SNI 2018 : Le Burkina veut être « champion » de l’appropriation des technologies

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Les portes de la 14e édition de la Semaine nationale de l’Internet (SNI) au Burkina Faso ont été officiellement ouvertes le 23 novembre 2018  à Ouagadougou.

C’est en 2003 que la fête de l’Internet voit le jour au Burkina, une période pendant laquelle le pays comptait « à peine 1% d’internautes ». Aujourd’hui, le nombre d’abonnés à l’Internet mobile, selon les données collectées par l’autorité de régulation, au premier trimestre 2018, était de 6 millions 119 669. Il est passé à 6 millions 619 758 abonnés au 2e trimestre 2018. Soit un taux de progression  30 % au premier trimestre et 32,7 % au second trimestre. Une performance, se réjouit Adja Fatoumata Ouattara Sanou, ministre du développement de l’économie numérique et des postes,  parce que au-dessus de la moyenne africaine située aujourd’hui à 22%.

Kisito Traoré, président du comité d’organisation

C’est donc fort du constat que « le numérique est présent partout dans nos vies individuelles et collectives, dira le secrétaire général, Kisito Traoré, qu’il était important pour le ministère du numérique de marquer une halte pour apprécier l’impact du numérique dans nos vies avec l’ensemble des pro mais aussi des amateurs et toutes les parties prenantes».

Pour ce faire, «quel est le meilleur parti que nous pouvons tirer encore pour une meilleure appropriation du numérique? », s’est-il interrogé. D’où le choix du thème de l’édition : «Innovation numérique pour la transformation structurelle de l’économie  et la société » .

S’il y a des performances, les défis restent énormes car la fracture numérique persiste et la qualité des services reste à améliorer. Le taux de couverture du territoire national par la 2G est de 82%, le taux de couverture de l’Internet est de 23%, «c’est acceptable mais ce n’est pas arrivé ». Car, pour la ministre, le numérique est au cœur de la compétitivité des entreprises, des nations et constitue le principal moteur de l’atteinte des objectifs de développement durable.

Il est à cet effet indispensable pour le Burkina d’affirmer une volonté déterminée de développer l’économie numérique en mettant en place des infrastructures de base, les services et applications et l’environnement nécessaires à la  création de valeurs et de richesses par les Burkinabè et pour les Burkinabè.

Adja Fatoumata Ouattara Sanou

Mais « l’espoir est permis, confie-t-elle, avec l’implémentation  de projets d’infrastructures comme le réseau national en fibre optique en cours de déploiement, le point d’échange Internet qui ont été réalisés par le gouvernement avec le soutien de la Banque mondiale et le cloud gouvernemental qui est en cours ».

«Nous sommes dans la bonne voie pour faire de notre pays, un champion en matière d’appropriation des technologies pour booster le développent économique et social », dit-elle.

Une autre fracture numérique, non des moindres, est que l’Afrique en général et le Burkina Faso en particulier, reste une simple consommatrice de biens et services numériques à cause de sa faible capacité d’innover et de s’approprier les technologies d’information et de la communication pour créer des services à valeur ajoutée.

Et pour ce faire, le défi, selon toujours Adja Fatoumata Sanou, « c’est de nous positionner définitivement dans l’ère de l’économie numérique où les maîtres mots devraient être pour nous aujourd’hui, produisons et consommons le digital burkinabè avec les produits et services élaborés par les Burkinabè et pour les Burkinabè ».

L’autre question épineuse, la régulation de l’utilisation abusive des réseaux sociaux par la jeunesse. Un dilemme pour les gouvernements car,  dit-elle, « il s’agit de pouvoir réprimer les excès  tout en préservant la liberté d’opinion et l’accès  à Internet ».

Le thème de la 14e édition devrait permettre d’aborder cette deuxième fracture qui, pour elle, « doit avoir une réponse par notre capacité d’innover et de créer des produits et services par nous-mêmes et pour notre propre consommation ».

Les grandes innovations de la présente édition sont, entre autres, la journée des communautés, la journée sans papier, le musée de la télécommunication, l’espace demo pour montrer les applications au public, une soirée réseautage entre professionnels.

Après la visite des stands, le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, s’est dit satisfait de ce qui a été  donné à voir en termes de compétences et d’innovations portées par les jeunes pour positionner le Burkina.

L’édition n’est pas encore terminée que les organisateurs pensent à la 15e édition qui devrait se tenir en 2019, et sera célébrée sous l’appellation semaine du numérique.

Revelyn SOME

Burkina 24

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