Chronique | France – Espagne : Une rencontre tenue sur et en dehors du terrain 

Avant de s’affronter sur la pelouse, la France et l’Espagne s’étaient déjà livrées une première bataille, celle des déclarations. Des promesses de victoire de Lamine Yamal aux réponses de Nico Williams, en passant par les réactions françaises après la désillusion, les micros ont raconté une autre rencontre. Mais au bout de 90 minutes au MetLife Stadium, les paroles ont laissé place au verdict du terrain : l’Espagne a parlé avec ses pieds et s’est offert une place en finale de la Coupe du monde. 

Avant même que le ballon ne roule, l’atmosphère était déjà électrique. Dans les deux camps, les messages étaient directs : personne ne voulait entrer sur la pelouse avec le moindre doute. Les conférences de presse avaient pris des allures de face-à-face avant l’heure, chacun cherchant à envoyer un signal à l’adversaire. Une bataille psychologique s’était installée, avec des petites phrases comme des coups lancés avant le premier duel.

Côté espagnol, Lamine Yamal n’avait pas choisi la prudence. Le jeune phénomène de la Roja, loin d’être impressionné par le rendez-vous, avait planté le décor : « Si la France doit avoir peur de quelqu’un, c’est de nous. Nous les avons éliminés la dernière fois. Nous n’avons pas peur d’eux. ». À seulement 18 ans, il semblait déjà avoir adopté la confiance d’un joueur qui connaît les grands rendez-vous. Il ne lui manquait presqu’un micro en main et une cape de super-héros pour compléter le tableau.

Dans la foulée, Nico Williams avait lui aussi alimenté le duel verbal. Alors que la France comptait sur Kylian Mbappé pour faire la différence, l’ailier espagnol avait choisi de mettre son partenaire au centre de la lumière : « Mbappé est un joueur formidable, mais nous avons le meilleur joueur du monde : Lamine Yamal. ».

Des déclarations qui avaient forcément animé les discussions avant le match. Les uns y voyaient de la confiance, les autres une provocation. Mais une chose était certaine : l’Espagne était arrivée avec des convictions, pas avec des complexes.

Après le coup de sifflet, les mots changent de camp

Une fois le match terminé, les sourires ont changé de visage. Du côté espagnol, Lamine Yamal pouvait savourer ses paroles d’avant-match. « J’ai tenu parole. Beaucoup doutaient de moi, mais au final, j’ai réussi », a-t-il déclaré après la qualification. Une manière de rappeler que dans le football, la meilleure réponse reste souvent celle donnée avec un ballon.

Dans le camp français, l’heure était davantage au bilan et aux regrets. Didier Deschamps, très frustré, a ouvert le débat sur l’arbitrage : « Je vais poser une question sans y répondre… Est-ce que l’arbitre a le niveau pour arbitrer une demi-finale de Coupe du Monde ? ». Une sortie qui a immédiatement alimenté les discussions.

Mais Rayan Cherki a choisi un autre chemin. Le jeune international français a reconnu les insuffisances de son équipe : « La France n’a pas joué le football qu’on connaît, l’Espagne a joué le football qu’elle connaît. ». Et concernant l’arbitrage, son analyse a été encore plus directe : « Oui, l’arbitre n’a pas été au niveau, mais il ne nous a pas enlevé de but. Si on avait été meilleurs, on aurait gagné. ».

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Kylian Mbappé, lui aussi, n’a pas cherché à fuir la réalité : « Quand tu ne fais pas ce que tu es censé faire dans une demi-finale de Coupe du Monde, tu ne peux pas gagner. ».

Au final, France-Espagne aura été un choc en deux actes. Le premier s’est joué dans les conférences de presse, avec des phrases fortes et des promesses. Le second s’est joué sur le terrain, où l’Espagne a confirmé ses paroles en s’imposant 2-0 .

Comme l’avait annoncé Lamine Yamal : « On peut parler avant le match, mais sur le terrain, nous laissons toujours parler notre football. ». Et cette fois, c’est la Roja qui a eu le dernier mot.

Namwin-Kièlè Christopher SOMDA (Stagiaire)

Burkina 24

Rédaction B24

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