Crise au Moyen-Orient : MSC applique une surtaxe maritime qui risque de faire flamber les prix en Afrique

Le géant suisse Mediterranean Shipping Company (MSC), premier armateur mondial de transport de conteneurs, a annoncé l’application immédiate d’une « surtaxe de guerre » sur ses liaisons maritimes reliant l’Asie et le Golfe au continent africain. Cette décision, entrée en vigueur le 5 mars 2026, menace de provoquer une nouvelle flambée des prix des produits importés en Afrique de l’Ouest, renseigne Sika Finances.
La mesure frappe de plein fouet les routes commerciales stratégiques. Pour les marchandises en provenance du sous-continent indien, le supplément s’élève à 500 dollars par conteneur standard de 20 pieds (EVP) et à 1 000 dollars pour les conteneurs réfrigérés, essentiels au transport de produits alimentaires.
La situation est encore plus critique pour les flux partant des pays du Golfe. Les importateurs devront s’acquitter d’une surcharge de 2 000 dollars pour un conteneur de 20 pieds, 3 000 dollars pour un 40 pieds, et jusqu’à 4 000 dollars pour les unités frigorifiques. Ces montants s’ajoutent aux tarifs de transport déjà existants, alourdissant considérablement la facture logistique.
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Pour justifier ces tarifs exceptionnels, MSC invoque la dégradation brutale de la sécurité dans deux couloirs vitaux du commerce mondial : les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb. Ces zones, qui relient la mer Rouge au golfe d’Aden, sont actuellement le théâtre de tensions géopolitiques extrêmes.
Le climat s’est embrasé fin février 2026 après une offensive aérienne des États-Unis et d’Israël contre des installations iraniennes, opération qui aurait coûté la vie au guide suprême iranien. En représailles, Téhéran a lancé des attaques de drones et de missiles visant Israël, des bases américaines et plusieurs États du Golfe, notamment les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït et Bahreïn. Ces hostilités imposent aux navires soit un allongement des routes, soit des primes d’assurance prohibitives.
Une menace directe sur le pouvoir d’achat en Afrique
Pour les économies africaines, et particulièrement en Afrique de l’Ouest, ce renchérissement du fret est une mauvaise nouvelle. Une grande partie des biens de consommation courante, des produits alimentaires transformés et des intrants industriels est importée par conteneurs depuis l’Asie ou le Moyen-Orient.
Les experts craignent un effet de cascade : la hausse des coûts de transport est généralement répercutée par les importateurs sur les prix de vente finaux. Dans un contexte où les marchés sont déjà fragiles, cette « surtaxe de guerre » pourrait alimenter une nouvelle vague d’inflation domestique.
Ce n’est pas la première fois que MSC utilise ce levier ; l’armateur avait déjà introduit des ajustements similaires lors de la crise énergétique liée au conflit en Ukraine. Cette annonce survient alors que le groupe avait pourtant renforcé ses capacités vers l’Afrique avec le déploiement de porte-conteneurs géants pouvant transporter jusqu’à 24 000 EVP.




