Législatives: La Mission de l’Union européenne regrette l’intérêt «limité » des électeurs

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La Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE UE) au Burkina a livré ses éléments d’observation du processus électoral comme prévu ce mardi 1er décembre 2015. La mission a salué la sérénité et le calme dans lesquels se sont déroulées les élections, félicite la Commission nationale électorale indépendante (CENI) pour la réussite du processus, mais elle déplore le manque d’engouement autour des élections législatives, et les carences de la législation en matière électorale, notamment  la non application du quota genre et le financement de campagne. C’était au cours d’une conférence de presse organisée à cet effet.

L’Union européenne a déployé  ses 124 observateurs sur le terrain avant, pendant et après les élections du 29 novembre dernier. La mission d’observation a d’abord félicité les candidats qui ont d’ores et déjà accepté les résultats proclamés par la CENI dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre.

La MOE UE félicite également la CENI pour l’organisation « efficace » des élections surtout la publication des résultats le lendemain de l’élection présidentielle. La MOE UE encourage ainsi la CENI et l’invite à publier en ligne l’ensemble des procès-verbaux en vue de garantir une transparence « optimale » du processus.

Manque d’engouement autour des législatives

Mais en ce qui ce qui concerne le déroulement de la campagne électorale, le manque d’engouement autour des élections législatives. « Nous avons constaté que l’élection présidentielle à largement dominé le débat pendant la campagne électorale. En tant que délégation parlementaire, nous regrettons cependant l’intérêt plus limité des électeurs et des médias à l’égard des élections législatives.

La constitution de la nouvelle assemblée nationale est un enjeu important qui devait susciter tout l’intérêt qu’elle mérite. Le prochain parlement aura une responsabilité importante pour élaborer une législation électorale plus cohérente, toujours respectueuse des principes de la démocratie et défendant les droits de l’homme », a dit Norica Nicolai, chef de la délégation du parlement européen et membre de la mission.

L’accès au financement public de l’Etat est aussi décrié par la MOE UE.  « Tous les candidats ont pu battre campagne, mais nous avons pu observer une disproportion des moyens entre les candidats », a dit Cécile Kyenge, chef de la mission. La MOE déplore ainsi le retard dans la réception des financements publics.

« L’absence de règlementation hors financement publique affecte la transparence du financement des partis et de la campagne électorale », a déclaré Mme Kyenge qui souhaite une réforme « urgente » afin de combler ce vide juridique.  Cécile Kyenge a déclaré que cette carence législative a particulièrement pénalisé les partis de l’ex-majorité qui avaient déjà subi le gel des avoirs.

Faible représentation féminine

Cécile Kyenge s’est dit personnellement concerné par la sous-représentation des femmes dans la vie politique burkinabè. Elle s’étonne ainsi que contrairement aux dispositions de la loi électorale, la CENI ait validé 101 listes qui ne comportaient aucune femme.

Norica Nicolai a elle aussi déploré ce manquement. Elle encourage ainsi la CENI à miser davantage sur le potentiel des femmes et des jeunes au cours des futures élections. Norica Nicolai entrevoit un renforcement de la collaboration avec la future assemblée nationale burkinabè.

La non-participation des Burkinabè de l’étranger et de la candidate Sara Séré/Sérémé au scrutin s’est invitée dans les échanges. Prenant l’exemple de son pays qu’est l’Italie, Tommaso Caprioglio, chef observateur adjoint a déclaré que le vote de ses compatriotes de l’étranger pour la première fois en 2006 s’est avéré être une catastrophe. « On pourrait penser que plus le scrutin est inclusif, plus tout le monde est satisfait. Mais vous savez aussi que l’organisation du vote à l’étranger est toujours un exercice complexe », a dit T. Caprioglio.

Pour ce qui est de la candidate à la présidentielle, Tommaso Caprioglio a trouvé dommage que parmi tout ce qui a été volé, figure la carte d’électeur. « Au moins les cambrioleurs auraient pu laisser la carte d’électeur (rires dans la salle) pour permettre à la candidate à la présidentielle d’exercer son droit citoyen. Je comprends aussi techniquement la CENI. Il y a des règles, il faut les respecter. J’espère que Mme Sérémé aura la possibilité de voter lors des prochaines élections et je lui souhaite cela (rires dans la salle) », a conclu Tommaso Caprioglio.

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Burkina24

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