Abdoulaye Ouédraogo publie « Afrique et propriété intellectuelle »

Abdoulaye Ouédraogo, doctorant en droit international a procédé à la présentation de la première édition de son ouvrage intitulé « Afrique et propriété intellectuelle » ce samedi 13 août 2022 à Ouagadougou. Le livre coûte 5000 francs CFA sur les rayons des bibliothèques notamment à travers la capitale burkinabè. 

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« Afrique et propriété intellectuelle » est un écrit qui traite des négociations internationales sur la propriété intellectuelle. Ainsi, l’auteur a axé son ouvrage sur quatre volets notamment la santé publique, l’agriculture, les obtentions végétales et le savoir-faire traditionnel.

À travers son œuvre, Abdoulaye Ouédraogo veut conscientiser et interpeller les gouvernants des 17 pays membres de l’organisation africaine de la propriété internationale sur la nécessité de booster le développement du continent par la protection des innovations via la propriété intellectuelle.

Abdoulaye Ouédraogo, écrivain

Au niveau du Burkina, l’écrivain déplore le manque criard des textes qui puissent encadrer la question de la propriété intellectuelle. Il relève aussi le désintéressement des jeunes et des décideurs publics vis-à-vis de la propriété intellectuelle.

« La propriété intellectuelle se porte très mal au Burkina. C’est pourquoi, nous avons bien voulu apporter notre pierre de touche en abordant certaines questions afin de conscientiser les décideurs publics sur la nécessité de la propriété intellectuelle et de sa contribution pour le développement de l’Afrique tout entière », a-t-il souligné.

Me Frédéric Pacéré Titinga, en sa qualité de parrain de cette dédicace a relevé le fait que les Burkinabè ne s’intéressent pas à leur culture, ni à leur production. Ce grand écrivain qui est à l’origine de la création du bureau burkinabè des droits d’auteurs (BBDA) et qui a dans son compteur plus de 50 ouvrages a laissé entendre que la quasi-totalité de ses ouvrages, c’est en Occident qu’ils sont lus et vendus.

Me Frédéric Pacéré Titinga

« Même ce qui est édicté à Ouaga, les gens ne lisent pas. Par exemple, mon travail « Bendrologie », le langage des tam-tams et des masques en Afrique, quatre volumes et chaque volume c’est à peu près 250 à 300 pages. J’ai tiré 1000 exemplaires et j’ai envoyé 800 exemplaires dans les librairies à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.

L’année qui a suivi, j’étais surpris c’est un Anglais même pas un Français qui vient et qui demande 20 exemplaires, j’étais surpris parce que la page de gauche c’est du mooré et de droite c’est le français. L’année suivante, il vient, il demande encore 20 exemplaires. J’avais gardé 200 exemplaires pour moi, il (l’Anglais) demande (…) il ne me restait plus que 20.

Alors je me suis dit, ça fait 10 ans, je vais aller dans les librairies de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso (…). Des 800 exemplaires on a vendu que 10. J’ai pris tout ce qui restait et quand j’ai fait l’annonce dans les six mois qui ont suivi tout est reparti en Europe. Nous autres Africains, nous ne nous intéressons pas du tout à notre culture, nous ne nous intéressons pas à nos travaux », a-t-il déploré.

Matthieu Hien, conseil en propriété industrielle

Pour Matthieu Hien, conseil en propriété industrielle, l’Afrique réfléchit aujourd’hui pour se doter d’un système de propriété intellectuelle adapté à son développement. « C’est de ça qu’il est question. Et les questions qui sont soulevées dans ce livre, ce sont des questions qui méritent être approfondies par nos États pour concevoir un système adapté aux besoins des pays africains (…)

L’Afrique ne peut pas se développer sans un bon système de propriété intellectuelle. Parce que la propriété intellectuelle c’est tout simplement l’appropriation des connaissances. Et qui a les connaissances, détient le développement », a-t-il refermé.

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