Colombie : Gustavo Petro affirme avoir échappé à une tentative d’assassinat

Le climat politique se tend en Colombie à l’approche des élections législatives du 8 mars 2026 et de la présidentielle prévue le 31 mai 2026. Mardi 10 février 2026, le président Gustavo Petro a affirmé avoir échappé à une tentative d’assassinat, le jour même où la sénatrice Aida Quilcué a été brièvement enlevée dans le sud-ouest du pays. 

Lors d’un conseil des ministres retransmis en direct, le chef de l’État a révélé que l’hélicoptère qui le transportait la veille dans le département de Cordoba, sur la côte caraïbe, n’avait pas pu atterrir comme prévu. Selon lui, son équipe de sécurité redoutait une attaque armée contre l’appareil.

« Nous avons pris le large pendant quatre heures et je suis arrivé là où cela n’était pas prévu, fuyant pour qu’on ne me tue pas », a déclaré Gustavo Petro. Le président, au pouvoir depuis 2022, affirme depuis plusieurs mois être la cible de narcotrafiquants. Il avait déjà évoqué une tentative similaire en 2024.

Une sénatrice kidnappée puis libérée

Quelques heures plus tôt, la sénatrice Aida Quilcué, 53 ans, figure du peuple autochtone nasa et militante des droits humains, avait été brièvement enlevée dans le département du Cauca, une région stratégique marquée par la culture de la coca et la présence de dissidences des Farc.

Son véhicule, retrouvé abandonné sur une route, avait déclenché l’alerte. Selon son équipe, un groupe d’indigènes a permis sa libération. Des images diffusées par l’armée montrent la parlementaire montant à bord d’un véhicule blindé de l’unité anti-enlèvements.

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En larmes mais saine et sauve, elle a déclaré « Je vais bien ». À son arrivée à Popayán, elle a expliqué à l’AFP que « plusieurs hommes armés » avaient intercepté le 4×4 dans lequel elle circulait avec ses gardes du corps. Les ravisseurs auraient pris la fuite en constatant l’arrivée d’indigènes venus à sa recherche.

Violence électorale et narcotrafic

À l’approche des scrutins, les menaces contre responsables politiques, candidats et leaders sociaux se multiplient. Plusieurs régions du pays restent sous l’influence de groupes armés liés au narcotrafic, qui cherchent à peser sur le processus électoral.

La Mission d’observation électorale alerte sur des centaines de municipalités exposées à la violence politique. Jeudi 5 février 2026 encore, des hommes armés ont attaqué le convoi d’un sénateur dans la région d’Arauca, tuant deux gardes du corps.

L’assassinat en août 2025 du candidat de droite Miguel Uribe à Bogota a ravivé le spectre des années 1980 et 1990, marquées par une vague d’éliminations politiques attribuées aux narcotrafiquants, aux paramilitaires et à certains éléments des forces armées.

Sous pression internationale et engagé dans une lutte renforcée contre les cartels et les dissidences armées, Gustavo Petro quitte bientôt le pouvoir dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes.

Source : swiss info

Rédaction B24

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