Journée internationale de la jeunesse : Le message d’un étudiant

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Ceci est la déclaration d’un étudiant à l’occasion de la journée internationale de la jeunesse.

« A la vieillesse la sagesse, et à la jeunesse l’action », disais-je dans mon premier ouvrage, La Révolte du silence. Ainsi, je me permets là, de souligner que l’aveugle dans la brousse ne saurait repérer le seul point d’eau vers lequel il n’est jamais parti au paravent. Il ne pourrait l’atteindre que quand une main, même borgne, viendrait lui tenir sa canne pour le diriger vers son breuvage.

 Les pas de l’Afrique sur les grands chemins menant à la prospérité son déjà tracés ; aucun vent ne saurait l’effacer car ils sont indélébiles sur le parcours du destin. Lequel destin qui lui tiendra sa canne pour la conduire dans son royaume de prospérité. L’enfant marche mieux si son père marche droit ; il est propre si sa mère se préoccupe de son bien-être. Et c’est ce rôle que l’Afrique joue pour ses enfants, pour les âmes qu’elle aime tant. Elle a creusé la digue qui menait l’eau vers notre soif ; elle a semé le blé qui tua notre faim ; et la voici qui a tracée le chemin et n’attend que nous-nous décidions à marcher vers la lumière.

Car en effet, sur le grand sentier de la forêt, déjà battus par nos aînés, on ne peut que mieux marcher vers la rivière la plus poissonneuse. Mais, il ne faut pas se leurrer. Une certaine manière de marcher serait souhaitable si la volonté d’arriver à bon port y est dans les cœurs. Il y ait une évidence quasi insoupçonnable ; une réalité totalement perceptible qui fait de notre continent, l’Afrique, la boussole dirigeant le monde et pourquoi pas l’univers vers la perduration de son existence.

L’Afrique est gardienne de l’humanité ; elle est la nature vers laquelle tout individu revient pour se ressourcer et repartir dans son univers afin de le transformer fidèlement à son rêve. L’Afrique est puissante, courageuse, persévérante et riche. Loin de moi la volonté de vous rabâcher les oreilles de la position d’éminents économistes sur l’immensité des richesses d’une Afrique aux multiples potentiels, je me permettrai de signaler que la véritable richesse de l’Afrique ne se trouve point sous ses sols.

Oui, il faut le dire, l’or, le diamant, le pétrole et l’uranium sont des richesses capables de participer accessoirement au processus de développement de nos Etats. Ces ressources sont épuisable, corruptible et ce dernière nous le remarquons. En effet, constatons que le pétrole africain, l’or, le diamant, et l’uranium sont incapables de patriotisme et d’africanisme. Ils sont souvent voués à enrichir d’autres continents, d’autres nations autres que celui de l’Afrique et de ses nations. Certains même sont devenus source de conflit et de séparations de communautés indispensables à l’émergence du contient. Ainsi, à mon avis, en se fiant à un constat pareil, je me permets de stipuler que l’avenir de l’Afrique et de nos nations ne dépend pas de ces richesses que nos politiques chéries tant. Les minerais sont accessoires dans la quête d’un réel amorcement des processus de développement. D’aucuns seront certainement stupéfaits, peut être bien confus par une telle assertion, mais je me permets de croire que la richesse de l’Afrique se trouve au dessus de ses sols, non en dessous.

    Faisons un petit bond dans l’histoire. Il y a des millénaires durant lesquels, une société était considérée comme forte, si elle avait un certain niveau de civilisation axé surtout autour de l’écriture. Depuis les mésopotamiens, l’écriture est devenue une belle arme pour les sociétés ayant le souci d’étendre leur territoire vers d’autres terres moins enclines à la connaissance de l’écriture. Ainsi, les sociétés grecques et romaines se sont illustrées par leur capacité à laisser des traces aux futures générations. L’écriture devint l’indice de développement, de civilisations des sociétés qui en disposaient. Grâce à elle, ces sociétés se seraient enrichies par la perception d’impôts, la sauvegarde de richesses et la répartition équitable des biens dans leur communauté. Elles auront plus tard à l’idée de transmettre leurs connaissances aux futures générations gréco-romaines, qui perpétuèrent les traditions, voire même les améliorèrent pour atteindre d’autre niveau qui répondent aux critères de civilisation de chaque époque.

Ce qui a certainement fait de l’Europe par exemple ce qu’elle est de nos jours. Cela fut possible parce que les sociétés d’antan auront eu confiance en leurs jeunes à qui elles léguaient leur patrimoine. Ces générations qui en possédaient avaient un ressort sur lequel s’appuyer afin de faire mieux que la génération épuisée. Alors, ils s’épargnaient des perpétuelles répétitions que nous pouvons constater dans les actions visant à faire émerger le continent et ses nations.

 Ainsi, pour revenir sur le fait que selon moi les ressources minières du continent sont accessoires à tout développement, je dirais qu’en fait avant elles, viennent la culture et la jeunesse surtout. Oui, en effet, ce qui a conduit l’occident à cette place de nos jours peut faire pareil pour l’Afrique et ses nations. Il suffit juste d’accorder à la jeunesse africaine, la place qui lui revient de droit ; il est d’une nécessité capitale d’accorder à cette jeunesse africaine, dynamique surtout, une certaine confiance compte tenu de sa créativité et des initiatives dont elle est capable. Car les plus grandes richesses suscitées sont épuisable, mais la jeunesse, elle, est inépuisable. Elle est vouée à se renouveler au fil du temps. Ainsi, placer en elle tout espoir de faire émerger le continent serait immensément bénéfique pour le monde. La jeunesse africaine est celle qui reconstruira l’avenir de l’humanité en ruine. Pour cela, il est sine qua non qu’elle soit responsabilisée ; qu’elle ait une chance de se prouver et que l’expérience lui soit accordée, surtout dans la gestion du bien public. La jeunesse africaine n’aspire qu’à la formation-information. Elle est perpétuellement à la recherche de repère. Et ce dernier, seul le partage peut le permettre. Faisons fi de la rétention d’information et acceptons transmettre nos idées, nos connaissances afin qu’elles soient un support pour de futures générations amenées à mieux entamer leur tâches. Nous, en tant que jeune africains n’avions qu’une seule et grande envie, laisser des traces utiles pour que notre continent puisse recouvrir la place qu’il mérite dans le concert mondial. Sur les sentiers déjà battus, une manière de marcher prévaut à toute disposition nécessaire afin de longer les espoirs vers un avenir en perpétuel renouvellement. Les aînés se doivent de ne pas croire la jeunesse comme un ennemi, et celle-ci de son côté se doit aussi d’aller vers la responsabilisation. Pour cela, il est sine qua non de s’engager pour la société.

S’engager dans tous les volets permettant un décollage réel du contient. Une jeunesse dynamique est une jeunesse engagée aussi bien dans la politique que dans la vie sociale, aussi bien collective qu’individuelle. Même si les aînés se doivent de nous transmettre leurs savoirs, leurs expériences qui seront à mesure de nous guider dans la tâche qui nous incombe, celle de sauvegarder le patrimoine, nous devons aller vers eux.

N’attendons pas qu’on nous le dise, qu’on nous dirige vers une idée. Produisons de nous-mêmes nos pensées ; épargnons-nous la crainte de s’exprimer librement ; décongestionnons nos esprits qui pensent que la situation est inchangeable. Non, rien est éternel, et tout attend un jour d’être remplacer. Et c’est ce qui nous incombe en tant que jeune africain. Il est de notre ressort de bouleverser l’ordre mondial par nos initiatives. Rendons-nous indispensables à nos société ; soyons leur utile ; n’envions point ce que l’autre dispose et faisons ce qui plait à nos rêves.

     Ainsi, sortons de notre espace de confort ; acceptons de lever nos têtes sur les oreillers de notre aise et allons les confronter à la réalité de la vie. Ayons les cœurs tendres, car c’est de la gentillesse et l’humilité qu’émergera notre salut. Pour ce faire, n’ayons point crainte de nous engager au sein des associations citoyennes ; mettons la main dans la pâte qui servira à bâtir notre devenir.

 Allons vers les autres, aidons-les. Epargnons-nous des malaises de l’esprit du matériel, et abreuvons-nous du sacrifice, galvanisons nos âmes d’humanisme. Alors, quoi de mieux que du bénévolat, car la jeunesse est support de la vieillesse et de l’invalide. Tâchons toujours de savoir tendre la main à celle qui nous est tendue ; caressons toujours les cœurs vides d’espoir et galvanisons-les de courage. Nettoyons les yeux qui nous fixent imbibés de larmes. Car, en tant que jeune, l’initiative doit venir de nous. Cultivons la paix autour de nous ; acceptons les différences et aimons-nous comme des frères, car nous naissons d’une seule mère, l’Afrique. Je crois en cette jeunesse, qui saura éradiquer les conflits des cœurs ; j’ai foi en cette jeunesse qui ne verra plus l’histoire comme une fatalité ; je me fie à cette jeunesse qui est l’avenir de l’humanité. Il est de notre ressort d’oublier les haines si nous voulons que les conflits cessent dans le monde. Je crois fortement que la haine animant les hommes ne sera plus d’actualité dans un avenir proche si la jeunesse est éduquée à la paix, et si elle se forge l’humanisme du plus profond de son âme.

Pour ce faire, sauvegardons les liens de nos cultures ; sauvegardons les acquis de nos aînés et épargnons-nous de commettre les mêmes erreurs qu’ils durent faire sous leur soleil. Pensons leurs lacunes, et réfléchissons à les éviter, car c’est des leçons du passé que se construit l’avenir. Un futur que je présage être radieux, puisque la jeunesse africaine est la seule étoile sur terre qui brillera pour éclairer les sentiers les plus sombres de tout l’univers de l’homme. Mais, il y a du chemin à faire.

 Sur cette route, en tant que jeune africain, nous trébucherons face au monde, mais nous-nous lèverons ; nous nous perdrons dans le désert de nos désespoirs, mais nous nous retrouverons sur le sentier de notre destin. Lequel destin qui présage le jeune africain comme leader du monde. Gardons espoir que l’Afrique, mienne, tienne et sienne est vouée à sortir de l’ombre grâce à sa seule grande richesse inépuisable qu’est sa jeunesse. Nous irons à la conquête du monde. Mais, je vous exhorte dorénavant d’aller avec un esprit de vainqueur, non avec un esprit de la simple participation aux actions et concerts mondiaux. Que ce soit dans les plus petites compétitions aux plus grandes, tâchons d’espérer la victoire. Ne soyons pas comme nos aînés qui se voulaient juste être des participants aux concerts internationaux où des décisions étaient prises à leur place.

Je ne les en veux pas en fait. En effet, l’esprit de participation autour duquel nos aînés auront fondé leur mérite était le défi de leur époque. Oui, le défi de leur époque parce qu’il était conçu à leur temps que les générations qui les ont précédées n’aspiraient point à participer aux assises et compétitions internationales et mondiales.

Ainsi, nous notre défi est autre. C’est celui d’un vainqueur. Nous n’irons dorénavant plus dans l’objectif de figurer autour de la table décisionnaire, mais nous irons ajouter nos voix à celles qui pèsent déjà sur la scène mondiale. Nous tâcherons de nous illustrer par l’esprit de vainqueur. Il est lieu de ne plus être à la traine car à force d’y rester, nous ne réécrirons plus l’histoire, mais nous la répéterons comme le cycle infernal d’une vie sans issue. Je m’adresse à cette jeunesse africaine, pleine de ressources ; pleine de motivation ; rêveuse d’une Afrique ragaillardit sur la scène mondiale.

Je vous exhorte à l’engagement. Encourageons-nous mutuellement ; galvanisons nos compagnons ayant une folle envie de se frayer une place sur la scène politique, sociale et humaine car le changement ne viendra que d’une âme vierge, innocente que constitue la jeunesse africaine. Mobilisons-nous pour une Afrique et ses nations émergentes. Et cela, certainement dans un avenir si proche qu’on risquerait de le confondre au présent.

TRAORÉ Sy Gérald Adrien.

Étudiant en Master Sciences du langage et didactique des langue à l’université Kasdi Merbah de Ouargla/Algérie.

Auteur de La Révolte du silence

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