Mémoires de deux Martyrs de l’Insurrection populaire d’Octobre : S’agit-il d’une erreur ?

Idrissa Diarra écrit sur deux martyrs sur lesquels il note des coïncidences. 

Il arrive à chacun – même si c’est rare -, de rencontrer une autre personne née à  la même date que soi, notamment les jumeaux. En revanche, il n’arrive jamais à une personne, de faire le constat de sa propre date de décès… Les ressuscités feraient la rarissime exception. Mais là encore, il s’agirait de report pour une seconde mort, mieux, d’une deuxième vie obtenue par grâce divine. Aussi, rarissimes sont ceux qui naissent et meurent exactement aux mêmes dates, dans une même localité, dans le même statut professionnel et matrimonial !

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Il revient aux vivants – actuels locataires de la planète Terre – ou survivants de l’après Octobre 2014 que nous sommes, ce devoir de revendiquer d’une part, une mémoire saine, exempte de souillure et de contre-vérité et d’autre part, la justice et un hommage digne pour nos concitoyens tombés consécutivement à l’Insurrection populaire. Un devoir de revendication à exercer avec la force, l’ardeur et l’intransigeance dignes de personnes se sentant personnellement concernée au premier plan ! N’est-ce pas que nous sommes nombreux à être sains et saufs à l’issue de cette aventure, juste par coup de chance ? Qui n’a pas côtoyé des balles réelles, même dans son dernier retranchement ? A quand donc la lumière et la justice réelle pour nos Martyrs – concitoyens, sœurs, frères, filles et fils?

Ce ne sont pas les supports qui manquent à cet effet. Amnesty International, le MBDHP, et la Croix Rouge disposent de pièces rapportant différents témoignages accablants et utiles pour que la République fasse toute la lumière, pour nous permettre de décider de façon responsable, de ce dont on doit décider ! Où sont passés nos OSC, habituellement activistes sur ce terrain ? Pourquoi beaucoup d’entre elles demeurent-elles si muettes sur ce sujet ? Les représentants d’OSC présents dans les organes de la transition – CNT, Gouvernement et CNRE – sont hautement attendus sur ce terrain. Il est attendu d’eux, de donner de la voix claironnante, pour rassurer le vaillant peuple burkinabè, qu’ils ont pour certains, contribué à mobiliser.

Aussi, le Pacte national pour le renouveau de la justice signé par le Gouvernement de la Transition et différents acteurs, dispose-t-elle ici d’une matière à débattre, suffisamment pertinente, pour jauger ses propres limites, pertinence et efficacité.

En attendant de trouver des réponses à ces préoccupations, mettons le doigt sur une coïncidence aussi singulière que curieuse, qu’on ne saurait taire. Par voie de presse de différents organes (Le Quotidien n° 1375 du lundi 1er juin 2015, p. 18 ; L’Observateur Paalga n° 8881, p. 4 du 1er juin 2015 ; Lefaso.net, rubrique politique du 1er juin 2015, etc.) chacun peut constater que les Martyrs, récemment nommés, Bouda Bertrand Wendpuiré et Derra Issaka, inscrits dans le Panthéon des Martyrs de la Révolution, sont présentés comme récemment des élèves, célibataires, et comble du DESTIN – s’il y a lieu -, comme nés à la même date , à savoir, le 11 décembre 1999, date anniversaire de la Proclamation de la République burkinabè, et également décédés à une même date le 30 octobre 2014 !

Et comme par coïncidence double, c’est en 2013 à Dori, à cette date anniversaire de la Proclamation de la République, fête de l’Indépendance nationale, que Blaise Compaoré fit monter la tension sociale d’un cran considérable, en dévoilant son projet macabre d’organiser un référendum autour de la modification de l’article 37 de notre Constitution.

« Copier-coller qui ne colle pas » ? Erreur de saisie involontaire de ces attributs des deux Martyrs ? S’agissant d’erreurs, seraient-elles circonscrites à ce point seulement ? Coïncidence singulière de deux DESTINS humains en fusion quasi-totale avec le DESTIN de la NATION,  interpellant notre attention ? Dans tous les cas, ces questions restent saisissantes et exigent une vérification prudente et un éclairage de l’opinion publique sans tarder, pour une mémoire saine et véridique de l’Insurrection populaire d’Octobre 2014 et des vaillants et honorables Martyrs du Faso démocratique.

Koudougou, le 03 juin 2015.

Lire aussi : Issa Sama : « affronte ta mort », ou hommage aux Héros de la justice, de la liberté et de la démocratie au Burkina

Idrissa Diarra

Secrétaire exécutif du Mouvement de la
Génération Consciente du Faso (MGC/Faso).
Mobile : (+226) 66 95 04 90
Courriel : [email protected]

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