Vidéo-verbalisation : Une nouvelle arme contre l’incivisme routier au Burkina Faso

Le Burkina Faso entre dans une nouvelle ère en matière de contrôle routier. Le ministre en charge de la Sécurité, le commissaire divisionnaire de police Mahamadou Sana, a procédé au lancement de la phase pilote de la vidéo-verbalisation.
Le Burkina Faso expérimente la vidéo-verbalisation. Cette innovation vise à lutter contre l’insécurité et l’incivisme routiers, notamment le non-respect de la signalisation lumineuse (feux tricolores), les changements de direction sans indication préalable, le dépassement de la vitesse maximale autorisée, le non-respect du sens de circulation, le non-port de la ceinture de sécurité ou du casque, l’usage du téléphone mobile au volant, ainsi que le rabattement prématuré après un dépassement.
Une fois l’infraction constatée et traitée, un message est envoyé au propriétaire du véhicule, accompagné de l’amende à régler via la plateforme Faso Azerka. Dans un premier temps, seuls les véhicules sont concernés. Toutefois, les techniciens travaillent à intégrer les engins à deux roues dans le dispositif.
Lire également👉eContravention : Une solution burkinabè pour en finir avec la corruption sur la route !
La phase pilote couvre actuellement la ville de Ouagadougou, avant une extension progressive à l’ensemble du territoire national. Cette technologie vise également à renforcer les recettes de l’État. Selon les estimations, elle pourrait permettre de mobiliser plus de 50 millions de FCFA par jour.
Le ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire Mahamadou Sana, a indiqué que l’objectif est d’intégrer la technologie dans les méthodes de travail afin de lutter “farouchement” contre l’insécurité et l’incivisme routiers.
“Désormais, ça serait les cameras qui vont pouvoir constater les infractions, générer les contreventions et envoyer des messages en termes de paiement des amandes liées à ces contreventions. Il n’y aura plus de tracasseries sur nos voies publiques, ça veut dire qu’il n’y aura plus de débats entre l’agent de police et le contrevenant”, a-t-il expliqué.

Il a poursuivi en affirmant que cette innovation mettra fin aux débats entre les agents de police et les usagers sur les infractions commises. “Tout cela est fini parce que ce qui a été proposé présente les preuves de l’infractions, et il n’y a de discussions autour de cela”, a-t-il déclaré.
La mise en place de ce dispositif vise aussi à mobiliser des ressources pour les caisses de l’État, selon le ministre de la Sécurité.
“La sécurité consomme assez de ressources, il faut que nous réfléchissions aussi par notre manière de travailler, comment, nous mobilisons les ressources pour renflouer aussi les caisses de l’État. Et à travers cette démonstration, vous avez vu qu’en une seule journée, l’outil a généré près de 49 millions en termes de collectes d’amandes liées aux infractions routières”, a-t-il notifié.
Lire aussi 👉Constats d’accidents au Burkina Faso : Bientôt la fin des longues heures d’attentes, grâce aux drones
Le ministre de la Sécurité a fait savoir qu’à l’issue de la phase pilote, qui concerne uniquement Ouagadougou, cette technologie pourra être étendue à travers les autres grandes villes du pays, puis à l’ensemble du réseau routier.
“Je tiens à rassurer que notre ambition ici c’est d’étendre cette technologie sur l’ensemble du territoire national, et non seulement au niveau des centres urbains mais également sur les grands axes”, a-t-il confié.

Le directeur général des transmissions et de l’informatique, le commissaire principal de police Zakaria Hebié, a affirmé que cette nouvelle solution vient compléter et s’intégrer à la plateforme e-Contravention. Elle repose sur une infrastructure technologique de pointe, déployée dans le cadre de la phase 1 du projet Smart Burkina Faso.
“Grâce à des caméras haute définition et des algorithmes de détection intelligents, le système permet une lecture précise des plaques d’immatriculation et une identification formelle des infractions en temps réel, une identification du propriétaire de l’engin, une communication des informations à la plateforme e-contravention qui génère la contravention et envoie une notification par sms au propriétaire”, a-t-il renseigné.

Selon lui, la force de ce dispositif réside dans son interopérabilité. Le système, a-t-il expliqué, est conçu pour communiquer de manière fluide et sécurisée avec les bases de données d’immatriculation de la DGTTM, la plateforme E-contravention et la plateforme Faso Azerka.
“Nous testons aujourd’hui une phase pilote. D’aucun pourrait se demander pourquoi une phase pilote ? En effet, l’innovation réussie est celle qui s’adapte aux réalités du terrain et aux besoins des utilisateurs.
Ainsi, durant les prochains mois, nous allons tester la robustesse de nos équipements, affiner nos procédures opérationnelles, capitaliser les retours d’expérience des agents et des usagers. Cette période sera également marquée par un fort volet pédagogique consistant à faciliter la compréhension et l’acceptation de ce dispositif par l’ensemble des parties prenantes”, a-t-il appuyé.
En rappel, en 2023, le ministère de la Sécurité a lancé la digitalisation de la gestion des contraventions avec la mise en place de la plateforme e-Contravention, un dispositif toujours opérationnel.
W.S
Burkina 24




