Paul Kaba Thiéba : « Ce n’est pas le MPP qui est attaqué, c’est la patrie qui est attaquée »

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Le Premier ministre Paul Kaba Thiéba a fait le point de la situation sécuritaire aux parlementaires le lundi 17 septembre 2018. Et le premier constat établi par le chef du gouvernement est que cette situation s’est « dégradée ». « Il s’agit sans doute d’une guerre. Une guerre injuste imposée à notre peuple », indique Paul Kaba Thiéba qui précise que « puisque cette guerre nous est imposée, nous allons la mener ». En lien avec l’affaire Rayongo, le Premier ministre n’exclut pas « l’existence de cellules dormantes parmi nous, dans la capitale ».

De 2015 au 15 septembre 2018, les attaques terroristes ont occasionné le décès de 118 Burkinabè dont 48 éléments des forces armées et 70 civils. Particulièrement, du 1er janvier au 15 septembre 2018, 69 victimes dont 31 éléments des forces armées et 38 civils ont été dénombrées. Pour Paul Kaba Thiéba, ces chiffres démontrent « le caractère préoccupant de la situation sécuritaire au Burkina Faso ».

« Honorables députésnotre pays est attaqué »

Depuis un certain temps, les attaques se sont déportées dans l’Est du pays. Le chef du gouvernement évoque ainsi une tentative d’implantation de groupes armés. « Tout laisse croire que ces groupes terroristes tentent de s’y implanter », dit-il. Mais selon M. Thiéba, toutes ces attaques sur le territoire burkinabè visent à saper l’unité nationale et à affaiblir les institutions démocratiques.

Concernant toujours la région de l’Est, au regard de la recrudescence des attaques terroristes, du mode opératoire qui se caractérise par des attaques par engins explosifs improvisés, cela montre que « ce qui se passe dans la zone de l’Est est le fait de personnes qui manient avec dextérité les techniques de guerre militaire ». Aussi dit le chef du gouvernement, « on n’a plus à faire à des groupes que nous connaissions. Les techniques de combat qui sont utilisées à l’Est s’apparentent à celles qui sont enseignées dans l’armée ».   

Vidéo – Attaques terroristes : « Ce n’est pas le MPP qui est attaqué »

Paul Kaba Thiéba : "Le Burkina Faso est attaqué. Ce n’est pas le MPP qui est attaqué"

Attaques terroristes au Burkina : Le message du Premier ministre« Honorables députés, notre pays est attaqué. Le Burkina Faso est attaqué. Ce n’est pas le gouvernement qui est attaqué. Ce n’est pas le MPP qui est attaqué. C’est la patrie qui est attaquée »Paul Kaba Thiéba, le lundi 17 septembre 2018

Posted by Burkina 24 on Monday, September 17, 2018

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Face à cette situation d’insécurité, initialement limitée au septentrion burkinabè mais s’est progressivement étendue vers d’autres régions du pays, le Premier ministre a tiré la sonnette d’alarme. Il a appelé les Burkinabè à l’union et à taire leurs différends pour lutter efficacement contre le fléau. « Honorables députés, lance Paul Kaba Thiéba, notre pays est attaqué. Le Burkina Faso est attaqué. Ce n’est pas le gouvernement qui est attaqué. Ce n’est pas le MPP qui est attaqué. C’est la patrie qui est attaquée ».

Pour résorber ce problème, Paul Kaba Thiéba annonce des mesures pour le renforcement de l’équipement des Forces de défense et de sécurité en moyens aériens et en moyens roulants blindés. Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé la relecture de la Politique nationale de défense du Burkina qui date du 19 avril 2004. « Cette politique est dépassée », commente le chef du gouvernement. Aussi, les rencontres du Conseil supérieur de la défense se feront de façon récurrente, soit toutes les « deux semaines jusqu’à nouvel ordre ».

« … Même nos ennemis vont nous suivent »

Pour la séance plénière qui porte exclusivement sur les questions sécuritaires, au moins 13 ministres seront auditionnés à l’Assemblée nationale à huis clos dans les prochains jours. Le mardi 18 septembre 2018, le ministre de la défense et celui de la sécurité sont déjà convoqués. « Nous ne sommes pas seulement suivis au Burkina Faso. Même nos ennemis vont nous suivre », argue Alassane Sakandé, président de l’Assemblée nationale, pour justifier le huis clos. A l’en croire, « même les sujets qui fâchent seront abordés ».

Ignace Ismaël NABOLE

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Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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