Demande de pardon de Blaise Compaoré : « Comment on peut avoir l’outrecuidance de mettre en doute son authenticité ? » (Me Hermann Yaméogo)

La lettre de demande pardon de Blaise Compaoré au peuple burkinabè et à la famille de Thomas Sankara ne cesse d’alimenter les débats ces derniers jours. Si les uns mettent en doute la sincérité de la démarche de l’ancien président burkinabè, aujourd’hui en exil en Côte d’Ivoire, Me Hermann Yaméogo quant à lui dit avoir « honte du Burkinabè qui refuse le pardon ».

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Alors qu’il était en tournée dans le Centre-Est où il est allé sonner la mobilisation en faveur de la réconciliation, le Président de l’UNDD, Me Hermann Yaméogo a exprimé sa déception suite à la réticence de certains Burkinabè en rapport avec la lettre de demande de pardon de Blaise Compaoré.

« Moi ça me fait honte quand on répercute cette image du Burkinabè qui refuse le pardon. Je ne suis pas né dans un contexte où les Voltaïques refusaient le pardon. Tout dans notre société nous incite à prendre en considération le pardon. Que ce soit les valeurs sociales, que ce soit les religions, que ce soit les relations diplomatiques, le pardon est essentiel pour le fonctionnement d’une collectivité », a-t-il déclaré. 



Selon lui, ceux qui mettent en doute la sincérité de la démarche de l’ancien président du Faso ne mesurent pas suffisamment la délicatesse de l’action. 

« Lorsqu’on se cambre pour refuser le pardon, ça fait pitié. C’est un chef d’Etat étranger qui a fait accompagner l’enfant de Blaise Compaoré pour venir présenter cette demande de pardon au peuple burkinabè. On n’apprécie pas suffisamment cette délicatesse-là. Dans nos traditions lorsqu’un étranger accompagne quelqu’un pour demander pardon, on prend cela en considération.

Deuxièmement c’est sa fille qui a été accompagnée et sa fille étant présente, c’est comme si c’est lui-même qui était là. Comment on peut avoir l’outrecuidance de mettre en doute l’authenticité d’une telle demande de pardon ? C’est insulter d’abord un chef d’Etat étranger qui a envoyé son ministre pour accompagner la délégation, c’est insulter notre président (le Président Damiba, ndlr) qui s’est prêté au jeu, c’est insulter la famille de Blaise Compaoré qui a délégué sa fille, c’est insulter l’intelligence des Burkinabè parce que nous, nous y adhérons », explique Me Hermann Yaméogo.

« Cette expression négative du pardon fait partie d’une minorité des Burkinabè. Ce n’est pas la majorité des Burkinabè. Il ne faut pas accepter cela comme faisant partie de notre tempérament », insiste-t-il.

Maxime KABORE

Burkina24

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2 commentaires

  1. Le patriote Thomas Sankara ne meurt pas!!! Mais, tous les putschistes sont des morts, vivants ou pas. Ils reposent dans la poubelle de l’histoire.

    En faisant le coup d’Etat pour plaire a’ ses interets mesquins et aux imperialistes, le putschiste n’avait pas pense’ a’ l’avenir. La famille de Thomas Sankara et les autres, ne refusaient pas l’absinthe amere. Maintenant, c’est le tour du putschiste de ne pas etre en paix!

    La Justice eleve une nation, et non l’impunite’!!! Le 15 octobre 1987, les assassins faisaient peu de cas des Us et Coutumes.

    Celui qui a ete en tournee dans le Centre-Est ne peut rien imposer. Il a sa propre lecture de la situation en fonction de ses interets. Mais il n’a pas le droit de faire la lecon a’ personne ou de s’arroger le droit de s’exprimer pour le peuple Burkinabe et des Sankaristes du monde entier.

    L’ambiance de la « reconciliation nationale, » fait penser a’ l’ecrivain Leopold Sedar Senghor, « l’emotion est negre. mais la raison est Helene. »

  2. Sans blague !

    Le président d’un parti qui a fait zéro députés aux dernières élections a « l’outrecuidance » de dire qu’il représente la majorité des burkinabè !

    Ouagadougou est vraiment la capitale du cinéma africain !

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