Tribune | « Enrôlement des VDP, revoir notre approche ? » (Martin Alira)

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Ceci est une tribune d’un citoyen, Martin Alira, sur le recrutement des volontaires pour la défense de la Patrie (VDP).

Depuis le 24 octobre 2022, le nouveau régime en place a lancé une grande mobilisation de Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) dans le cadre de la reconquête de l’intégrité du territoire et de sa sécurisation. Sur les 50 000 VDP, attendus, 15 000 d’entre eux seront déployés selon les besoins sur le territoire national et les 35 000 que j’appelle les VDP communaux interviendront à l’échelle communale aux côtés des forces de défense et de sécurité.

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Le communiqué précise que pour être VDP, il faut être de nationalité burkinabè, être patriote et de bonne moralité, être bien dans son corps et dans sa tête. Le présent écrit a pour objectif de revenir sur l’approche de mobilisation, la pertinence de la mobilisation populaire étant d’une évidence sans équivoque.

A lire les conditions de la mobilisation populaire, je me suis demandé comment, s’il/elle le souhaite un Burkinabè actif, dans l’auto-emploi, employé dans le secteur privé ou la fonction publique peut se faire mobiliser comme VDP ?

A priori, les conditions n’écartent pas ces catégories de personnes mais à y regarder de près cela pourrait être le cas. Le recrutement semble être orienté vers les personnes désœuvrées (jeunes ou personnes retraitées, personnes déplacées internes ayant perdu leur emploi ou activité de subsistance).

On constate (je peux me tromper) que très peu de personnes en activité, ou en mesure de subvenir à leurs besoins élémentaires dans les villes toujours paisibles comme Ouagadougou et Bobo-Dioulasso décident d’abandonner leur petit confort pour se faire enrôler. Comment un employé d’une entreprise peut-il se faire enrôler, être mobilisé sur le terrain sans perdre son emploi ?

Comment un agent de la fonction publique, en activité ou en inactivité du fait de la situation sécuritaire peut-il/elle se faire enrôler ? Comment le commerçant qui vend sa petite boutique au bord de la voie et qui vit au jour le jour, peut-il se faire enrôler pour participer à l’effort de sécurisation du pays sans toutefois mettre sa petite famille dans la précarité ?

Voici autant de questions que beaucoup de personnes se sont déjà posées sans avoir y trouvé une réponse. Deux angles de vue s’opposent. Le premier angle soutient que c’est parce qu’il y a un pays qui existe encore qu’il y a la fonction publique, le secteur privé, le commerce, l’artisanat, etc. Si le pays disparait, nous disparaissons avec. Dans ce raisonnement, la mobilisation populaire devrait concerner tout le monde sans exception sauf celles et ceux en situation d’incapacité.

L’autre angle de vue est la suivante : c’est parce qu’il y a l’Etat, la fonction publique qui continue d’assurer la santé, l’éducation, le secteur privé qui continue de payer les impôts, les commerçants pour nous vendre du riz et de l’huile, etc. que le Burkina Faso existe. Si les activités s’arrêtent, le pays disparait et nous avec. Alors que faut-faire ? Comment mobiliser une masse critique de forces utiles sans compromettre la continuité des activités ?

Je propose une mobilisation de deux types de VDP. Les VDP/Forces Combattantes (FoCo) et les VDP Forces Citoyennes (FoCi).  La première catégorie de VDP, les « FoCo » seront les supplétifs des forces de sécurité et de défense. A l’image de la première de VDP sous l’ère du président Kaboré, ces VDP pourront être utiles par leur connaissance du terrain et leur effectif. Le rapport de force sur le terrain peut changer favorablement avec cette mobilisation. C’est ce que j’appelle de la défense active.

La deuxième catégorie de VDP, les FoCi ne seront pas nécessairement concernés par le théâtre des opérations (pour emprunter une expression militaire). Mais leur contribution sera tout aussi capitale. Ils feront de la défense et de la sécurisation passive. Ils seront formés de sorte à passer de l’état de victime potentielle des terroristes à l’état de force potentielle contre les terroristes. Ils apprendront à se défendre, à défendre leur famille en cas de menace, apprendront à signaler les anomalies, à éviter tout acte de nature à favoriser l’implantation de terroristes.

Cette catégorie devra surtout servir dans les villes et appuyer les FDS selon leur domaine de compétence.  A titre d’exemple, toutes les compétences scientifiques et techniques sont mobilisables pour la défense et la sécurité du pays : géographes, topographes, ingénieurs génie civil, urbanistes, architectes, sociologues, psychologues, philosophes, physiciens, mathématiciens, etc.. sont tous aussi utiles que les mécaniciens, les soudeurs, les menuisiers, les bricoleurs de téléphones portables, les artistes, etc. Il faudra peut-être pour cela revoir notre approche.

Martin Alira

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