« Si j’étais syndicaliste, il faudra qu’on me présente des excuses » (Député Daouda Simboro)

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« Je ne pense pas qu’il ait choisi les bons mots et la bonne manière lorsqu’il a apostrophé les syndicats. S’il connait la vie syndicale au Burkina, il sait que les syndicats sont autonomes par rapport aux partis politiques, ils sont émancipés par rapport aux partis politiques », ainsi commence le député Daouda Simboro en analysant les propos tenus par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba le samedi 25 février 2017.

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Burkina 24 a rencontré le président du groupe parlementaire de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Daouda Simboro le mardi 28 février 2017. Le député de l’UPC reconnait qu’à un moment donné, il y a eu « une communauté d’intérêt » entre les syndicats et les partis politiques.  A titre d’exemple, il avance la résistance contre le Coup d’Etat de 2015.

« Si le Premier ministre est de bonne foi, avance Daouda Simboro. Il admettra qu’il a essayé d’avoir l’adhésion des syndicats sans traiter de leurs revendications forcement, en essayant d’influencer leur ligne de revendication. Ça c’est le travail que tout gouvernement ferait ».

A noter que le Premier ministre Paul Kaba Thiéba, à propos de la récurrence des grèves, a indexé l’immixtion d’acteurs politiques qui téléguideraient les syndicats. L’UPC se sent-elle concernée ? Non, répond en somme Daouda Simboro : « je ne sais pas quels sont les partis de l’opposition qu’il vise, mais notre parti qui est le premier parti de l’opposition ne se démarquera pas des revendications des syndicats » qui, selon lui, sont « légitimes ».

A en croire le président du groupe parlement de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), son parti apporte son soutien aux syndicats « à découvert ». « Ce n’est pas de nous qu’il s’agit, c’est de ceux qui sont cachés », se défend le député. « Il faut exclure l’UPC », dit-il.

Gouvernants : « Ils courent vite sur place »

Ils (les gouvernants) courent vite sur place. Mais il faut avancer. Pour avancer, il faut prendre le temps de regarder et avoir une vision synoptique des problèmes concernant une situation donnée avant de proposer une solution durable. Ce gouvernement n’a pas pris ce temps, ils sont venus tambour battant, nous avons le programme présidentiel, il faut le mettre en œuvre…

On  a dit c’est bien ! Vous ne vous êtes pas préparés à travailler. Vous êtes venus pour conquérir le pouvoir d’Etat, sans penser qu’il faut travailler pour garder votre position. Maintenant à chaque fois qu’on critique, vous êtes frileux, vous êtes énervés, vous montez sur vos grands chevaux, mais, travaillons !

Daouda Simboro, le 28 février 2017

De la trêve sociale demandée par Paul Kaba Thiéba, Daouda Simboro note qu’elle «ne se décrète pas ». Aussi, poursuit-il, le député invite « le Premier ministre à considérer les syndicats comme des gens qui sont capables de secréter d’eux-mêmes leur plateforme, leurs revendications et de lutter pour obtenir une amélioration de leurs conditions de vie ».

Selon le président du groupe parlementaire UPC, le Premier ministre oublie une chose. « Qu’on soit ou non dans un parti politique, dit-il, même si on est au gouvernement, ce que les syndicats sont en train de revendiquer, ne nous intéresse pas ? Moi je suis aujourd’hui député. Il n’y a pas un syndicat des députés pour l’instant, mais je vais retourner à la banque d’où je viens. Vous pensez que je vais fermer les yeux sur ce que les syndicats réclament ? ».

Les présentes revendications ne sont qu’une suite selon Daouda Simboro, parce que, c’est le gouvernement qui a ouvert « la boite aux pandores ». Les magistrats ont bougé, explique-t-il, « le président n’avait même pas un mois de présence quand il a accédé à ce que les magistrats réclamaient. Mais c’est facile, qui peut le plus peut le moins ».

Il faut que le Premier ministre soit réceptif, conseille Daouda Simboro. « Qu’il apprenne à respecter ceux qui sont en face, à commencer par l’opposition, les syndicats, certaines organisations de la société civile. C’est des acteurs très importants dans l’animation de notre démocratie », avance le député.

Se mettant à la place des syndicats, Daouda Simboro commente : « Je ne sais pas ce que les syndicats donneront comme attitude. Si j’étais syndicaliste, tant qu’un préalable n’a pas été accompli, je ne pense pas qu’on discutera de trêve sociale. Tout conscient de la situation du Burkina que je serai, il faudra qu’on me présente des excuses pour me dire qu’on regrette d’avoir dit, que je suis incapable de penser et d’agir par moi-même et avoir une vision par moi-même ».

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

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Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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