Propos de l’ambassadeur de France : Guerre civile ou pas, il faut la gagner !

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Homme à l’esprit particulièrement phosphorescent, l’ancien Premier ministre britannique Winston Churchill disait de la diplomatie qu’elle était « l’art de dire aux gens leurs vérités, mais sans les offenser »…  


On ne sait pas si les propos de l’ambassadeur de France au Burkina Faso, tenus le 5 juillet dernier devant le Groupe d’amitié France-Afrique de l’ouest du Sénat, sont de l’ordre de la vérité, mais en tout cas, les déclarations du diplomate auront réussi à hérisser les poils des autorités burkinabè.

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Luc Hallade, dépeignant la situation dans son poste d’affectation, a affirmé, entre autres, que « l’absence de résultats provoque des frustrations de plus en plus fortes dans le pays », et que ce « conflit endogène » est, en réalité, « une guerre civile ». Une partie de la population, selon lui, se rebelle contre l’État et cherche à le renverser. Des propos qui seront jugés « discourtois et inamicaux » par la diplomatie burkinabè.

En l’espace de quelques jours, le plénipotentiaire a donc réussi l’exploit de fâcher à la fois les « idiots-utiles », ainsi qu’il a qualifié le 14 juillet dernier ces « influenceurs » qui, sur la toile, serviraient la propagande russe, et les premières autorités du pays.

L’analyse du diplomate français a de quoi heurter la sensibilité, mais…

Lors d’une audience le 21 juillet avec le ministre délégué chargé de la Coopération régionale, Karamoko Jean Marie Traoré, Luc Hallade a dû battre sa coulpe, affirmant regretter ses déclarations devant le Sénat français. Ce qui n’a pas empêché Ouagadougou de lui traduire sa colère dans une… « note » officielle.

C’est donc un petit grain de sable dans la mécanique de la relation entre la France et le Burkina, même si le diplomate n’a pas été officiellement convoqué, encore moins expulsé, comme le réclament certains Burkinabè qui prévoient d’ailleurs marcher le 12 août prochain pour exiger son départ du pays.

Pour revenir au fond de l’affaire, il faut reconnaître avec le gouvernement que l’analyse du diplomate français a de quoi heurter la sensibilité des Burkinabè surtout lorsqu’il parle de « guerre civile ». A priori, le caractère régional de ce conflit que nous imposent les terroristes qui, en réalité, n’ont pas de nationalité mais appartiennent à des multinationales du Mal, peut faire écarter cette hypothèse.

Luc Hallade sait bien de quoi il parle

Et parler de guerre civile reviendrait à dire qu’une catégorie de Burkinabè s’oppose à une autre catégorie de Burkinabè et ceux qui ont pris les armes voudraient prendre le pouvoir à Ouagadougou. Toute chose contraire à la vulgate officielle du gouvernement.

Mais à bien y regarder de près, on aurait tort de prendre à la légère ces propos de l’ambassadeur et croire que celui qui est en poste depuis juillet 2019 dans le pays n’a fait que traduire ses sentiments personnels. C’est bien connu que ces ambassadeurs occidentaux connaissent souvent mieux la réalité de nos pays que des gouvernants eux-mêmes.

Malgré ses regrets diplomatiques, on peut être sûr que Luc Hallade sait bien de quoi il parle, notamment lorsqu’il évoque la « guerre civile », surtout pour quelqu’un qui, avant le Burkina, a notamment été ambassadeur en RDC, un pays déchiré par plusieurs guerres civiles. Le diplomate n’a, sans doute, fait que placer un miroir devant les Burkinabè, eux qui depuis six ans ignorent toujours tous les tenants et les aboutissants de cette guerre.

Mieux vaut prendre au sérieux le caquet du « coq gaulois »

Après les remontrances, le gouvernement aurait donc gagné à demander au plénipotentiaire de leur partager, si ce n’est pas encore le cas, les éventuelles informations dont il dispose et qui accréditeraient sa thèse.

Quant à « l’absence de résultats » qui, on le comprend, peut écorcher les actuels dirigeants, la réalité est qu’il y a bien des Burkinabè qui pensent, malgré les résultats présentés par le pouvoir, que la situation a empiré avec l’arrivée des militaires aux affaires. Et ils ne se cachent pas pour le dire. Mais apparemment un diplomate, surtout un ambassadeur de France, lui, n’aurait pas le droit de le dire. Si ça ne tenait qu’à certains Burkinabè, le « coq gaulois » devrait la fermer.

Mais en vérité, il ne faudrait pas accorder aux mots plus d’importance qu’ils en ont, en réalité, au point d’en faire une fixation. Guerre civile ou pas, le plus important, c’est de la gagner et d’y mettre les moyens pour y arriver !

La Rédaction  

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