Burkina Faso : Le gouvernement lance « Diaspora Bonds » pour mobiliser 125 milliards FCFA

Le ministre en charge de l’Économie, Dr Aboubacar Nacanabo, a procédé, ce mercredi 6 mai 2026 à Ouagadougou, au lancement officiel de l’emprunt obligataire dénommé «Trésor Public du Burkina Faso (TPBF) Diaspora Bonds 6,75% 2026-2031 et TPBF Diaspora Bonds 6,85% 2026-2033». Les souscriptions se font en ligne, avec un prix unitaire fixé à 10 000 FCFA par obligation.
«Diaspora Bonds TPBF 6,75% 2026-2031 et Diaspora Bonds TPBF 6,85% 2026-2033», selon le ministre de l’Économie, constitue un modèle de financement innovant. Il s’agit d’un emprunt obligataire destiné non seulement à la diaspora burkinabè, mais également aux investisseurs souhaitant contribuer à cette opération, qui permettra au Burkina Faso de mobiliser des ressources en deux tranches.
«Une première tranche de 125 milliards avec deux catégories, la catégorie A qui est d’une maturité de 5 ans et la catégorie B qui est d’une maturité de 7 ans avec les taux d’intérêt de 6,75% pour la catégorie A et 6,85% pour la catégorie B», a-t-il expliqué.

Selon le ministre Nacanabo, cette initiative représente une opportunité pour la diaspora burkinabè de contribuer au développement économique et social du pays. «Comme vous avez constaté le camarade, président du Faso a lancé des projets très importants pour le développement du Burkina.
Et nous avons senti durant toute cette période, la dynamique au niveau de la diaspora, il y a un engagement très certain mais ici, il s’agit de concrétiser cet engagement par la contribution au financement des projets importants au Burkina», a-t-il poursuivi.
À en croire le ministre de l’Économie, les souscriptions aux Diaspora Bonds permettront de financer des projets structurants, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’industrie, de l’agriculture, de l’eau et du logement.
«C’est vraiment des projets très importants pour le Burkina. Et si la diaspora souscrit non seulement, elle va rentabiliser puisqu’il y a des intérêts qui sont prévus mais également contribuer au développement économique et social du Burkina à travers ces projets importants», a-t-il ajouté.
Parrain de la cérémonie, le ministre en charge des Affaires étrangères et des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean-Marie Traoré, a souligné que Diaspora Bonds ne constitue pas un simple instrument financier. «Mais il est avant tout un acte citoyen, un acte de confiance et un acte de souveraineté économique», a-t-il déclaré.

Il a également relevé que, pendant longtemps, la diaspora a été perçue comme une simple source de transferts. «Et aujourd’hui, nous affirmons avec clarté que la diaspora burkinabè est une force stratégique de transformation nationale», a-t-il soutenu, tout en appelant les Burkinabè de l’extérieur à s’approprier cette initiative et à y souscrire massivement.
Pour sa part, Simon Tiemtoré, PDG de Vista Bank Holding, a indiqué qu’il s’agit d’une première pour le Burkina Faso, qui met en place un mécanisme structuré permettant à sa diaspora, à travers le monde, de contribuer directement et durablement au financement des projets prioritaires du pays.

«C’est un acte fort, un acte de confiance et un acte de souveraineté économique. La diaspora burkinabè constitue une richesse inestimable. Et au-delà des transferts financiers et traditionnels, elle représente un capital humain, une expertise et engagement profond envers la nation», a-t-il commenté.
Revenant sur les aspects techniques, Alexis Lourgo, de la Société burkinabè d’intermédiation financière, a précisé que les obligations de Diaspora Bonds sont liquides.

«Si vous avez besoin de l’argent, vous pouvez vendre quelques obligations pour avoir votre argent. Ce n’est pas de l’argent qui est bloqué pendant cinq ans ou 7 ans contrairement à ce qu’on peut imaginer. Donc c’est l’argent qui est liquide», a-t-il expliqué.
En rappel, les souscriptions se font en ligne via l’adresse https://www.diaspora-bond-burkina.com . Les intéressés peuvent également se rendre au siège de la Société burkinabè d’intermédiation financière pour remplir des bulletins physiques et souscrire. Au total, environ 12 500 000 obligations sont attendues, pour un montant global de 125 milliards de FCFA.
W.S
Burkina 24




