Monnaie unique de la CEDEAO: l’engagement des Etats face à la politique néocolonialiste

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Depuis plusieurs années l’on ne cesse de parler et de plus en plus de la création d’une monnaie unique au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui permettrait à la sous région d’amorcer une nouvelle virée économique, monétaire et sociale en vue d’asseoir une certaine stabilité financière.

Des accords ont été signés dans ce sens à Dakar au Sénégal au cours du sommet des Chefs d’Etats et de gouvernements de la communauté tenu le 25 et 25 octobre 2013, pour l’émission prochaine de la monnaie unique.

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La mise en place de cette monnaie est très chère aux 15 Etats membres qui entendent s’accorder plus d’indépendance vis-à-vis de l’ex-colon, et du même coup, mettre définitivement leur zone sur la voie du développement par l’intégration monétaire et la consolidation des économies ouest-africaines.

La fin du franc CFA (Communauté Financière Africaine, anciennement appelée Colonies Françaises d’Afrique à sa création en 1945) en est une des conséquences voir un objectif de ces Etats  soucieux de s’affranchir financièrement de la France principalement.

Et les milliards d’euros de la métropole 

Selon des analystes, le CFA actuel  basé sur la centralisation des réserves de change au Trésor public français dépouille les Etats africains concernés de leurs recettes pour approvisionner les comptes d’opérations au Trésor public français.

C’est donc au passage que la France rémunère les banques centrales en intérêts, tout en se servant considérablement par des placements privés, les bénéfices se chiffrant à coût de milliards d’euros sur la durée. Un état de fait qualifié d’escroquerie morale et financière à laquelle il est nécessaire de mettre un terme.

Au delà de la volonté des Etats de mettre fin à ce néocolonialisme  politico-financière, il reste que des obstacles énormes émergent sur le chemin. Les diversités linguistique, historique, politique et géostratégique des membres ne facilitera pas la mise en place et en route de cette monnaie unique.

Tout compte fait, cette difficulté peut être surmontée avec une volonté affichée et un esprit citoyen renforcé. L’autre menace, plus coriace, est la politique colonialiste et de domination et même de dominance de la super puissance occidentale, qui aussi tire sa puissance en partie  de cette politique. Et il n’est exclu que les Etats d’Afrique centrale veuille suivre le pas avec leur CFA.

Vaincre la dépendance

Face à la volonté de créer un marché commun très fort et vaincre la dépendance, émergent deux intérêts antagonistes originels, usés par le temps, fortifié par l’histoire et difficilement conciliables au regard de l’évolution des consciences d’une génération nouvelle, visionnaire et plus soucieuse de l’avenir que des acquis.

Les embûches sont d’autant plus considérables qu’une date n’est pas fixée. Annoncée pour 2000, la mise en place de la monnaie unique de la CEDEAO a été repoussée en 2015, puis en 2020, et enfin on ne sait plus quand.

Les pesanteurs entre autres, la volonté de conservation du pouvoir par certains chefs d’états par l’indispensable onction occidentale, la mauvaise perception de la concurrence qui sera faite au dollar et à l’euro, planent comme une épée de Damoclès sur ce rêve monétaire historique.

L’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO) et l’Institut monétaire de l’Afrique de l’Ouest  (IMAO) chargés d’accompagner la mise en place de la monnaie pourront-ils surmonter les difficultés ? L’interrogation demeure entière face à la détermination des chefs d’Etats membres de la CEDEAO.

Boureima LANKOANDE

Pour Burkina24 

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12 commentaires

  1. Il n’y a pas un seul de nos dirigeants ou intellectuel qui aime et veut voir la naissance de cette monnaie salvatrice.ils n’aiment pas l?Afrique ces gens l?. seulement c’est pour nous mettre l’eau ? la bouche, c’est tout. imaginons l?Afrique toute enti?re avec une seule monnaie. nous serions la 1?re puissance mondiale. prions Dieu et ?a va arriver, le chemin est plein de pi?ges mais on arrivera ? bon port.

  2. HARO SUR NOS DIRIGEANTS! L'esclave qui ne peut pas assumer sa r?volte m?rite ses cha?nes! Pauvres Afri(cons)..! Depuis la traite n?gri?re jusqu'? ce joug des temps nouveaux, nous croyons pouvoir nous en sortir…Nous avons tout! LES RESSOURCES HUMAINES ET NATURELLES, LA MATIERE GRISE… Mais, il nous manque l'essentiel: LA VOLONTE DE NOUS AFFRANCHIR ET LA CONFIANCE EN NOUS-M?ME. Si un pays peut battre sa propre monnaie (Bravo au Ghana, ? la Mauritanie surtout qui a eu le courage de rompre les amarres avec ce syst?me d'asservissement en quittant la b?tise du CFA), pourquoi plusieurs pays ne peuvent pas. Donc, il faut qu'un peuple plus malin nous oblige ? partager une monnaie commune? Et l'EURO, alors, n'est-ce pas un exemple?

  3. S’il y a des pressions c’est parce qu’ils sont sur la bonne voie! alors qu’ils laissent le pouvoir politique au paysans qui ont de cran et de dignit?. Ceux l? qu’on a appel? abusivement les intellectuels et qui ont toujours dirig? nos pays depuis l’ind?pendance n’ont fait que du tord ? leurs pays en les pillant de ses ressources et en se prostituant ? l’occident! Quand vous n’avez aucune dignit?, vous ne pouvez pas ?tre consid?r? comme intellectuel mais dipl?m

  4. Cette monnaie est ? mettre en circulation. Que veulent finalement nos chefs d’?tat? L’exemple est ? prendre sur 2iE qui n’est qu’une farce car le DG actuel ne connait que ses int?r?ts et non l’int?r?t d’une future ?lite.

  5. Bien dit Sidiki.Mais ils ne savent pas les bnes decisions,ils st meilleurs ds les mauvaises.Je suis septique.

  6. QUESTION PLUS POLITIQUE QUE TOUT AUTRE. SI CEUX QUI ONT DECIDE DE CELA Y TIENNENT COUT QUE COUT ET AU DELA DE TOUTE AUTRE CHOSE; EN MOINS DE CINQ ANS CETTE MONNAIE EXISTERA. SINON IL FAUDRA ATTENDRE 100 ANS APRES NOS INDEPENDANCES OU QUE LE BLANC JUGE DE NOUS LE DONNER POUR QUE L’ON AIT

  7. je vous dis que cela serait un ?chec tant que les sangsues s’accrocheront au pouvoir

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