Marche du 29 novembre : Le message de l’UNAS

Ceci est une déclaration de l’Union d’action de la société civile (UNAS) sur la marche du 29 novembre 2018.

La Coalition contre la vie chère (CCVC) a lancé une grève générale le jeudi 29 novembre 2018 sur toute l’étendue du territoire national.

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Cette journée de protestation vise à s’opposer à la hausse vertigineuse et brutale des prix du carburant décidée par le gouvernement burkinabé sans tenir compte de la réalité du pouvoir d’achat des Burkinabé et sans aucune concertation préalable avec les différents acteurs sociopolitiques et économiques.

Toutes les analyses concourent à démontrer que cette démarche unilatérale et à la sauvette du gouvernement est guidée par une volonté d’augmenter pour gagner de l’argent frais à renflouer les caisses vides de l’Etat et constituer un trésor de guerre pour la campagne électorale de 2020 plutôt qu’une contrainte imposée par le marché international du pétrole comme cela sert de justification officielle à l’instar de bien d’autres explications édulcorées et fantaisistes.

En effet, il s’agit là d’une fuite en avant irresponsable qui conduit l’Etat à écraser les pauvres citoyens au lieu de s’assumer par rapport à l’un de ses devoirs régaliens qui est de protéger le citoyen dans tout contexte de conjoncture.

Alors que le gouvernement se devait de réaménager la structure des prix qui dégage un trop perçu de sa part, pour démontrer qu’il avait à cœur de maintenir les prix à leur niveau afin de soulager le bas peuple, celui-ci s’est contenté d’emprunter la voie facile du raccourci en procédant à la hausse des prix.

Tous les acteurs crédibles sont unanimes sur le fait que les autorités avaient le choix de ni pénaliser ni augmenter la souffrance de la population avec cette décision antisociale qui érode la qualité de l’existence du plus grand nombre et devrait à coup sûr provoquer l’inflation sur le marché du prix des produits de première nécessité et des transports.

Aujourd’hui la parodie qui a consisté en des accords anti-inflationnistes alambiqués avec les transporteurs et en des engagements trompe-l’œil au niveau gouvernemental n’arrivent pas à empêcher l’inflation qui se manifeste d’ores et déjà dans le pays sur les prix du riz, de l’huile, du sucre, des transports, du parking etc., qui sont tous en train d’augmenter chaque jour.

L’unité d’action de la société civile avait au lendemain de la prise de cette mesure tenu à la dénoncer vigoureusement, demander au gouvernement de la suspendre et d’engager des négociations avec tous les acteurs autour de la question des hydrocarbures ainsi que de leur gestion, jusque-là, loin d’être transparente.

Plus d’un mois après, les autorités ne semblent pas vouloir écouter les différentes réactions et propositions et se font plus sourdes encore face aux complaintes des populations qui subissent une vie chère au quotidien aggravée par les effets immédiats de la hausse des prix du carburant.

Il est clair donc que les populations n’auront de solutions à leur situation sociale, ne pourraient non plus obtenir la levée de la mesure et le retour à des prix justes et plus supportables par leurs bourses sans la lutte.

La grève générale d’avertissement lancée par la CCVC pour le 29 novembre deux mois après la journée de protestation nationale des forces vives initiée par le CFOP contre la gestion chaotique du pays par le pouvoir du président Kaboré est donc une action salutaire.

En conséquence, après avoir fait son analyse de façon minutieuse et responsable de la situation nationale de manière générale d’une part, et des choix politiques actuels du gouvernement qui ne feront qu’accroître la misère et précariser davantage les populations, d’autre part, l’UNAS décide de :

– s’associer avec toutes ses cinquante (52) organisations membres à la grève générale et à la marche du 29 novembre qu’organise la CCVC ;

– appeler les citoyens en général et les autres structures de la société civile désireux de l’approfondissement démocratique et le bien-être des Burkinabé à participer massivement à la grève et à inviter leurs proches ou militants à sortir pour se joindre physiquement à la marche;

– demander que les autorités assurent la sécurité publique et celle des manifestants avant pendant et après la manifestation;

– Mettre en garde le pouvoir contre toutes manœuvres ou tentatives quelconques de sabotage, d’intimidation et de répression des libertés citoyennes et démocratiques dans le cadre de cette manifestation populaire.

Pour l’Unité d’action de la société civile (UNAS)

Le président du mois

Alexandre Pagomziri Ouédraogo

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