Sebba : « Ce ne sont pas les terroristes, mais c’est la faim et la soif qui vont nous tuer » (Hama Hamady)

Les responsables de l’Association des ressortissants du Yagha (ARY) ont animé un point de presse ce mardi 5 juillet 2022 à Ouagadougou. Il s’agissait de lancer un cri de cœur sur la situation sécuritaire et humanitaire dans la province et le blocus de la ville de Sebba depuis le 25 juin 2022 par les HANI notamment dans cette partie de la région du Sahel.

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A la suite de la sortie le 15 juin 2021 pour condamner le massacre de Solhan, les responsables de l’Association des ressortissants du Yagha (ARY) ont lancé un cri de cœur ce mardi 5 juillet 2022.

« Nous avons souhaité vous rencontrer autour de ce sujet, au regard de la détresse et du climat de psychose que vivent les populations et ressortissants du Yagha face à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans le Yagha », a lancé le président de l’association Amadou Diallo lors du point de presse.

Lire également 👉Solhan : Les ressortissants de Yagha interpellent le gouvernement sur la situation sécuritaire et humanitaire

La province du Yagha compte 6 communes dont Sebba, Mansila, Tankougounadié, Titabé, Boundoré et Solhan. Selon Amadou Diallo, toutes ces communes sont confrontées aux attaques terroristes et aux déplacements des populations vers le chef-lieu de la commune (Sebba) ou autres localités depuis plus de 4 ans.

« De nos jours, on compte plus de 717 ménages, environ 3491 personnes déplacées internes dont le nombre ne fait que s’accroitre depuis le 25 juin 2022. La province du Yagha vit de nos jours des heures sombres et une spirale de violence imposées par les HANI depuis le 25 juin 2022 », a-t-il indiqué. 

A l’écouter, les terroristes règnent en maîtres dans la province du Yagha. Il a fait savoir que le 24 juin 2022 les HANI ont obligé les populations à quitter leur zone de résidence dans un délai de 48 heures aux risques de leurs vies.

Il a ajouté que les HANI font, entre autres, des contrôles routiers, et qu’actuellement il y a absence de l’eau de l’ONEA, sabotage des poteaux électriques et des réseaux téléphoniques, détournement des camions des commerçants.

C’est ainsi que les représentants de l’association ont lancé un cri de cœur pour sauver la province du Yagha, « province martyre coupée actuellement du reste du pays ».

…faciliter l’envoi des convois humanitaires…

« Face à cette situation sécuritaire et humanitaire désastreuse, l’ARY et les populations du Yagha sollicitent le gouvernement de tout mettre en œuvre pour sauver la province du Yagha à travers les actions suivantes : faciliter l’envoi des convois humanitaires, sécuriser la route Dori-Sebba, rétablir les lignes téléphoniques, prendre toutes les dispositions pour assurer la protection et la proactivité en cas d’attaques », a lancé Amadou Diallo.

Egalement, Abdoulaye Cissé, ressortissant du Yagha, a révélé que ce sont les terroristes qui créent désormais des zones pour « parquer » la population avant d’occuper leurs habitations. Il a précisé que ce sont les hommes armés non identifiés qui déterminent les sites pour accueillir les déplacés internes sans aucune allocation de provision pour survivre.

En plus, la stratégie des HANI consistent à vider les autres communes et rassembler toute la population dans le chef-lieu de la province qui est Sebba, a confié Hama Hamady, également ressortissant du Yagha.

Pour lui, avec la coupure d’eau, le détournement des camions des commerçants, l’impossibilité de s’approvisionner en vivres, l’impossibilité de cultiver et de pratiquer l’élevage, cette stratégie vise à tuer à petit feu la population. Dans ce cas, « ce ne sont pas les terroristes, mais c’est la faim et la soif qui vont nous tuer », a confié Hama Hamady.

Jules César KABORE

Burkina24

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