Chronique I Football : Le Mondial dont nous étions les héros… le temps d’un rêve !

Nous sommes le 15 juillet 2026, il est 18 heures et 47 minutes. Dans treize minutes, le Burkina Faso affronte l’Argentine de Lionel Messi en demi-finale de la Coupe du monde 2026.

Étrangement, Ouagadougou semble avoir changé de rythme. Les rues se vident plus tôt que d’habitude. Dans les espaces publics, dans les familles, les téléviseurs sont déjà allumés.

Les jeunes portent fièrement le maillot des Étalons, les plus anciens s’installent bien avant le coup d’envoi, comme pour ne rien manquer d’un rendez-vous avec l’histoire. À Bobo-Dioulasso, à Fada, à Ouahigouya, à Gaoua, à Dori, dans les villages comme dans la diaspora, en Afrique, un seul sujet anime les conversations.

Personne ne veut manquer le choc historique Burkina Faso – Argentine. Sur les champs d’opération là où les Forces combattantes veillent à la défense de la patrie, le rendez-vous est également attendu avec ferveur.

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Je regarde l’heure, il est 18 heures et 55 minutes. Les réseaux sociaux explosent. Les messages affluent de partout : « Allez les Étalons ! » Les drapeaux flottent de partout, les klaxons résonnent déjà alors que le match n’a même pas commencé. Même ceux qui prétendaient ne jamais aimer le football cherchent maintenant un écran pour suivre ce moment historique pour le pays des Hommes intègres et l’Afrique.

De toutes les façons, Hugues Fabrice Zango et Iron Biby ont déjà rappelé au monde que le Burkina savait produire des champions. Nous avons été champions du monde en log lift avec Iron Biby. Nous avons été champions du monde au triple saut avec Hugues Fabrice Zango.

Alors pourquoi le football devrait-il se contenter d’applaudir les exploits des autres ? Pourquoi les Étalons ne pourraient-ils pas, eux aussi, écrire leur nom au sommet de la planète ?

Je souris, après tout, et si les Étalons éliminaient l’Argentine ce soir ?

J’imagine déjà les scènes de joie. Les motos envahissant les grandes artères, les drapeaux flottant jusque tard dans la nuit, les inconnus qui se prennent dans les bras comme s’ils étaient de la même famille. Les chants, les klaxons, les larmes de bonheur et bien d’autres, le Burkina entier transformé en une immense tribune. Et sur les différentes zones d’opération les forces combattantes pourraient elles aussi partager ces moments de communion avec fierté. Ce rêve pourrait rapporter bien plus qu’un trophée.

Une qualification à une Coupe du monde représente aujourd’hui plusieurs milliards de francs CFA entre les primes de participation, les retombées commerciales, les droits marketing et les partenariats. Cet argent pourrait changer le visage de notre sport.

Construire des académies modernes dans les régions, rénover nos stades, révolutionner notre championnat, mieux former les entraîneurs, accompagner les petites catégories, développer la médecine du sport, offrir de meilleures conditions aux acteurs sportifs.

Un mondial, ça ne s’improvise pas, ça se prépare

Car un Mondial ne se construit pas pendant les éliminatoires. Il se construit des années plus tôt, dans les écoles de football, dans une gouvernance visionnaire, dans des infrastructures de qualité et dans des choix qui privilégient l’avenir plutôt que l’urgence.

On nous répète souvent qu’il faut d’abord gagner une Coupe d’Afrique des Nations (CAN) avant de rêver pour le Mondial. Mais après tout, devenir champion du monde avant de soulever une CAN serait certainement historique pour le Burkina Faso et pour le monde du football.

Soudain mon téléphone vibre, une notification apparaît. « Demi-finales de la Coupe du Monde 2026 : France – Espagne à suivre Mardi 14 juillet à 19h et Argentine – Angleterre, ce mercredi à 19 heures. ».

Je relève doucement la tête. Le Burkina Faso n’y est pas et il n’y était même pas. Tout ce que je viens de vivre n’était qu’un voyage de mon imagination. Il faudra attendre encore quatre ans pour espérer vivre ce rêve. Mais quatre ans, c’est un délai pour bâtir, corriger, investir et préparer sérieusement ce rendez-vous avec l’histoire.

Namwin-Kièlè Christopher SOMDA (Stagiaire)

Burkina 24

Rédaction B24

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