Alpha Barry : « Pour moi, le bilan est très positif »

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Son magistère de vingt et trois (23) mois est émaillé de critiques, certaines acerbes. Elles vont de la signature de la convention de l’accord de siège entre le gouvernement burkinabè et Coris Holding le 22 août à la nomination d’un ambassadeur en remplacement de Amidou Touré décédé le 31 août 2016. Pour l’accord de siège, Alpha Barry admet s’être laissé guider par sa « conviction » de Burkinabè, qui ne peut pas « voir et accepter qu’une banque qui est née au Burkina, créée par un Burkinabè avec des capitaux burkinabè, aille fonder son siège ailleurs qu’au Burkina » sans pour autant marcher sur les conventions (OHADA, UEMOA) signées par le Burkina. Qu’en est-il de la situation autour de la nomination de l’ambassadeur jugée « regrettable » par Jean Baptiste Natama ? Dans cette interview réalisée le 9 décembre 2017 où il fait le bilan de son département, le chef de la diplomatie burkinabè, qui considère la récente visite d’Emmanuel Macron comme « une grande victoire parce qu’on a fait des envieux en Afrique », s’active pour le retour au bercail des 200 Burkinabè volontaires au rapatriement dont 81 sont dans des centres de détention en Libye.

Burkina24 (B24) : Cela fait à peu près deux ans que vous êtes au ministère des affaires étrangères. Si vous on vous demandait de faire un bilan de votre participation au gouvernement en tant que commis de la république, quel serait-il ?

Alpha Barry (A.B) : Pour moi, c’est un bilan très positif parce que quand je suis arrivé au ministère, il y avait une lettre de missions mais il y avait des décisions qui se sont imposées à nous. Il s’agit des défis de la relance économique du pays mais également le défi sécuritaire. Sur la relance économique, nous avions à travailler sur deux axes.

L’axe de la coopération en matière d’aide publique au développement et l’axe des investissements privés. Les résultats sont positifs à ce niveau. Il y a un an, pendant la table ronde des bailleurs de fonds, nous avons triplé les besoins d’investissement du Burkina pour le programme national de développement économique et social. Au niveau des investissements privés, il y a de forts engagements alors que nous étions un pays qui sortait de trois années de crise,  où il y a eu une certaine agitation à cause des défis sécuritaires.

Les investisseurs privés font confiance au pays, se bousculent même à la porte du pays et ont annoncé leurs intentions au cours de cette table ronde et continuent de venir dans le pays. Il y a des indicateurs qui sont là dans la restauration, l’aviation, l’hôtellerie. Je ne dis pas que tout a repris, mais il y a une bonne évolution que nous constatons.

Maintenant le défi sécuritaire, il s’agissait de voir comment travailler pour la coopération militaire qui relève bien aussi de nous. Nous avons parcouru le monde pour voir tous les appuis que nous pouvons avoir de façon directe pour notre pays mais aussi dans le cadre du G5 Sahel dans lequel on est engagé avec une force conjointe.

Aujourd’hui, les résultats vous les connaissez avec l’engagement de la communauté internationale à nous assister. Des pays comme les Etats-Unis, qui étaient réticents au départ, aujourd’hui ont annoncé de grands montants même si nous continuons à redemander encore. Sur les 60 millions d’euros qui ont été annoncés par les Etats-Unis, 30 millions d’euros vont aller directement au Burkina Faso, alors que le Burkina n’est qu’un pays du G5. C’est donc une victoire, c’est un résultat positif.

Récemment l’Arabie saoudite a annoncé 100 millions de dollars. Ce travail, nous le continuons.

Nous avons d’autres échéances. Il y a eu l’adoption hier (le 8 décembre 2017, NDLR) d’une résolution au conseil de sécurité. Nous avons travaillé pour cette résolution. Elle n’est pas totalement satisfaisante pour nous, mais c’est un grand pas avec l’appui des Nations Unies au G5 du Sahel.

Ce travail, nous le continuons à Bruxelles avec une réunion ministérielle. Bientôt, nous le  poursuivrons à Paris avec un sommet. C’est un travail permanent pour repositionner le Burkina au niveau bilatéral et multilatéral avec nos amis et partenaires.

B24 : Votre magistère est émaillé de critiques. Certaines sont acerbes. On va commencer par la signature de la convention entre le gouvernement burkinabè et Coris Holding. En août 2017, selon le SAMAE, la demande introduite à plusieurs reprises depuis 2011 a été rejetée en raison d’un « avis technique défavorable ». Quel est le nœud du problème au point que ce qui devrait être considéré comme une bonne nouvelle soit critiqué à ce point ?

A.B : Vous avez bien résumé le problème. Vous avez dit avec un « avis défavorable ». Moi j’ai reçu un avis favorable du ministère des finances. J’ai vu le fond du dossier avec les précédentes demandes où il y avait des avis défavorables de la part du ministère des finances. Moi j’ai reçu un avis favorable. Et donc mes techniciens ont travaillé sur la partie concernant les affaires étrangères.

Je vais prendre le temps d’expliquer cette affaire.

Quand je suis arrivé, j’ai reçu une demande de la part de Coris (Bank International, ndlr) pour un accord de siège. J’ai imputé le dossier à mes services et après, j’ai eu une proposition de réponse à Coris qui était négative, à savoir que l’on ne peut pas lui accorder un accord de siège.

J’ai demandé le fond du dossier. J’ai constaté effectivement que par le passé, il y avait déjà eu des demandes qui s’étaient soldées par des réponses négatives. J’ai demandé à voir le responsable de Coris Mr. Nassa. Je lui ai dit, voilà comment la situation se présente. On a dit que ce n’était pas possible. Pourquoi continuait-il d’introduire des demandes ? Il m’a expliqué comment lui il voyait les choses. Et entre son explication et ce que je voyais dans les documents, il y avait une nuance. Des différences.

La question que je lui ai posée, c’était de savoir si le ministère des finances « vous a entendu sur ce que vous me racontez ». Il m’a dit non. A chaque fois qu’il a introduit la demande, c’est sur dossier que c’est examiné et  il reçoit ensuite la réponse. J’ai demandé à la ministre de le recevoir. La différence portait sur la Holding Coris et la Banque Coris au niveau national qui sont deux entités différentes.

C’est ce qui a été fait. Il y avait toujours des réticences. J’ai reçu un de mes techniciens qui m’a expliqué qu’au regard des textes de l’OHADA et de l’UEMOA, il n’est pas possible de donner un accord de siège à une banque. Avec cette explication, il m’a dit, sauf si c’est une décision politique. J’ai dit que je ne voulais pas de décision politique. Je veux une décision technique.

La décision technique doit se fonder sur ce qui est possible au regard des textes ou si on doit faire évoluer les textes. Je dis toujours à mes collaborateurs. Je ne veux pas que vous me dites que ça, ce n’est pas possible forcément. Je veux que vous me dites ce n’est pas possible, mais c’est possible dans telle condition. J’ai demandé à mon technicien, comment se fait-il que les mêmes banques ont des accords de siège au Togo et en Côte Ivoire. Puisqu’on appartient tous à l’OHADA et à l’UEMOA. J’attends la réponse à cette question pour pouvoir trancher. Et en plus, je vois une lettre d’un ministre, d’un autre pays de la région qui demande à Coris de venir là-bas pour qu’on lui donne l’accord de siège.

« Moi en tant que Burkinabè, je ne peux pas voir cela et accepter qu’une banque qui est née au Burkina, créée par un Burkinabè avec des capitaux burkinabè, aille fonder son siège ailleurs qu’au Burkina.

Que des Burkinabè doivent être obligés de prendre des billets d’avion, de prendre des vols pour aller tenir des conseils d’administration, pour aller faire des réunions à l’extérieur pour une banque qui est censée leur appartenir, cela me parait quelque chose qui n’est pas acceptable »

Voilà pourquoi j’ai dit qu’on poussera plus loin pour comprendre cette affaire. Les gens me disent que c’est une première. Est-ce que les PPP (partenariat public privé) existaient ? La loi sur les PPP, c’est une première. Mais on regarde au regard de notre contexte, est-ce qu’on accepte la situation actuelle ou on accepte de faire évoluer les choses. Si on veut développer notre pays.

Alors j’ai appelé un banquier que je connaissais dans un pays voisin. Quel type d’accord il a avec l’Etat de là où il se trouve. Il m’a dit  que c’est un accord de siège. Il m’a donné les caractéristiques de cet accord. De mon point de vue, c’est possible puisqu’on appartient tous aux mêmes organisations régionales. C’est là que j’ai demandé au ministère des finances, une mission conjointe pour aller dans ces pays voisins où il y a déjà ce genre d’accord pour s’imprégner des pratiques et des législations en vigueur. C’est ce qui a été fait. A l’issue de ces missions, j’ai reçu un avis technique favorable du ministère des finances disant qu’ils sont « ok » pour l’accord de siège. L’accord de siège implique beaucoup d’aspects fiscaux notamment.

Quand je regarde les précédentes décisions, elles sont basées sur des avis défavorables du ministère des finances. Maintenant que j’ai un avis favorable du ministère des finances, qu’est-ce que je fais ? J’ai donc engagé mes techniciens dans l’évolution du dossier et je n’ai donné aucune instruction particulière à aucun des techniciens pour dire qu’il faut aller dans tels sens.

Il y a eu ma conviction sur cette affaire. Cela, je le reconnais. Et ma conviction est que je ne peux pas accepter qu’une banque née ici, grandie ici avec des capitaux burkinabè aille fonder son siège ailleurs. Ça, c’est ma conviction. Et donc voilà comment on en est arrivé à la signature de cette convention.

On est venu me dire que le dossier est prêt. Il a été signé par les techniciens du ministère des finances et de celui des affaires étrangères.

Quand c’est intervenu, les gens ont invoqué la date qui posait problème. Le 22 août. Le dossier était prêt quand j’allais en vacances. J’étais supposé être en vacances jusqu’au 19 août. Même si elles ont été écourtées par l’attentat du 13 août. Le dossier était prêt.

Mais ensuite, il y a eu le décès du président de l’Assemblée nationale Salifou Diallo le 19 août. Le 20, on était un dimanche. Mes vacances avaient pris fin. Le lundi, on s’est occupé pour voir comment faire partir les gens à Paris pour le rapatriement du corps. Le corps devait arriver mercredi 23. Mais la seule journée de flottement qu’on avait, c’était le 22. Parce que le 25, à l’issue de l’inhumation, moi je prenais l’avion pour la Mecque. Et mon retour était programmé pour le 19 septembre.

« Chaque fois qu’on organise quelque chose, quel est le coût ? On ne peut rien obtenir sans investissement »

Si je ne le signais pas le 22, j’allais le signer à mon retour de la Mecque. Cela aussi, ce n’est pas une bonne gouvernance que de déposer les dossiers ainsi. (…) Voilà pourquoi j’ai procédé à la signature le 22 (août).

(…) Il n’y a aucune transaction financière dans cette affaire. Pour moi, c’est un devoir que d’appuyer notre secteur privé. C’est cela qui fait la force de notre économie. Nous avons vu le Premier ministre tunisien qui est venu ici avec 40 opérateurs économiques dans son avion. Certains ont même assisté aux audiences avec le Président du Faso. Il y avait des hommes d’affaires qui investissent au Burkina qui l’ont accompagné à l’audience. Si tu fais cela au Burkina, les gens vont crier au scandale. Le Premier ministre tunisien m’a dit : « ce sont des gens que je ne laisse pas, parce que c’est eux qui font l’économie de la Tunisie ».

Quand vous prenez un pays comme le Maroc. Aujourd’hui, on dit que c’est le premier investisseur en Afrique de l’Ouest, en Côte d’Ivoire devant des pays comme la France. Le Maroc a quelle richesse ? Ce sont les services. Ce sont ses banques. Nous voyons ici des banques, des télécoms, des compagnies d’assurances qui sont tenues par le Maroc. Tout cela, c’est l’appui que le pays peut avoir vis-à-vis de ce secteur privé. Et moi, j’inscris cette action dans le même cadre parce que les banques ont cette possibilité.

Le banquier que j’avais appelé pour me renseigner sur le type d’accord qu’il avait, je peux vous dire qui c’est. C’est l’actuel ministre du commerce de Côte d’Ivoire. Entre temps, il avait été nommé ministre du commerce en Côte d’Ivoire. A la mi-novembre, on était ensemble à une réunion au département d’Etat à Washington, et puis dans les discussions, il se renseignait, il me demandait à propos de l’accord de siège. Je dis l’accord de siège a été signé mais au Burkina, cela fait beaucoup de bruit.

Il m’a dit : « ah ! Donc on va l’appeler pour qu’il vienne s’installer en Côte d’Ivoire ». Vous pensez que moi ministre, je dois accepter cela ? La même banque qu’il dirigeait avait son siège au Togo. Quand le président Alassane (Ouattara, ndlr) est arrivé au pouvoir, il a fait déménager ce siège à Abidjan en lui donnant d’autres avantages plus que ce que la banque avait au Togo.

Et l’accord de siège que nous avons signé, comparativement à ceux  des banques  dans la sous-région, est beaucoup en deçà de ce que les banques de ces pays-là ont obtenu.

 Il y a beaucoup de choses à dire dessus. Les gens spéculent dessus. On a fait un choix. Si on veut que notre pays avance, si on veut que notre pays soit attrayant, il y a des choix à faire. Et ces choix, ils peuvent provoquer des spéculations mais, il y a des décisions à prendre.

B24 : Jean Baptiste Natama a qualifié de « légèreté et d’amateurisme », la nomination suivie du retour d’un ambassadeur plénipotentiaire en Ethiopie. Qu’en est-il vraiment ?

A.B : Vous savez quand le Président du Faso me dit qu’il veut nommer telle personne comme ambassadeur, moi je suis chargé de recevoir la personne, de l’en informer. Après,  toute la procédure est technique et administrative. C’est-à-dire faire un dossier pour envoyer au pays où on veut affecter la personne, demander un agrément. Le pays doit pouvoir accorder l’agrément.

Oui, je connais ce B-A.BA de la diplomatie puisque c’est moi qui présente les agréments des ambassadeurs étrangers au conseil des ministres. De plus, il y a d’autres ambassadeurs que nous avons nommés. Et nous en avons nommés beaucoup.

Quand je finis, je confie la tâche au secrétaire général. C’est ce que j’ai fait et lui, il est chargé de faire la demande d’agrément. C’est un travail technique. On peut déposer dans l’ambassade concernée ou dans celle la plus proche. En l’occurrence ici, pour le cas de l’Ethiopie, c’est dans leur ambassade qui se trouve à Abidjan.

Apparemment, il y a une demande qui a été déposée là-bas. Ensuite, le secrétaire général m’annonce que l’agrément est arrivé. C’est le chef de l’administration. Je n’ai pas de raisons de douter.  J’ai alors dit qu’il faut faire remplir la fiche de nomination. Cette fiche a été remplie.

Quand cela a été fait, on a procédé à la nomination de la dame sur la base de la déclaration faite par le secrétaire général du ministère qui est le chef de l’administration. Peut-être qu’il y a une erreur. Est-ce qu’il s’est trompé ? A-t-il mal apprécié ou s’est-il trompé de pays?

Et le jour de départ de l’ambassadeur, on a appelé d’Addis-Abeba, notre ambassade  pour  dire qu’on a besoin d’une copie de son agrément. Elle aussi dans la précipitation,  a confondu l’agrément avec les lettres de créances. Elle a laissé une copie des lettres de créances pour qu’on envoie et elle a pris l’avion. Le temps qu’on se rende compte qu’il ne s’agit pas de lettres de créances mais d’agrément, elle était déjà dans l’avion. 

« Contrairement à ce qui a été écrit, elle n’a pas été du tout refoulée »

Mais contrairement à ce qui a été écrit, elle n’a pas été du tout refoulée. Elle a été reçue normalement. Seulement, elle n’a pas eu l’accueil spécial.

Elle a été accueillie par notre ambassade. Elle a passé un mois là-bas. Et donc, on a recherché l’existence de cet agrément. Finalement, comme on ne trouvait pas, j’ai réuni un conseil de cabinet le 26 octobre pour informer. Il y avait une trentaine de personnes à cette réunion. On a réfléchi ensemble à ce qu’il fallait faire. A titre conservatoire, mieux vaut qu’elle revienne au pays en attendant de clarifier la situation.

J’ai demandé au DAF et au chargé d’affaires qui est à Addis-Abeba de prendre les dispositions pour le retour de madame Ganou, en attendant qu’on puisse voir un peu plus clair dans cette situation. Voilà comment les choses se sont passées. 

B24 : Le 20 novembre dernier en conférence de presse, vous n’aviez pas des chiffres exacts des Burkinabè présents en Libye.  Qu’en est-il du rapatriement ?

A.B : On avait des chiffres exacts. On avait les chiffres de ceux qui sont dans les centres de détention.  81 personnes étaient dans les centres de détention. Les volontaires au rapatriement  sont au nombre de 200 y compris les 81 personnes. Depuis lors, nous sommes en train de travailler pour trouver un avion pour le rapatriement de ces 200 personnes.

B24 : Est-ce que parmi ces 200 personnes, il y aurait des Burkinabè qui ont été faits esclaves?

 A.B : On n’a pas connaissance de cela. L’ambassadeur a été rappelé par le Chef de l’Etat. Il est venu. Il a eu des séances de travail avec le ministère des affaires étrangères. Il a eu des entretiens avec le chef de l’Etat qui a pris la mesure de la chose et qui a décidé du rapatriement des 200 personnes qui sont là-bas. Nous sommes en train de trouver les voies et moyens pour trouver un avion pour leur retour.

B24 : L’actualité récente, c’est aussi et surtout la visite d’Emmanuel Macron, le président français, pour s’adresser à la jeunesse africaine au Burkina Faso. Comment appréciez-vous ce choix ? Une victoire pour vous ? Pour le pays ?

A.B : C’est une grande victoire parce qu’on a fait des envieux en Afrique. Et je peux vous dire que quand on est parti à Abidjan, au sommet Union africaine – Union européenne, partout on voyait comment les gens nous enviaient pour cette belle opportunité diplomatique, politique qu’il faut transformer. C’est cela qui est le plus important. Parce que la France, c’est le premier donateur du Burkina. En terme bilatéral. Et on avait la chance de recevoir le premier décideur du premier donateur du Burkina.

Il faut transformer cette opportunité en quelque chose d’utile pour le pays. Vous avez vu les annonces que le président Macron lui-même a faites. Mais en plus, nous avons eu des séances de travail avec lui sur nos problèmes particuliers. Cela peut concerner l’éducation  mais divers secteurs allant jusqu’à la situation que nous avons avec le FMI. Et  les questions d’appui en termes de défis sécuritaires au niveau du G5 du Sahel.

B24 : Une telle visite s’organise minutieusement. Elle nécessite des investissements. Est-ce qu’on pourrait avoir une idée de ce que le séjour du président Macron a pu coûter au Burkina ?

A.B : Ça n’a rien coûté de particulier au Burkina. Je peux vous le garantir. Parce que contrairement aux autres visites, eux ils se prennent en charge. Ils ont loué 46 véhicules. En dehors de quelques véhicules (du parc auto) que nous avons mis à leur disposition, ils ont payé leurs chambres d’hôtels. Le président Macron lui-même a habité chez l’ambassadeur. Cela n’a pas coûté quelque chose  de particulier au Burkina plus qu’une visite normale d’un autre chef d’Etat qu’on recevrait ici.

B24 : A l’international l’actualité est marquée par la décision unilatérale des USA de considérer Jérusalem comme la capitale de l’Israël. Vous, chef de la diplomatie burkinabè, quel commentaire faites-vous sur cette décision unilatérale ?

A.B : Nous avons entendu cette décision prise par le président Trump. Actuellement, nous sommes en train de réunir le maximum d’informations pour bien comprendre. J’ai même rendez-vous avec l’ambassadeur des Etats Unis. Pour le moment, je ne peux pas vraiment me prononcer parce que je n’ai pas toutes les données. J’attends d’en savoir plus.

B24 : Retour au Faso. Dans le cadre du dossier sur le putsch de septembre 2015, un général et des officiers, nommés dans les représentations diplomatiques, sont cités par des accusés. Est-ce que cela porte un coup à la diplomatie Burkinabè ?

A.B : Pas du tout. Je ne crois pas. Dans tous les cas, la justice est libre et indépendante dans notre pays. Si elle veut entendre certains, si on est saisi, on va prendre les dispositions pour qu’ils puissent venir à Ouagadougou pour se mettre à la disposition de la justice.

B24 : Un remaniement gouvernemental serait prévu ? Est-ce le cas ?

A.B : Moi je ne suis pas le président du Faso.

B24 : Mais vous faites partie du gouvernement ?

A.B : Oui mais ce n’est pas moi qui vais décider d’un remaniement. Je ne peux donc pas répondre à cette question. Je ne suis ni président du Faso, ni Premier ministre donc c’est une question qui me dépasse.

B24 : Au terme de cette interview, le chef de la diplomatie a-t-il quelque chose de particulier à faire ressortir ?

A.B : Je vois que vous m’avez demandé combien la visite de Macron a coûté Burkina. C’est une éternelle question chez les journalistes. Chaque fois qu’on organise quelque chose, quel est le coût ? On ne peut rien obtenir sans investissement. Mais vous ne pouvez pas recevoir un chef d’Etat sans mettre des moyens pour l’accueillir. Je pense que la tradition burkinabè veut que vous accueilliez bien quelqu’un.

Qu’il soit le président d’un pays africain ou le président d’un pays européen, d’un pays comme la France. Quand vous organisez le PNDES, les gens disent ça coûte tant. Ça coûte peut-être 500 millions,  400 millions, 300 millions mais combien cela va rapporter au Burkina ? Je pense que ce qui est important, c’est qu’est-ce que cela va apporter.

Propos recueillis par Oui KOETA

Burkina24

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