Sécurité routière | E-verbalisation : Plus d’un millier d’infractions relevées en quelques heures
Face à la recrudescence des accidents de la circulation, le gouvernement burkinabè renforce son arsenal de lutte contre l’insécurité routière en s’appuyant sur les nouvelles technologies. Pour les autorités, la e-verbalisation doit permettre de modifier durablement les comportements des usagers et de réduire le nombre de victimes sur les routes.
Le ministre de la Sécurité, le camarade Mahamadou Sana, a dressé un constat particulièrement inquiétant, ce 1er août 2026 à Ouagadougou lors d’une visite d’encouragement aux agents en charge de la e-verbalisation. Chaque jour, le Burkina Faso enregistre en moyenne 62 accidents de la circulation et une cinquantaine de blessés.
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À cela s’ajoutent 649 décès constatés sur les lieux des accidents, un chiffre qui pourrait être « trois à quatre fois plus élevé » si l’on prenait en compte les personnes succombant à leurs blessures après leur évacuation.
La e-verbalisation comme levier de changement
Malgré les actions menées par la Police nationale, la Gendarmerie nationale et les Volontaires adjoints de sécurité (VADS), les indicateurs peinent à s’améliorer.

Pour inverser cette tendance, le gouvernement mise sur la vidéoverbalisation. Selon le camarade ministre, la sanction financière constitue un puissant moyen de dissuasion. « Je pense que si on touche les poches des usagers, on pourra faire fléchir ce phénomène-là ».
Il insiste toutefois sur le fait que cette démarche ne poursuit pas un objectif de recettes, mais bien de protection des citoyens. « L’objectif, c’est de faire des routes un lieu sûr ».
Plus d’un millier d’infractions relevées en quelques heures
Les premiers résultats du dispositif de e-verbalisation sont déjà jugés encourageants. Entre minuit et midi, selon le ministre, 1 083 infractions (1 099, selon une réactualisation) ont été enregistrées grâce aux caméras de surveillance.
Quatre principales infractions sont actuellement ciblées : le non-respect des feux tricolores, le non-port de la ceinture de sécurité, les excès de vitesse et l’utilisation du téléphone au volant.

Les autorités entendent accélérer le déploiement de ce système. À l’horizon 2027, le nombre de dispositifs de vidéo-verbalisation devrait être multiplié par trois ou quatre à Ouagadougou avant son extension progressive aux principales villes du pays.
« On va te retrouver »
Le ministre a également annoncé la création prochaine d’une brigade de recherche et d’investigation dédiée à la lutte contre l’insécurité routière.
Avec le recours aux caméras, l’absence d’un policier ou d’un VADS à un carrefour ne signifie plus que l’infraction passera inaperçue.
« Tu as brûlé le feu, tu penses qu’il n’y a pas un VADS ou un policier, on va te rechercher, on va te retrouver, tu vas payer l’amende ». Le message est sans équivoque. Les auteurs d’infractions seront identifiés et sanctionnés.
Une surveillance renforcée
Le ministre a par ailleurs expliqué que le choix d’agents féminins pour assurer cette mission répond à leur capacité d’analyse, qu’il juge « plus pointue ».
Au-delà de la constatation des infractions routières, ces opératrices sont également chargées de repérer tout comportement suspect et d’alerter rapidement les unités d’interpellation, contribuant ainsi au renforcement de la sécurité dans les centres urbains.
Un appel à la responsabilité des usagers
À l’occasion de la Semaine de la sécurité routière, les autorités invitent les conducteurs à adopter des comportements responsables : respecter les feux de signalisation, porter la ceinture de sécurité, limiter leur vitesse et éviter toute utilisation du téléphone au volant.
L’autorité a enfin assuré que le dispositif continuera d’être renforcé afin de « traquer au maximum tous ceux qui nous sont inciviques », avec pour ambition de faire reculer durablement les accidents et de sauver des vies.
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