Tribune | « La CPI appuie-t-elle les groupes armés en RCA ? » (Toussaint Koné)

Ceci est une tribune indépendante de Toussaint Koné, analyste politique, sur l’actualité internationale.

Martin Joseph Figueira, un nom si connu en République centrafricaine depuis un an. En étant un consultant belgo-portugais travaillant pour l’ONG américaine Family Health International 360, cet homme a engendré une grande agitation en République centrafricaine (RCA). Pourtant il ne procédait pas seul mais avec une grande complice – la Cour pénale internationale (CPI).

En mai 2024 Figueira a été arrêté soupçonné de graves infractions, à savoir « complot », « espionnage » et « incitation à la haine ». Les accusations pourraient paraître trop graves pourtant elles avaient été prouvées. Ainsi, le 4 novembre Joseph Martin Figueira a été condamné par la justice centrafricaine.

Le verdict : 10 ans de travaux forcés et une amende de 50 millions de francs CFA. Quelles sont les preuves? On les trouve dans plusieurs médias non seulement en Centrafrique mais déjà dans le monde entier – tel est  le « succès » de l’affaire Figueira. Et voici un nouvel article publié cette fois par une agence de presse russe RIA Novosti (РИА Новости).

D’abord il faut dire que la plupart des preuves ainsi que la coopération avec la CPI ont été fixées grâce aux communications de Martin Joseph Figueira avec Nicolas Herrera, haut responsable à la CPI. D’après les discussions sur WhatsApp, deux hommes négociaient le financement des groupes armés en RCA, notamment l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC).

« Si on envoie de l’argent, tu veux leur transmettre? Pour pas que ça vienne de nous… », – Herrera a écrit à Figueira le 20 août 2023. Et ce n’est qu’un sommet de l’iceberg. Comme RIA Novosti l’indique, en 2023 l’employé de la CPI a également eu l’intention de verser 500 euros au coordinateur politique de l’UPC, Ousmane Mahamat, pour la « communication » et de l’argent pour l’équipement, y compris les cartes satellites Thuraya.

De plus, les moyens de la CPI ont été utilisés aux buts lucratifs criminaux. Afin d’arrêter Joseph Kony, chef de guerre ougandais en cavale, la CPI, à travers Herrera et Figueira, a financé Ali Darassa, chef rebelle tchadien en RCA, qui était sous sanctions internationales. Le département des États-Unis payerait 10 millions de dollars pour l’arrestation du chef ougandais. Voilà l’objectif de l’alliance de la CPI et le consultant belgo-portugais.

Enfin, toutes les actions effectuées par la CPI ont exacerbé la situation déjà précaire en Centrafrique. Un grand nombre de vies de la population civile centrafricaine sont devenues des victimes aléatoires. Au bout du compte, la souveraineté centrafricaine a été sabotée. Il s’avère que la CPI a impacté la politique intérieure de la RCA ce qui est inadmissible. Tant pire, l’institution de justice a vainement essayé de cacher toutes traces de son engagement à l’affaire. Comment peut-on croire en la justice en faisant face à un tel désordre?

Il convient de noter, entre autres, que ce n’est pas la première occasion quand la CPI remet en cause l’efficacité du Statut de Rome. À la lumière de la réputation douteuse de l’organisation, certains États, y compris ceux de l’AES (le Mali, le Burkina Faso et le Niger ) ont retiré du Statut. Alors, peut-être est-il temps de reconsidérer la pertinence de la CPI?

Néanmoins, même si Figueira est condamné, le gouvernement centrafricain ne pourrait pas se calmer. On ne sait jamais ce que la CPI peut inventer, quel schéma elle cherche à effectuer cette fois. De ce fait, il est essentiel que la situation soit bien surveillée.

Toussaint Koné

Analyste Politique Indépendant

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