Transition au Mali: « Rien n’est décidé », selon la junte

Les discussions entre la CEDEAO et la junte militaire aux affaires ont définitivement scellé le sort du Président IBK et de son régime ce 24 août 2020. Alors que les discussions sont censées se poursuivre sur les termes et conditions de la transition en vue, la junte militaire aurait proposé son approche qui est de la diriger sur trois (3) années. Une information démentie ce 24 août 2020, selon nos confrères de Maliweb.

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Au terme des dernières 48 heures de discussions entre les officiers du Conseil National pour le Salut du Peuple, (CNSP), et la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest, (Cedeao), dont une délégation est en mission à Bamako la capitale, il en ressort que la junte militaire souhaite la mise en place d’un organe de transition sous sa coupe et qui s’étendrait sur trois ans.

A en croire une source issue de l’organisation ouest-africaine interrogée par RFI, « la junte a affirmé qu’elle souhaite faire une transition de trois ans pour revoir les fondements de l’État malien. Cette transition sera dirigée par un organe présidé par un militaire, qui sera en même temps chef de l’État ». Cette information est reprise par un responsable de la junte qui confirme la volonté des putschistes d’installer une « transition avec un président militaire et un gouvernement en majorité composé de militaires ».

Mais cette information a été démentie par le porte-parole de la junte militaire.

« Hier, nous avons été surpris  d’apprendre sur certains médias  des déclarations qui parleraient   aux discussions par rapport à une question  de la transition, au gouvernement  

… Je tiens à préciser qu’à ce stade des discussions avec l’équipe de médiation de la CEDEAO, rien n’est décidé. A aucun moment, on n’a parlé de gouvernement à majorité militaire… Toute décision relative à la taille de la transition, au président de transition, à la formation du gouvernement, se fera entre Maliens, avec les partis politiques, les groupes sociopolitiques, les syndicats, les groupes signataires, la société civile, conformément à notre première déclaration.

Je tiens à rassurer les uns et les autres qu’aucune décision ne sera prise par rapport à la transition sans cette consultation massive.  A ce stade, rien n’est décidé avec la CEDEAO.  Vraiment, j’insiste et j’appelle le peuple à rester serein et à nous faire confiance pour cette transition difficile»

Colonel Ismaël Wagué, selon ses propos retranscrits par Maliweb

Le cas IBK et Boubou Cissé

Les militaires du CNSP ont en outre marqué leur accord pour que le président déchu Ibrahim Boubacar Keïta regagne son domicile « et s’il souhaite voyager pour des soins, il n’y a pas de problème », a indiqué un membre de la délégation de la Cédéao au mali. Pour ce qui est de l’ex-Premier ministre Boubou Cissé, arrêté en même temps que le président IBK et en détention au camp militaire de Kati, à une vingtaine de kilomètres de la capitale, il en ressort qu’il sera gardé « dans une résidence sécurisée à Bamako ».

Espérant diluer les positions des militaires sur la transition, les discussions devraient se poursuivre le 24 août 2020. Le chef de la délégation de la Cédéao et médiateur en chef de la crise malienne, Goodluck Jonathan a prévenu la junte malienne en ces termes : « Regardez, nous avons essayé ça un moment au Nigeria, ça n’a pas marché ».

« Nous avons obtenu des compromis sur un certain nombre de points, mais sur tous les points de discussion. Nous ne voulons pas donner des informations partielles à la presse. On s’en tient à cela pour le moment. Notre préoccupation lors de ces négociations reste la même : trouver une issue heureuse qui puisse satisfaire tous les Maliens », a-t-il déclaré. La cédéao se veut davantage claire dans ce nouvel épisode des discussions : obtenir de la junte militaire une transition beaucoup plus brève.

Les chefs d’État de la Cédéao devraient se réunir le Mercredi 26 Août 2020 par visioconférence pour décider de l’assouplissement des sanctions contre le Mali ou l’accentuer et ce en fonction de la coopération ou de l’intransigeance du colonel Assimi Goïta, le nouvel homme fort du Mali et de ses hommes.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24

Source : RFI

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