Hémicycle : Le CDP dénonce la mauvaise participation des députés aux débats

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Le groupe parlementaire Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), de l’Opposition parlementaire, a affirmé qu’au cours de la première session ordinaire de l’année 2018, « l’Assemblée nationale a semblé être l’ombre d’elle-même au niveau de son fonctionnement » à telle enseigne qu’elle « se comporte comme une simple caisse de résonance de l’Exécutif ». C’est ce qu’a indiqué Alphonse K. Nombré, vice-président du groupe parlementaire, le mercredi 6 juin 2018 à Ouagadougou.

La première session ordinaire de l’année 2018 a ouvert ses portes le 7 mars et a été clôturée le 4 juin 2018. Fidèles à la tradition, les différents groupes parlementaires feront le bilan de leur participation à la session. Ce que le groupe parlementaire CDP a fait ce 6 juin 2018 à Ouagadougou. Ainsi, durant ces trois mois, l’Assemblée nationale a examiné et voté 27 projets de loi dont 12 autorisations de ratification, un projet de loi organique et deux résolutions.

Des loi adoptées, certains ont retenu l’attention du groupe parlementaire à savoir la loi portant ratification de la convention d’entraide judiciaire entre le gouvernement du Burkina Faso et celui de la France, la loi portant ratification de la convention d’extradition entre le gouvernement du Burkina Faso et celui de la France et la loi portant Code pénal au Burkina Faso. Les parlementaires de ce groupe ont voté  »Contre ».

Selon le groupe parlementaire, ces trois dossiers ont été inscrits à l’ordre du jour de la session le 3 mai 2018, soit près d’un mois après le délai réglementaire de dépôts des dossiers sur le bureau de l’Assemblée nationale. Une « célérité » qui suscite la « curiosité » puisque, indique le député Alphonse K. Nombré, « des conventions de financements signées entre notre pays et des partenaires ne bénéficient pas de la même attention du gouvernement ».

Ainsi, les députés pointent du doigt le timing du vote de la loi, car pour eux, le « caractère général et impersonnel de la loi » d’extradition n’a pas été respecté. Cette loi a été votée sur fond d’une procédure d’extradition de François Compaoré, frère cadet de l’ancien président du Faso, Blaise Compaoré, inculpé pour incitation à assassinat dans le dossier du journaliste Norbert Zongo assassiné le 13 décembre 1998. François Compaoré réside actuellement en France.

Outre ces points, les parlementaires du groupe CDP ont mis en exergue des faiblesses institutionnelles. A titre illustratif, ils notent de nombreuses modifications de l’ordre du jour de la session du seul fait du gouvernement, le manque de sérieux dans le traitement des questions orales et écrites adressées au gouvernement, l’absence non justifié ou le retard de certains membres du gouvernement lors des auditions par les commissions générales, la mauvaise participation des députés au débats due à une mauvaise organisation du travail parlementaire.

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Actualité oblige, la situation nationale « marquée par la quasi impuissance du gouvernement face à la grogne des travailleurs » a été commentée. Les parlementaires ont invité le gouvernement à ouvrir un dialogue franc avec le monde des travailleurs pour éviter un risque de plombage de l’économie « déjà éprouvée ». Et au député Yahaya Zoungrana d’ajouter que : « Syndicats et gouvernement sous notre régime étaient des partenaires sociaux. Aujourd’hui, ils sont devenus des adversaires sociaux. Il faut que le gouvernement règle ça ».

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

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Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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