui ont servi à éliminer le président Sankara et ses 12 compagnons. Les études menées ont déterminé que certaines victimes ont été tuées par des armes à feu. Pour ce qui est du reste, il est ressorti que certaines tombes n’avaient pas d’éléments pouvant déterminer la cause exacte de leur décès.

« Le président Thomas Sankara, quand on prend son sous-vêtement, il y avait beaucoup d’orifices d’entrée. Les projectiles retrouvés nous ont permis de conclure qu’il s’agit d’une mort violente ou mort criminelle, comme c’est le cas du président Thomas Sankara. Je dois préciser que les impacts de balles sur le corps du président Thomas Sankara sont au niveau du thorax. Il n’y avait pas d’impact au niveau des membres inférieurs », a indiqué informé le Pr Soudré à la sortie de ses études.

Force est de croire que les recherches de Soudré Robert n’ont concerné que quelques corps car certains n’avaient pas d’éléments qui permettaient de déterminer la cause de leur mort. Il s’exprime donc en ces termes : «  N’ayant pas pu trouver des projectiles sur certains corps, nous avons dit que la cause de la mort ne peut être déterminée. Nous avons dit cela par précaution de langage de notre discipline », a-t-il ajouté.

En ce qui concerne l’expert en balistique, le Dr Moussa Millogo, il a laissé entendre que trois types de munitions ont servi à ôter la vie des 13 victimes. « On a trouvé 3 types de munitions. Les 7.62 pouvant être tirés par les Kalachnikov, les 7.62 pouvant être tirés par les HK G3 et les 9 millimètres tirés par les pistolets mitrailleurs. Les projectiles trouvés sur les restes des vêtements du président Thomas Sankara sont des munitions traceuses. Ce sont des balles, lorsqu’on tire, elles partent en feu. Au niveau des restes des vêtements que portait le président Thomas Sankara, il y avait des brûlures », précise-t-il.

Après le passage des experts, le président du tribunal, Urbain Méda, a ordonné la projection de la vidéo de la reconstitution des faits, pièces à conviction. Dans cette vidéo d’une durée de 1 heure 05 minutes réalisée au sein du conseil de l’entente, on a vu défiler tous les accusés et témoins cités dans le cadre du procès Thomas Sankara.

C’est alors après cette projection que le président du tribunal va ordonner la suspension  du procès pour 1 heure, histoire de permettre aux victimes et ayants droit présents de se préparer pour leur passage.

Quatre personnes vont donc se présenter à la barre. Céline Bamouni, 2e fille de la victime Paulin Bamouni va s’exprimer. « On était en France au début, c’est alors après que mon papa (Paulin Bamouni) a souhaité qu’on vienne s’installer ici car il disait qu’il voulait travailler pour son pays. C’est là qu’on s’est retrouvé ici. Les évènements du 15 octobre 1987 ont été un drame pour nous. C’est le 16 octobre qu’on a appris le décès de notre papa, parce que le 15 tout était encore confus, on ne savait pas qui était mort, qui s’était caché. Depuis lors, on est resté orphelin de père, depuis notre jeune âge », s’est-elle exprimée, les larmes aux yeux.

En somme, les quatre ayants droit ont tous saisi l’occasion pour remercier le tribunal qui leur donne l’occasion de s’exprimer aujourd’hui et surtout leur démarche de faire triompher la vérité. C’est donc après ces différents passages que Urbain Méda va suspendre le procès qui reprendra le lundi 24 janvier 2022 avec les plaidoiries.

Sié Frédéric KAMBOU

Burkina 24

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