Révision constitutionnelle: Ce n’est pas la priorité des Burkinabè

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Le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) a remis au président de la commission constitutionnelle ce lundi 07 novembre 2016 les résultats d’une enquête sur les attentes de citoyens burkinabè réalisée dans le cadre de l’évaluation du programme présidentiel par le biais de la plateforme presimetre.bf. Il ressort que le projet de modification constitutionnelle n’est pas la préoccupation première de l’heure des personnes sondées, mais plutôt la situation économique « morose » et la soif de justice.

Pour découvrir « quelles sont les priorités que les citoyens burkinabè veulent voir inscrire sur l’agenda des réformes constitutionnelles », le CGD et ses partenaires de l’ONG Diakonia, de la Convention des organisations de la société civile pour l’observation des élections (CODEL) et de CDD-West Africa ont procédé à un sondage dans les 13 régions du pays. Thomas Ouédraogo, directeur exécutif du CGD a indiqué dans son propos que la société civile entend influencer « positivement» le processus d’élaboration d’une nouvelle constitution au-delà de la symbolique.

Les résultats ont été remis à Me Halidou Ouédraogo, président de la commission constitutionnelle. « La constitution étant la loi fondamentale, a-t-il dit, le contrat social par excellence que les Burkinabè seront appelés à passer pour le vivre ensemble il  serait insuffisant d’en conduire l’écriture dans une dynamique du haut vers le bas ou uniquement par des experts ».

Se référant à Ismaël Mahomed, ancien juge en chef sud-africain et membre de la Cour suprême de Namibie, le directeur exécutif du CGD a ajouté qu’une Constitution  n’est pas moins qu’un « miroir fléchissant l’âme nationale ». Pour qu’il en soit ainsi au Burkina, il a indiqué que le processus au moyen duquel elle est élaborée et adoptée revêt une « grande » importance.

Des résultats de l’enquête

La synthèse a été faite par le Pr Serge Théophile Balima. Il ressort que « l’opinion publique est impatiente de consommer la rupture d’avec les méthodes et pratiques des dirigeants déchus » et que « les citoyens sont davantage préoccupés par la situation socio-économique encore morose et par la soif de justice »

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En ce qui concerne les conditions d’éligibilité au poste de Président du Faso, avant de prétendre à la magistrature suprême, les personnes interrogées ont exprimé le désir d’avoir un Président qui a d’abord « été un élu ». Il ressort également de l’enquête que les citoyens veulent des députés et des conseillers municipaux avec « un niveau intellectuel permettant d’exercer de façon lucide » leur mandat, des maires élus au suffrage universel et une limitation du mandat des députés « pour favoriser le renouvellement de la classe politique ».

« Suppression du multipartisme intégral »

Les citoyens interviewés ne se sont pas exprimés que sur le mandat des élus du peuple. Le nombre élevé des partis politiques aussi. Ainsi, ils souhaitent la « suppression du multipartisme intégral » par la réduction de leur nombre.

La question du quota genre est également ressortie dans les préoccupations des interviewés. Selon les résultats de l’enquête, ils proposent de « constitutionnaliser prudemment le genre pour éviter la médiocratie ».

La commission constitutionnelle a été installée le 29 septembre 2016 par le chef de l’Etat avec pour but de faire une proposition d’avant-projet de loi en 60 jours. Son président, Me Halidou Ouédraogo a déclaré que son moral ainsi que celui des membres de la commission constitutionnelle sont « solides comme du roc ». Il s’est donné « deux semaines tout au plus » pour présenter au Chef de l’Etat un avant-projet de loi.

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Burkina24

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