Lutte contre la Dengue : La désinformation, une décoction mortelle !

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Au Burkina Faso, l’actualité est marquée par une épidémie de dengue. Selon les spécialistes, le pays fait face à la crise la plus grave liée à cette maladie. Autour de la maladie qui frappe durement, la désinformation fait le lit du mal et l’installe confortablement. La communauté scientifique est prise à partie par des rumeurs qui font état de moustiques anti palustres lâchés par elle dans la nature qui serait à l’origine de la dengue. Des rumeurs font courir également que la dengue a été purement créée par l’OMS parce que le vaccin contre le palu a été trouvé. La désinformation crée une crise de confiance avec le personnel soignant conduisant certains malades à l’automédication, l’utilisation abusive de décoctions rendant ainsi compliquée la prise en charge de la maladie. Qu’en est-il réellement ? Autopsie d’une désinformation qui gangrène les efforts du gouvernement et des scientifiques dans la lutte contre la dengue au Burkina Faso. 

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« Du 1er janvier au 15 octobre 2023, un total de 50 478 cas suspects de dengue, dont 25 502 cas probables et 214 décès ont été notifiés au Burkina Faso. Pour la période du 09 au 15 octobre 2023, un nombre de 10 117 cas suspects, dont 4 377 cas probables et 48 décès ont été enregistrés ».

Ces chiffres alarmants sont du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Robert Lucien Kargougou, faisant le point à l’issue du Conseil des ministres du 18 octobre 2023. On est de plain-pied dans une épidémie de dengue sans précédent au Burkina Faso.

C’est peu dire. « C’est vraiment une situation de flambée des cas qui dépassent ce que le Burkina Faso a pu notifier depuis les années précédentes », s’alarme Dr Daniel Yerbanga, Directeur Régional de la Santé et de l’hygiène publique du Centre, incident manager riposte dengue dans la région du Centre. À la date du lundi 13 novembre 2023, on est à 109.908 cas suspects (symptômes de la dengue), 49.808 cas de dengue confirmés  et 511 morts dans tout le Burkina.

Le ministère de la Santé déploie une batterie de mesures de ripostes avec la destruction des gîtes larvaires des moustiques dans les deux plus grandes villes du pays que sont Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, durement frappées par la maladie. Le test de la dengue est également rendu gratuit, des communications de sensibilisation sur les méthodes pour prévenir ou guérir de la maladie sont déroulées par le ministère en charge de la santé et ses démembrements. Cependant, fort est de constater qu’une désinformation à grande échelle plombe sinon annihile les efforts déployés par le gouvernement.

Dr Daniel Yerbanga, Directeur Régional de la Santé et de l’hygiène publique du Centre, incident manager riposte dengue dans la région du centre

Elle fait le lit de la propagation de la maladie et gonfle le taux de décès chez les personnes atteintes. C’est en effet, une circonstance aggravante qui exacerbe cette épidémie qui ne compte plus ses victimes.

Plus de 500 morts dans tout le Burkina à la semaine 45 de l’épidémie. Véritablement, pendant que la maladie sévit, la désinformation autour d’elle fuse et complique la gestion de la maladie. Sur les réseaux sociaux, on entend du tout sur la dengue et sa survenue au Burkina Faso.

Ce que les rumeurs diffusent et ce qui est de la réalité

Selon ce qui pullule sur les réseaux sociaux comme « information » notamment dans certains groupes WhatsApp, la dengue a été créée par l’OMS pour continuer à faire vivre les industries pharmaceutiques parce que le vaccin contre le paludisme a été maintenant homologué.

Nous avons pu dénombrer ce message dans plus de 3 groupes WhatsApp avec plus de 1.000 membres chacun. L’un des messages qui est un vocal  a été partagé plusieurs fois. Une large diffusion pour attirer l’attention sur ce qu’il considère comme vrai. C’est à croire que la dengue rend vraiment dingue !

Des rumeurs qui laissent perplexe et commandent un minimum de factcheking. Mais au-delà, nous cherchons à en savoir assez sur la dengue, le paludisme et le vaccin contre le paludisme tant et si bien que tout cela est imbriqué pour ceux qui distillent ces cancans. Beaucoup d’amalgames sont faits entre paludisme, dengue, « paludengue », le vaccin contre le paludisme et même le traitement contre la dengue. Aussi, nous est-il paru nécessaire de savoir ce qu’il en est de tout ce tohubohu.

Pour ce faire, nous choisissons de toucher directement le sommet de la recherche en Science de la Santé au Burkina Faso. Nous frappons à la porte du Centre national de la Recherche Scientifique et Technologique du Burkina Faso (CNRST). Cette structure qui est à la pointe de la recherche au Burkina Faso, et qui rend audible la voix des chercheurs burkinabè partout dans le monde par leurs résultats.

Le 05 octobre 2023 déjà, en pleine épidémie de la dengue, lorsque ces fausses rumeurs commençaient à en faire trop, nous prenons rendez-vous avec Dr Hermann Sorgho chercheur au CNRST. Il est de l’Institut de Recherche en Science de la Santé de Nanoro. Un démembrement du CNRST. Dr Hermann Sorgho est chercheur en science de la Santé spécifiquement en immunologie parasitaire. Il travaille à l’unité de recherche clinique de Nanoro. Depuis 15 à 20 ans, il travaille essentiellement sur le vaccin contre le paludisme.

Il a aussi réalisé des travaux sur la structure génétique des populations face à des maladies infectieuses et cardiométaboliques. Il est bien placé pour éclairer notre lanterne. Dans la matinée du 10 octobre 2023, nous traversons le vrombissement habituel de la ville de Ouagadougou pour rejoindre le CNRST à 10h précises.

Devant la porte, une plaque estampillée CNRST nous alerte que nous sommes à bon port. À l’entrée un grand bâtiment nous fait face, mais ce n’est pas là qu’on a rendez-vous. Nous nous rendons précisément à l’Institut de recherche en Science de la Santé (IRSS). Un autre écriteau nous indique le chemin à suivre pour rejoindre ce démembrement du CNRST. Nous suivons le chemin.

La cour est calme, comme pour dire, silence, ici on travaille. Néanmoins la nature s’y exprime avec force. Différentes espèces d’arbres et d’arbustes s’y expriment avec majestuosité. Entre toutes ces espèces d’arbres, d’arbustes et d’herbacées dont on s’efforce visiblement à garder le biotope intact, on suit un chemin sinueux dans ce temple de la recherche pour rejoindre l’IRSS.

Dr Sorgho nous croise devant la porte de l’IRSS avec quelques collègues chercheurs. Après les salutations d’usages, il accepte éclairer notre lanterne sur l’épidémie de dengue qui sévit au Burkina, les origines de la maladie et la réponse apportée par le gouvernement pour faire face à cette maladie. Des éclairages qui nous permettent de trier le bon grain de l’ivraie dans ce flot de rumeurs.

La plaque de l’IRSS à l’intérieur du CNRST

C’est en effet une chance pour nous de l’avoir en interview, car il fait partie de l’équipe du Pr Tinto qui a développé le vaccin contre le paludisme au Burkina Faso, en plus des connaissances qu’il a sur la dengue. D’ailleurs, c’est quoi la dengue, cette maladie qui a plongé le Burkina dans une épidémie sans précédent ? Dengue et paludisme des maladies avec de grandes différences ?

Pour le moins que l’on puisse dire c’est que la dengue n’est pas une nouvelle maladie et à l’entendre, c’est une maladie complètement différente du paludisme. Entre la dengue et le paludisme, c’est donc terre et ciel comme on le dit et cela est démontré aisément par Dr Sorgho. L’occasion faisant le larron, il s’exprime sur la rumeur qui accuse l’OMS et les scientifiques d’avoir créé la dengue parce que le vaccin du paludisme a été développé.

Contrairement aux rumeurs, qu’en est-il réellement du vaccin contre le paludisme ? 

Dr Sorgho sur le vaccin contre le paludisme nous souligne qu’il a été développé par le Burkina. Cependant la molécule active a été découverte par le professeur Adrian Hill de l’université d’oxford. Aussi selon ses éclairages, pour développer un vaccin, « il y a deux étapes. Il y a celui qui découvre la molécule active et celui qui développe le vaccin. Ici celui qui a découvert la molécule active c’est le professeur Adrian Hill de l’université d’oxford. Il a découvert la molécule active et il s’est demandé comment faire pour que ça devienne un vaccin. 

C’est là où nous intervenons dans le développement du vaccin. Nous prenons la molécule et nous testons. Cela s’est passé en deux étapes. Nous testons pour démontrer que la molécule est vraiment effective ou non. Nous avons dans un premier temps testé et démontré que dans une population réduite de quatre cents (400) personnes, nous pouvons obtenir une efficacité de 80% maximum. Et comme c’était un petit groupe d’individus, on a décidé de faire ce qu’on appelle la phase terminale du développement en testant ça sur un plus grand nombre. 

Et comme le paludisme survient dans plusieurs localités africaines, il fallait y joindre d’autres zones géographiques donc d’autres pays. C’est pourquoi on a inclus le Mali, le Kenya et la Tanzanie. Là où on a aussi exposé les enfants à ce vaccin et c’est à l’issue de l’analyse de ce test que l’OMS a accepté recommander le vaccin R21 pour utilisation chez les enfants africains vivant dans les zones où le paludisme sévit ».

Après l’explication de ce processus, nous comprenons aisément que l’OMS n’est en rien dans la fabrication du virus de la dengue sous prétexte du développement du vaccin contre le palu, ce d’autant plus qu’elle n’intervient que dans la phase de l’homologation.

Dr Hermann Sorgho, Chercheur à l’IRSS

En effet selon Dr Hermann Sorgho pour aboutir à un vaccin, il y a toute une chaine d’acteurs. C’est un système où un ensemble d’acteurs sont en interaction dynamique pour aboutir à la fabrication du produit fini qu’est le vaccin.

« Des scientifiques trouvent la molécule et d’autres scientifiques développent le vaccin, l’OMS homologue le vaccin et on est obligé de coopérer avec l’industrie pharmaceutique pour produire le vaccin », explique Dr Sorgho. Donc, on peut retenir que le vaccin contre le paludisme n’a rien à voir avec une quelconque création de la dengue, mieux la dengue n’est pas une création récente pour enrichir des industries pharmaceutiques.

Nous avons survécus à la dengue

Ces rumeurs ne sont pas de nature à faciliter la prise en charge des malades en cette période d’épidémie tant et si bien qu’elle discrédite les chercheurs et le personnel soignant. Cela est un terreau fertile pour l’automédication et l’utilisation de décoction.

Les professionnels de la santé sont sans équivoque sur cette question de désinformation. C’est un poison pour la riposte épidémiologique. Le fait que des gens véhiculent de mauvaises informations  entraine des malades vers l’automédication, l’utilisation des décoctions aggravant ainsi leur cas.

C’est ce qu’atteste le Directeur régional de la santé et de l’hygiène publique du Centre et incident manager riposte dengue dans la région du centre, Dr Daniel Yerbanga. Nous le rencontrons le 17 novembre 2023 à la direction régionale de la Santé du centre pour en savoir plus.

Sa structure est en première ligne en ce qui concerne l’organisation de la riposte contre la dengue. Ironie du sort, quelques jours après notre rencontre qui a porté sur les conséquences de la désinformation sur la riposte contre la dengue au Burkina Faso, nous sommes frappés sévèrement par la maladie.

Nous sommes hors service pendant presque trois semaines. Nous subissons la forme sévère de la maladie avec des symptômes tels que la fièvre persistante, des douleurs atroces aux articulations des épaules, et des vomissements accompagnés de saignements.

C’est aux urgences du CHU de Bogodogo, c’est-à-dire à la cime du système sanitaire burkinabè que le personnel soignant est arrivé à nous tirer d’affaire. Du petit district sanitaire du quartier, nous sommes arrivés au CHU quand les saignements ont commencé à se manifester. Des produits contre la fièvre et contre les saignements nous ont remis sur pied pour que nous puissions poursuivre ces lignes. Bref !

Un confrère miraculé !

Nous reprenons plus tard le service. Un confrère qui a mis du temps à nous voir nous demande ce qui n’allait pas. Nous lui faisons savoir qu’on était touché par la dengue. « Toi tu n’as pas su t’y prendre. Moi, ça faillit m’avoir. Dès que j’ai senti les premiers symptômes, je me suis bombardé. Je suis allé chercher toutes les plantes et les herbes que je connais et qui traitent contre le palu venir bouillir. J’ai bu ça matin soir et je me lavais avec. En deux jours tout est fini », nous raconte un confrère du haut de son instruction.

Un miraculé. Il a fait exactement le contraire de ce que les médecins préconisent en cette période de crise et il aurait pu passer de vie à trépas. Quand nous avons été reçus aux urgences du CHU de Bogodogo, le médecin a pris le soin de nous demander au préalable quel genre de médicaments nous avions pris, si nous avons pris des décoctions à base de plantes ou autres.

Celui-ci nous fait comprendre que l’automédication, l’utilisation de décoction à base de plantes sans une maitrise du dosage entrainent des complications sur la plupart des patients qu’ils reçoivent. Des complications qui conduisent le plus souvent à la mort, nous avoue notre médecin. C’est pour dire que notre confrère dont nous préférons taire le nom a eu de la chance.

Beaucoup n’ont pas eu cette chance. Tout ceci est tributaire de la désinformation, et parfois un manque de confiance vis-à-vis du personnel de soins. C’est ce que nous a fait savoir Dr Daniel Yerbanga. Il lance un cri de cœur par rapport à cette situation.

En outre face à cette situation de désinformation le ministère de la Santé se défend bien. À en croire Dr Daniel Yerbanga, le ministère de la santé fait de telle sorte que l’information juste et vraie soit donnée par le personnel de santé et par les acteurs de la communication du ministère.

Selon Raïssa Ouédraogo, Directrice de la communication et des relations presse du ministère en charge de la Santé, pour lutter contre la désinformation autour de la dengue, le département Santé n’y est pas allé du dos de la cuillère.

Lire aussi → Dengue : Une opération de destruction des gites larvaires le 9 décembre 2023 sur toute l’étendue du territoire

« Des campagnes de sensibilisation et d’information sont organisées pour que la population ait l’information juste. Dès l’annonce des premiers cas de dengue, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique à travers sa direction de la communication a réalisé un spot en français, mooré, dioula et fulfuldé, pour sensibiliser la population sur la dengue.

Un spot diffusé sur les médias traditionnels et les réseaux sociaux. Pendant ce temps, nous avons entamé une série de formations qui a permis d’outiller les journalistes, les acteurs des radios communautaires, les animateurs des émissions interactives, les blogueurs et influenceurs. Ces sessions de formation ont permis d’intégrer tous ces acteurs dans la lutte contre la désinformation », révèle Raïssa Ouédraogo.

Elle nous précise que « dans le cadre de cette désinformation, plusieurs personnes ressources ont été mises à la disposition des médias, à chaque sollicitation, pour éclairer davantage la population sur la dengue et donner de bonnes informations sur les rumeurs et préoccupations posées. Aussi, la cellule de veille communicationnelle du ministère, composée d’une diversité d’acteurs de la santé, d’autres départements ministériels, des médias, de la société civile et des partenaires techniques, a-t-elle été mise à contribution pour collecter les rumeurs afin de les traiter et apporter des réponses adéquates ».

Pour le moins que l’on puisse dire, c’est que l’épidémie de plus en plus, est en train de se désamorcer. À la semaine 49, les statistiques font état d’une baisse des cas. À la semaine 29, le Burkina Faso enregistrait 5109 cas suspects de dengue, 2178 cas probables et 12 décès, selon les chiffres du ministère. Pourtant à la semaine 45, selon ces mêmes chiffres, le pays enregistrait 90 cas de décès. Les données sont parlantes. La tendance est en train de se renverser.

Peut-on dire que la riposte a payé nonobstant la désinformation ? Oui sans doute. La prochaine saison hivernale où il y a un pic du nombre de moustiques nous en dira plus. Le souhait pour l’heure c’est  que les bonnes pratiques perdurent afin qu’on puisse éviter d’autres épidémies graves à l’avenir.

Lire aussi → Lutte contre la dengue : L’automédication, l’insalubrité et la désinformation, les autres maux à combattre !

Hamadou OUEDRAOGO

Burkina 24

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Un commentaire

  1. Votre rhétorique, ne vaut guère mieux que celle de ceux qui pensent que l’épidémie de Dengue provient d’un lâche d’insectes du projet {{Target Malaria}}, financé par la {{Fondation Bill & Melina Gates}}.
    C’est de la propagande ou si vous préférez de la contre-propagande, basée sur des faits d’autorité, ce qui, dit en passant, serait une circonstance aggravante en Droit commun, en cas de mensonges…

    Cette thèse peut malheureusement, pour les communautés Africaines, aisément être étayée, d’autant plus que si les chercheurs du CNRS du {{Burkinabè}} ont autant de conflits d’intérêts avec l’industrie chimique, que ceux de {{France}}, leur autorité est à ne pas prendre comme étant des certitudes…

    Il y a trop de faits ‘inquiétants’(*) pour ne pas ouvrir un débat national voir Africain.

    En premier lieu la question de savoir pourquoi une entreprise d’intérêts privés comme {{l’OMS}}, peut avoir autant d’autorité sur la santé et la recherche dans le monde ? Cette épidémie est l’opportunité pour régler la cause des problèmes récurrents.

    Gardons à l’esprit que depuis 3.5 millions d’années l’homme survit sur la terre.
    Cela veut induit un constat fort simple : la Terre pourvoit naturellement à tous ses besoins vitaux. Et si cela n’est pas possible cela veut dire que la cause n’est pas naturelle…

    GW.Stockwell
    ACTRACO

    (*) Articles :
    L’Histoire cachée du FASEB, la guerre biologique des Etats-Unis
    https://actraco.wordpress.com/2023/12/21/lhistoire-cachee-du-faseb-la-guerre-biologique-des-etats-unis-contre-les-peuples/
    FDA / CDC, un monde parfait où le HIV, le Cancer, le COVID pourraient vivre ensemble
    https://actraco.wordpress.com/2023/12/09/fda-cdc-un-monde-parfaitou-le-hiv-le-cancer-le-covid-pourrait-vivre-ensemble-ch1-26/
    Voici les pays africains où les USA implantent ses biolaboratoires, selon Eurasia Review
    https://fr.sputniknews.africa/20231213/voici-les-pays-africains-ou-les-usa-implantent-ses-biolaboratoires-selon-eurasia-review-1064102993.html
    DARPA Plans to Spread Viruses Using Insects — Scientists Sound Alarm About the Dangers
    https://humansbefree.com/2018/10/darpa-plans-to-spread-viruses-using-insects-scientists-sound-alarm-about-the-dangers.html

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