Lutte contre les Mutilations Génitales Féminines : Une bataille rude à remporter

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Le 6 février de chaque année est célébrée la journée internationale de tolérance zéro aux mutilations génitales féminines (MGF). Au Burkina Faso, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) mène des actions allant dans l’éradication du phénomène. Même si c’est une lutte de longue haleine, des acquis ont été engrangés en collaboration avec d’autres partenaires notamment le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). En marge de la célébration de cette année, le représentant résident de l’UNPFA Auguste Kpognon est revenu sur les grands axes de la lutte.

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La lutte contre les mutilations génitales féminines reste un combat ardu pour les différents acteurs. A l’occasion de la journée internationale de tolérance zéro aux MGF, le représentant résident de l’UNFPA a indiqué que cette date devrait servir comme opportunité pour revenir « sur les défis liés aux droits fondamentaux des filles et des femmes ».

En effet, ancrées dans les us et coutumes au « pays des Hommes intègres », les MGF ont la peau dure. La journée du 6 février « est l’occasion pour les pouvoirs publics mais aussi la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources pour mettre fin aux MGF » selon les propos de Auguste Kpognon. Pour la célébration de l’année 2021, le thème retenu est : «   Le temps de l’inaction mondiale est révolu : S’unir, Financer et Agir contre les mutilations génitales féminines ».

« Nous devons nous unir. Mettre fin aux mutilations génitales féminines nécessite la collaboration d’un large groupe de parties prenantes (…) Nous devons financer nos efforts proportionnellement à nos engagements. Même dans les pays où les mutilations génitales féminines sont déjà en recul, les progrès doivent être décuplés pour atteindre l’objectif mondial d’élimination de cette pratique d’ici à 2030 (…) Nous devons agir rapidement, de manière décisive et sur plusieurs fronts simultanément. Nous devons nous assurer que les filles ont accès à l’éducation, aux soins de santé, y compris aux services de santé sexuelle et reproductive, et aux moyens de subsistance »

Dr Natalia Kanem, directrice exécutive de l’UNFPA

Au Burkina Faso, la pratique se perpétue de génération en génération rendant ainsi la lutte très difficile et épuisante. Fort heureusement, des acquis ont été engrangés au niveau national. Au titre de ces avancés dans la lutte, on a entre autres l’engagement des plus hautes autorités, la baisse du taux de prévalence de l’excision pour les enfants âgés de 0 à 14 ans qui passe de 13% en 2010 à 11% en 2015 et le nombre de villages du Burkina Faso ayant publiquement déclaré l’abandon des MGF est passé de 754 en 2017 à 4102 en 2020.

En dépit de ces acquis, Auguste Kpognon a indiqué que des défis restent à relever. En effet, l’objectif de zéro tolérance aux MGF d’ici 2030 se heurte à des difficultés. Comme difficultés, on à la « résistance de certaines communautés, la baisse de l’âge à l’excision (0-5ans), la clandestinité de la pratique, et l’inaccessibilité de certaines zones pour poursuivre les interventions en raison de la crise sécuritaire que traverse le Burkina Faso ». 

Pour le chargé de programme genre, culture et droits humains de UNFPA, Edith Ouédraogo/Compaoré, la tenue de la journée internationale de tolérance zéro aux MGF est un rendez-vous pour « mettre à l’ordre du jour la question ». Elle est aussi l’occasion pour faire le bilan des luttes et envisager les perspectives pour accélérer les progrès vers l’atteinte des objectifs. Selon ses dires, les luttes doivent « faire l’objet de  concertation et de manière inclusive dans l’optique d’une synergie d’action contre le phénomène».

 « C’est le 6 février 2003 que Stella Obasanjo, première dame du Nigéria et porte-parole de la campagne contre la mutilation génitale féminine fit la déclaration officielle sur la « tolérance zéro aux MGF » lors d’une conférence organisée par le comité interafricain sur les pratiques traditionnelles ayant effets sur la santé des femmes et des enfants en Afrique. En 2012, l’Assemblée générale des Nations Unies a retenu le 6 février Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF) afin d’intensifier l’action mondiale visant à éliminer cette pratique. Depuis lors les États, le système des Nations Unies, la société civile et tous les acteurs concernés par la question ont été invité à continuer de célébrer le 6 février pour intensifier les campagnes de sensibilisation et prendre des mesures contre ces mutilations »,

Edith Ouédraogo/Compaoré

Fort heureusement des programmes ont vu le jour pour permettre de lutter efficacement contre les MGF. Au titre de ces programmes nous avons le Programme conjoint UNFPA-UNICEF pour l’accélération de l’élimination des MGF. Mis en œuvre par les deux structures que sont l’UNFPA et l’UNICEF, il consiste à « apporter un appui technique et financier au gouvernement et aux organisations de la société civile ». Et ce, afin de renforcer les interventions dans 17 pays.

Selon le point focal du programme MGF Lacina Zerbo, le Programme conjoint UNFPA-UNICEF pour l’accélération de l’élimination des MGF « a permis de sauver environ 391 000 filles de l’excision dans la zone d’intervention du programme » dans la période de 2018 à 2020. Et pour continuer à avoir des bons résultats, il estime qu’il faut mener des actions de long terme, globales et se baser sur les normes sociales.

Revenant sur le caractère tenace de la lutte contre les MGF, Edith Ouédraogo/Compaoré a expliqué que « l’excision est une norme sociale et cette norme sociale impose aux membres des différentes communautés qui la pratique toujours de la respecter en tant que pratique ». Ainsi donc, les auteurs se retrouvent souvent dans des situations qui les laissent penser qu’exciser une fille est une manière d’être conforme aux attentes sociales.

Toujours des risques

« Il y a des familles qui pensent qu’exciser une fille à un lien intime avec leur religion. Il y a d’autres croyances et mythes notamment qui font croire qu’une femme excisée, c’est favoriser une bonne fécondité », a ajouté la chargée de programme Edith Compaoré. Dans un souci de maintenir les normes traditionnelles, certaines pratiquent arrivent à passer entre les mailles du filet et se transmettre de générations en générations.

Ajoutée à cette situation, la pandémie du Covid-19. Selon les statistiques, plus de « deux millions de cas supplémentaires de mutilations génitales féminines pourraient être recensés au cours de la prochaine décennie en raison de la fermeture des écoles et de la perturbation des programmes provoquées par la pandémie de COVID-19 ».

En guise d’information, il faut retenir que la problématique des MGF est toujours répandue dans environ 30 pays. Un phénomène qui touche 1/3 des filles âgées de 15 à 19 ans. Cependant, l’explosion démographique dans certaines localités peut aggraver la situation.

Basile SAMA

Burkina 24

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