A Ouahigouya, l’association ARCAN sensibilise au civisme par le dessin et le graffiti

Au coeur de la ville de Ouahigouya se dresse le mur imposant de la Maison d’arret et de correction. Un mur bardé de dessins et de graffiti qui attire les regards. A l’occasion de la visite de l’ambassadeur américain dans la région du Nord, Burkina 24 a rencontré le directeur de l’association ARCAN, Germain Ouédraogo, l’association à l’origine de ce projet dont le but premier est de sensibiliser au civisme, à la paix sociale, à la tolérance et à la cohésion sociale. Dans cette interview réalisée au cours de la visite guidée des oeuvres, il explique l’initiative et la genèse de ce projet qui a bénéficié de l’appui du projet américain PDEVII.

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Germain Ouédraogo, directeur de l'Association ARCAN. Crédit photo: Burkina 24
Germain Ouédraogo, directeur de l’Association ARCAN. Crédit photo: Burkina 24

Dites-nous c’est quoi ce projet de dessins sur le mur de la MACO?

Les dessins sur les murs de la MACO sont l’expression des jeunes de la commune de Ouahigouya pour interpeller les gens et sensibiliser aussi sur le civisme, la citoyenneté, la paix sociale, et la tolérance. Donc les dessins, font partie d’un projet de formation des jeunes de la commune sur ces thématiques et les jeunes ont traduit leur ressenti sous forme de dessins que nous avons reproduit sur les murs de la MACO et cela permet également d’embellir la ville.

Comment en êtes-vous venu à faire un projet pareil?

L’idée est venue de l’association ARCAN parce que nous avons fait le constat que les graffiti sur les murs manquent à Ouahigouya. L’idée est née aussi de la volonté de traduire un peu le ressenti sous forme de dessins, de graffitis, parce que nous sommes une association culturelle qui menons le plus souvent des activités de sensibilisation. Alors, nous nous sommes dit qu’en utilisant les dessins, nous pouvons  interpeler et sensibiliser.

Sur quoi porte la sensibilisation, et peut-on parler d’art militant ?

La sensibilisation porte sur la nécessité de préserver la paix sociale. Parce que pour nous c’est très important. On peut considérer que c’est de l’art militant parce que lors des manifestations de 2011, nous avons été victime collatérale des casses des élèves, notamment sur un de nos projets qui a été confondu à un édifice public. Nous avons fait les frais de la furie des élèves à l’époque. Apres, nous nous sommes demandé ce que nous faisons pour amener les jeunes à mesurer tous le problème qu’il y a dans la violence et à en mesurer toutes les conséquences.

Qui sont les artistes qui ont réalisé ces peintures?

Les artistes qui font ces peintures sont d’abord des professionnels, calligraphes, dessinateurs de Ouahigouya qui ont déjà une expérience de partenariat avec l’association ARCAN, mais aussi il y a des jeunes amateurs qui ont fait tout le parcours de formation avec nous, et qui profitent de la reproduction des dessins pour apprendre auprès de ces professionnels.

Vous avez bénéficié de l’appui du projet PDEV II, notamment un prix. Parlez-nous de cela.

Le projet PDEV II a initié un appel à candidature pour sélectionner un projet innovateur, qui puisse apporter un plus dans la résilience face à l’extrémisme violent dans la ville de Ouahigouya. C’était en 2013, et c’est à ce titre que nous avons soumis ce projet d’appui aux activités de promotion de dialogue social au profit des jeunes dans la commune de Ouahigouya. Donc le prix, c’est juste pouvoir réaliser les formations, mais aussi faire la reproduction des dessins sur le mur.

Quand avez-vous commencé ce projet et pourquoi avez-vous choisi de commencer par le mur de la MACO ?

Nous avons commencé ce projet en mars, et c’est pratiquement en Avril que nous avons réalisé les différentes séances de formation qui ont abouti à la production de dessins que vous voyez sur le mur. Nous avons choisi le mur de a MACO parce qu’il est physiquement imposant et nous pensons qu’il peut être amélioré. En plus, l’imaginaire populaire a un regard sur la maison d’arrêt et de correction qui est un environnement que les gens n’aimeraient pas côtoyer. Nous nous sommes dit qu’en essayant d’embellir cet espace, cela changerait le regard des gens. Cela permettrait aussi de rapprocher l’institution judiciaire du justiciable. Cela permettrait aussi, de façon générale, d’embellir la ville de Ouahigouya qui n’a pas d’espaces comme ce mur où on voit des dessins.

Parlez-nous en quelques mots de l’Association ARCAN à l’initiative de ce projet et de votre rôle au sein de cette association
ARCAN c’est l’association Agence pour la Relance Culturelle et Artistique dans le Nord. C’est une association de jeunesse à vocation culturelle. J’en suis le directeur. A ce titre, je coordonne les actions de l’association qui sont pour la plupart des actions de sensibilisation, formation, conseil et appui des jeunes, mais aussi des activités de promotion de la culture, d’accompagnement des artistes.

Propos recueillis par Justin Yarga
Retranscrits par Mouniratou Lougué
 
Un tour virtuel du mur de la MACO, bardé de dessins et graffiti.
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Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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