Le diabète, cette « maladie chronique (qui) ne se guérit pas »

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La hausse du nombre de diabétiques (avec une prévalence de 4,9% en 2013 au sein de la population de 25 à 64 ans au Burkina Faso, soit environ un million de personnes) a fini par la catégorisation de la maladie en « problème de développement et de santé publique ».

Le diabète, c’est cette maladie chronique non transmissible (pas par un microbe) avec pour caractéristique principale l’élévation permanente de la glycémie (taux de sucre dans le sang). Il est causé par un manque ou un défaut d’utilisation de l’insuline (hormone naturellement sécrétée par le pancréas). En effet, le diabète empêche l’organisme d’utiliser correctement le sucre comme source d’énergie. Conséquence, celui-ci s’accumule dans le sang et peut aller jusqu’à causer des complications redoutables au niveau du cœur, des reins, des yeux, des vaisseaux sanguins, en particulier ceux des membres inférieurs (pieds).

Avec une « fréquence en constante progression et des conséquences sanitaires, économiques et psychosociales », le diabète a fini par être catégorisé en « problème de développement et de santé publique ». De 250 millions en 2010, le nombre de personnes vivant avec le diabète est passé à 425 millions en 2017.

La hausse s’explique par l’augmentation du nombre de personnes en surpoids, atteintes d’obésité ou sédentaires (ne pratiquant pas une activité physique régulière). Les prévisions disponibles laissent présager que si rien n’est fait pour inverser cette tendance, ce nombre atteindra 438 millions en 2030 et 629 millions en 2045. « C’est une véritable épidémie mondiale qui touche riches, pauvres, enfants, jeunes adultes », dira Dr Estèle Dabiré/Dembélé, directrice de la prévention et du contrôle des maladies non transmissibles.

Les statistiques disponibles sur le Burkina Faso où la prévalence est de 4,9% en 2013 au sein de la population de 25 à 64 ans, indiquent que « le diabète constitue un motif de plus en plus fréquent de consultation dans les formations sanitaires ». Et moins du tiers de cet effectif est détecté, traité et suivi dans les formations sanitaires. « Or, si la maladie est diagnostiquée tôt, fait savoir Dr Dabiré, un traitement efficace peut être mis en place précocement, et le risque de complications sévères et coûteuses pourrait être réduit ».

Etre d’un « soutien psychologique » inconditionnel aux malades

La particularité du diabète, ce sont les facteurs de risque non modifiables que sont l’hérédité (il existe une prédisposition génétique), l’âge (à partir de 40 ans), le sexe (les hommes sont plus touchés) et ceux modifiables que sont la mauvaise alimentation, surpoids, obésité, hypertension artérielle, le manque d’activité physique et la sédentarité.

Le ministère de la santé appelle au changement de comportements individuels et collectifs dans les habitudes et modes de vie au quotidien (alimentation saine, activité physique régulière) en appelant la famille à jouer pleinement son rôle en conformité avec le thème de l’année de la journée mondiale – 14 novembre de chaque année – qu’est « La famille et le diabète ».

De l’avis du Dr Estèle Dabiré, cela s’explique et se comprend aisément car dit-elle, « les maladies chroniques et le diabète en l’occurrence imposent une discipline et un mode de vie nouveau dont la bonne compréhension, l’acceptation et l’intégration dans les habitudes sont nécessaires et indispensables pour le maintien d’un bien-être individuel, familial et social ».

« Pour le régime, si vous n’êtes pas accompagnés en famille, c’est difficile. Généralement les diabétiques ont des problèmes pour leur régime», partage Ouédraogo Bernard, Association vivre avec son diabète (AVSD). Il appelle les proches des malades à leur être d’un « soutien psychologique » inconditionnel.

Des activités entrant dans le cadre de la commémoration de la Journée mondiale du diabète sur la période du 12 novembre au 06 décembre 2018 sont organisées pour contribuer à améliorer les connaissances des patients diabétiques et de la population sur la maladie. Il est prévu à cet effet un cross populaire suivi d’aérobic le 29 novembre à 16h à la maison du peuple suivi le lendemain par la cérémonie officielle de commémoration au même endroit.

Des spéculations autour du sucre

Sawadogo Inoussa est chef de projet prévention et appui à la société civile à l’ONG Santé diabète. L’insuline sécrétée par le pancréas est au cœur de la réglementation du taux de sucre dans l’organisme. Selon ses explications, l’insuline permet l’utilisation de ce sucre dans les muscles et la mise en réserve dans le foie. « Le diabète c’est un peu le déséquilibre entre les entrées en énergie (sucre que nous consommons) et les dépenses (activité physique que nous menons tous les jours) », dit-il. Ce qui fait qu’elle est dans le « centre de la manifestation » du diabète.

Quant à « l’insuline, caricature-t-il, c’est comme l’argent (5 000 francs) qu’on dépose en banque. Après deux retraits de 2 000 « il n’y a pas de soucis ». Par  contre, poursuit-il, si au « troisième mois vous partez pour un retrait de 2 000, on va vous dire que votre avoir est insuffisant ». Et « c’est exactement la même chose », qu’avec cette hormone sécrétée par le pancréas. Ainsi, « chaque fois que nous consommons le sucre, c’est le pancréas qui est sollicité pour secréter de l’insuline », avec pour risque, « si le pancréas est sollicité de façon excessive, on va voir les conséquences quand on sera un peu avancé en âge ».

« Le tôt, le riz, tout ce que nous mettons dans la bouche contient du sucre en dehors évidemment de ce qui est fruits et légumes qui est en moindre quantité », ajoutera Salif Kaboré, secrétaire aux relations extérieures à l’Association Burkinabè d’Action contre le diabète (ABAD). Son conseil aux personnes vivant avec le diabète : ne pas « s’empiffrer et aller dormir », comme le conseilleraient les médecins traitants, qui invitent les patients à « toujours consommer ce qu’ils ont l’habitude de consommer mais en jouant sur les quantités et les moments ».

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