Afrique du Sud : Le chef de la police suspendu sur fond de vaste scandale de corruption

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé, le jeudi 23 avril 2026, la suspension « à titre préventif » du chef de la police nationale, Fannie Masemola, cité dans une affaire présumée de corruption liée à un marché public estimé à 20 millions de dollars dans le secteur de la santé, rapporte Africanews.

Cette décision intervient alors que le scandale secoue l’opinion publique et fragilise davantage la confiance envers les institutions sud-africaines. Le chef de l’État a précisé avoir convenu avec le général Masemola de cette mise à l’écart temporaire jusqu’à la fin de la procédure judiciaire.

« Compte tenu de la gravité des accusations et du rôle crucial que joue le commissaire national de police, il sera considéré comme suspendu à titre préventif jusqu’à la conclusion de l’affaire », a déclaré Cyril Ramaphosa.

Le directeur financier de la police, le lieutenant-général Puleng Dimpane, a été nommé chef de la police par intérim. Le président l’a présenté comme un responsable reconnu pour son professionnalisme et son intégrité.

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Fannie Masemola est accusé d’avoir enfreint les règles encadrant les marchés publics dans le cadre d’un appel d’offres portant sur des services de santé pour la police nationale. Le contrat, attribué en juin 2024 à la société Medicare24, appartenant à l’homme d’affaires Vusimuzi « Cat » Matlala, a depuis été annulé. Matlala, déjà controversé, est soupçonné d’entretenir des liens avec des réseaux du crime organisé.

Le commissaire Masemola a brièvement comparu mardi 21 avril 2026 devant la justice pour répondre à quatre chefs d’accusation liés à la gestion des finances publiques. L’affaire a été renvoyée au 13 mai prochain. Il comparaîtra avec 16 autres suspects, dont Vusimuzi Matlala. Tous nient les accusations.

Depuis plusieurs jours, l’opposition réclamait une réaction ferme du président. L’Alliance démocratique (DA), deuxième force politique du pays, a exigé une commission d’enquête indépendante pour examiner l’aptitude du chef de la police à rester en fonction.

« Ces allégations graves exigent un examen rigoureux afin que les responsabilités ne soient ni retardées ni dissimulées », a déclaré le parti.

Ce scandale survient à l’approche des élections locales et s’ajoute à une longue série d’affaires de corruption ayant affaibli l’image de la coalition au pouvoir. En parallèle, une enquête parlementaire distincte examine également de possibles liens entre de hauts responsables policiers et des figures du crime organisé.

L’affaire a pris une ampleur considérable après des accusations publiques d’un chef de police régional visant plusieurs responsables sécuritaires et politiques. Les auditions de la commission d’enquête Madlanga, retransmises quotidiennement à la télévision et à la radio, sont largement suivies par la population sud-africaine.

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