Commercialisation des produits dépigmentant au Burkina Faso : L’initiative Africaine Stop Dépigmentation écrit au Capitaine Ibrahim Traoré

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Ceci est une lettre ouverte de l’initiative Africaine stop Dépigmentation, au président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré, pour un plaidoyer pour l’interdiction de la commercialisation des produits dépigmentant au Burkina Faso.

Excellence Monsieur le Président de la Transition,

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L’initiative africaine stop dépigmentation (IASD), voudrait bien débuter cette lettre en saluant vos efforts inlassables dans la lutte contre le terrorisme et votre engagement constant en faveur d’un Burkina Faso véritablement indépendant. Votre leadership est une source d’inspiration pour notre Nation et pour les Peuples en lutte pour leur souveraineté.

Aussi, c’est avec un profond respect et une admiration sincère que l’IASD salue vos efforts constants en faveur d’un changement de paradigmes au Burkina Faso et votre vision audacieuse pour un Burkina Faso qui intègre harmonieusement nos valeurs traditionnelles et culturelles dans la quête d’un avenir prospère.

Excellence Monsieur le Président de la Transition,

En promouvant et préservant nos identités culturelles, vous jetez les bases d’une renaissance qui renforce notre intégrité en tant que peuple.

C’est justement à ce titre que nous nous permettons de porter à votre attention une problématique préoccupante qui affecte la santé publique au Burkina Faso, et plus particulièrement celle de la femme. Il s’agit de la pratique répandue de la dépigmentation, un phénomène qui prend des proportions alarmantes.

Excellence Monsieur le Président de la Transition,

Nous, membres de l’Initiative africaine stop dépigmentation (IASD), sommes un regroupement de jeunes engagés rencontrés sur les réseaux sociaux en 2021. La mission de notre association consiste à lutter efficacement contre la dépigmentation et à promouvoir la santé de la femme en conformité avec la loi N°64-2015/CNT du 20 octobre 2015 portant liberté d’association.

 À cet égard, nous souhaitons solliciter votre appui pour la mise en place de mesures législatives visant à interdire l’importation et la commercialisation des produits dépigmentant au Burkina Faso.

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En effet, la quête de la beauté, souvent associée aux préoccupations féminines, a évolué avec la mondialisation, conduisant à l’amélioration voire à l’effacement des méthodes traditionnelles au profit de celles dites modernes. Cependant, nous sommes profondément préoccupés par l’ampleur croissante de la pratique de la dépigmentation, devenue le troisième problème de santé publique au Burkina Faso, selon le Professeur Jean-Baptiste Andonaba, titulaire de dermatologie et vénérologie au CHU de Bobo Dioulasso.

Excellence Monsieur le Président de la Transition,

L’interview accordée au Dr Awa Traoré révèle que ce phénomène, loin d’être nouveau, prend de l’ampleur de manière alarmante. En 2005, 44,30% des femmes au Burkina Faso utilisaient des produits dépigmentant. À Ouagadougou, ce taux est passé de 22% en 1997 à près de 40% en 2005, et à Bobo-Dioulasso, il était de 50% en 2005, atteignant près de 68% en 2016. Une étude menée entre 2016 et 2017 à Ouahigouya a montré que 73% des femmes utilisaient ces produits. Il est indéniable que ce fléau nécessite une action urgente et coordonnée.

Les résultats de la recherche du Dr Wosondoma Etienne Magloire Yabré, dans le cadre de sa thèse doctorat, soulignent une prévalence croissante de l’usage de produits dépigmentant, avec des conséquences néfastes sur la santé des femmes.

Les produits utilisés étaient principalement à base d’hydroquinone (81,6%), d’EDTA (8,33%), d’acide kojique (4,86%), de mélanges (11,12%), ou avaient une composition inconnue (14,58%). Ces produits étaient souvent d’origine douteuse, provenant de boutiques, de marchés, ou de marchands ambulants, dans près de la totalité des cas (98,96%). Des complications ont été observées chez 62,5% des utilisatrices, les plus courantes étant les dyschromies (85,87%), l’acné (17,39%), et les brûlures (10,32%). Cependant, la demande de soins était relativement faible, avec seulement 9 sur 184 utilisatrices cherchant une assistance médicale.

Les complications, les décès, la raréfaction des femmes au teint naturellement noir, et les cas d’usurpation d’identité, comme l’a alerté l’ex-Directeur Général de l’Office nationale d’Identification (ONI), Aristide BERE, témoignent de l’urgence d’agir (plusieurs cartes d’identités n’ont pas pu être délivrées à leurs propriétaires du fait de la non reconnaissance faciale de certains usagers).

Lire aussi 👉Aristide Béré, Directeur général de l’ONI : « Nous ne roulons pas pour un parti politique »

Aussi, la recherche de la beauté s’étend malheureusement désormais aux nourrissons au Burkina Faso, exposant ces êtres vulnérables à des produits potentiellement nocifs. La dépigmentation des bébés est une pratique inacceptable, mettant en péril leur santé physique et psychologique à un stade crucial de leur développement.

Considérant ces faits, nous, membres de l’IASD, sollicitons votre intervention pour un plaidoyer auprès de l’Assemblée Législative de Transition (ALT) et du Gouvernement en faveur de l’adoption d’une proposition de loi ou d’un projet de loi visant l’interdiction de l’importation et la commercialisation des produits éclaircissants et dépigmentant au Burkina Faso.

Nous croyons fermement que cette action contribuera à préserver la santé des Burkinabè et à combattre efficacement le fléau de la dépigmentation qui affecte notre société. Nous sommes conscients de l’importance de votre rôle dans la protection des droits et de la santé de nos concitoyens, et nous espérons que vous soutiendrez cette cause cruciale.

Dans l’espoir que vous soutiendrez cette cause juste et nécessaire, nous vous prions d’agréer, Excellence, l’expression de notre plus haute considération.

Pour le Bureau de l’Initiative africaine Stop Dépigmentation

Le Coordonnateur National

Issaka OUEDRAOGO

E-mail : [email protected]

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Un commentaire

  1. C’est un truc généralisé au monde! Si c’est un truc généralisé, la loi ne marche pas toujours et parfois crée des effets contraires au lieu de corriger. Aujourd’hui, on n’a plus besoin d’importer ces produits. Presque chaque foyer, il y a une femme qui sait déjà préparer ça de manière artisanale avec des produits chimiques disponibles chez nous. les produits artisanaux d’aujourd’hui sont beaucoup plus dangereux que ce qui passe sous douane. En un mot, si on interdit l’importation, il y aura une production artisanale accrue. Ce qui peut aggraver les choses. L’ Étude effectuée concerne l’aspect sanitaire ( Dermatologie) mais c’est un truc de la sociologie par origine. Les principales utilisatrices sont des femmes, en majorité, issues d’une classe à faible revenu et un niveau intellectuel faible. Les fonctionnaires, les chefs d’entreprises font rarement ces pratiques. Même aux Etats Unis, les clientes des cosmétiques sont des noires pauvres. C’est un trucs associé à la pauvreté et un faible niveau intellectuel. Au Niger, il y a une taxe de 15% sur les produits cosmétiques mais c’est un gros quartier au grand marché avec des boutiques en ville un peu partout. Ça été fait en Côte d’Ivoire, la loi a boosté la production locale, des écoles de dépigmentation, des salon de dépigmentation avec des lasers ont été créés. Les meilleurs armes, c’est l’autonomisation des femmes, une femme autonome ne depigmente pas, sensibiliser les jeunes filles sur le danger de ces produits ça va decouger les autres à acheter et ça va casser le marché voire entraîner la chute de leurs commercialisations. Classer certains substances chimiques catégories dangereux( hydroquinone, mercure, acide kojic…) et nécessite l’autorisation d’importation et d’enlèvement…

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