Lutte contre la faim : La commune de Boulkon, le meilleur exemple en Afrique

L’ONG The Hunger project (THP) a 20 ans au Burkina Faso. Implantée dans les zones rurales avec l’objectif d’éradiquer la faim, elle marque une pause ce 29 mars 2017 pour faire le bilan de ses activités avec la presse. Des 15 zones d’intervention, seul le village de Boulkon dans la province du Passoré est aujourd’hui autonome.

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The Hunger Project a ouvert ses portes au Burkina en mars 1997. A nos jours, l’ONG intervient dans 15 villages de 9 régions du pays. A l’aide d’une méthodologie appelée la stratégie de « l’épicentre », The Hunger project renforce la capacité des communautés aux fins d’éradiquer la faim dans ces zones.

En effet, ces zones d’intervention appelées épicentres sont des regroupements de villages dont le nombre varie de 10 à 25. Les communautés de ces villages s’organisent en association avec un siège implanté dans une commune.

 Plusieurs programmes sont mis en œuvre en partenariat avec les communautés dont ceux relatifs à l’agriculture, à la santé, à l’éducation, à l’eau et l’assainissement, à la microfinance et à la protection de l’environnement.


Des acquis 

En 20 ans d’existence, de nombreux acquis ont été engrangés. 200 infrastructures socio-économiques d’un coût total d’un milliard de F CFA ont été réalisées. Ce sont, entre autres, des salles de rencontre et d’alphabétisation, des complexes abritant les caisses de crédit et d’épargne, des magasins de céréales, des maternelles, des moulins et décortiqueuses, des châteaux d’eau et des boutiques et ateliers de teinture et de savonnerie.

 Une vingtaine d’organisations paysannes agricoles mènent des activités de warrantage avec les caisses communautaires rurales. 20 sites maraîchers ont été aménagés et exploités par des groupements de femmes. 40 magasins de céréales ont été réalisés de même que 25 bio-digesteurs. 357 tonnes d’aliments ont distribués aux ménages pauvres en période de soudure et plus de 1000 petits ruminants ont été répartis aux femmes des ménages pauvres.

Par ailleurs, 160 personnes  ont été formées sur les techniques de transformation alimentaire, 565 producteurs sur plusieurs thématiques (la perte post-récoltes, les changements climatiques, l’utilisation des semences améliorées) et 15626 facilitateurs ou agents de vulgarisation agricoles ont vu leurs capacités être renforcées. Pour l’hygiène, ce sont 1500 latrines qui ont été construites et/ou réhabilitées.

Source : Dossier de presse


Tous ces efforts ont valu la reconnaissance de l’Etat burkinabè à l’ONG pour son progrès obtenu dans le combat contre la faim et la pauvreté. L’ONG a reçu la médaille de l’officier de l’ordre national et de la médaille de chevalier de l’ordre national en 2010 et 2002.

L’un des objectifs premiers de l’ONG est de rendre autonomes ces zones, permettre aux populations de conduire les activités elles-mêmes après son passage.

Mais à ce jour, seul l’épicentre de  Boulkon dans la province du Passoré au nord du pays, est déclaré autonome.

 « Nous avons 52 critères qui nous permettent de déclarer une zone autonome. Les principaux sont l’engagement de la communauté à travers son leadership, sa gouvernance, sa capacité à conduire les programmes et sa capacité de générer les revenus pour poursuivre les activités et nouer des partenariats pour être une référence locale. Boulkon est notre dernière zone d’intervention. En 7 ans seulement, il répondait à nos critères. Il est le premier au Burkina et le meilleur en Afrique», explique  Evariste Yaogho, directeur national de «The Hunger project ».

Trois autres localités, selon toujours les dires du directeur national, emboîtent le pas à cette première et devraient aussi voler de leurs propres ailes d’ici peu. Ce sont les épicentres de Bissiga dans le Centre-est,  Vowogdo et Zincko au Centre-nord.

Conduire tous les épicentres à l’autonomie et en faire des modèles réussis de développement pilotés par les communautés, capitaliser et partager ces bonnes pratiques, éliminer la pauvreté dans toutes ses formes, préserver et restaurer les écosystèmes, parvenir à l’égalité des sexes sont entre autres perspectives que se fixe The Hunger Project pour les 20 prochaines années.

Au cours de la rencontre avec la presse, des représentants de quelques zones présents ont pu témoigner de l’impact de l’ONG sur leur localité et leur vie.

Si pour certains, comme Aissata Nagabila, de l’association « Manegré », Hunger project a contribué à l’autonomisation financière des femmes en particulier, pour d’autres, à l’image de Delma Issaka, l’ONG  a éveillé l’esprit de regroupement, de collaboration entre les populations de sa zone.

En rappel, The Hunger project a été fondé en 1977 et accrédité auprès des Nations-unies et des institutions de surveillance des organisations caritatives aux USA. Il intervient dans 21 pays du monde dont 8 pays d’Afrique.

Revelyn SOME

Burkina 24

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