Burkina Faso : L’appel des femmes du Sahel au Chef de l’Etat

Après la marche des femmes du 12 juin et celle du 3 juillet de l’opposition politique, les populations de la ville de Dori dans le Sahel, en majorité des femmes, ont encore manifesté ce samedi 10 juillet 2021 pour réclamer, entre autres, plus de sécurité.

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Plus d’un mois après l’attaque terroriste survenue à Solhan dans la nuit du 04 au 05 juin 2021, la douleur demeure vive dans les cœurs. Le collectif des femmes du Sahel était dans les rues de Dori ce samedi 10 juillet 2021 pour réclamer plus de sécurité, de justice et de détermination dans la lutte contre l’insécurité.

Fadima Barry, porte-parole des femmes de la province du Yagha, a souligné que la population de la province est délaissée à elle-même. « Nous sommes fatiguées, nous ne voulons plus qu’on nous tue silencieusement ; nous voulons la paix et la sécurité pour tout le Sahel », a-t-elle affirmé.

Les manifestantes, majoritairement vêtues de blancs, arboraient des pancartes sur lesquelles l’on pouvait lire : « Nous refusons de mourir en silence », « Stop à l’insécurité » ou encore « Les femmes du Sahel sont fatiguées d’enterrer leurs enfants et leurs époux ».

Ces femmes ont reçu le soutien de plusieurs personnes qui n’ont pas hésité à se rendre à Dori.

« Notre fierté de Burkinabè a disparu. C’est le vol, le mensonge, l’insécurité qui gagnent le terrain. Et laissant une population dans la peur et dans la tourmente. Lorsque vous annoncez que vous allez au Nord, vers le Sahel, tout le monde a peur.

Dans leurs propos et dans leurs regards, tu lis la peur. Et surtout le message qu’on veut te faire passer en disant ‘’Ne pars pas’’. Cela doit cesser.

Mais nous ne pouvons pas ne pas venir ici, parce que c’est chez nous. C’est le Burkina Faso. Et c’est notre manière de venir vous soutenir et vous dire ‘’Soyez résilients’’», a déclaré Fanta Diallo, porte-parole de la délégation venue de Ouagadougou.

« Excellence Monsieur le Président du Faso, nous, femmes du Sahel, sommes à bout ! »

Il s’agit également, dit-elle, de dénoncer la stigmatisation que vivent beaucoup de Burkinabè et le « laxisme » des gouvernants. Elle a invité les autorités à s’investir davantage pour plus de justice, de détermination et d’engagement dans la défense de l’intégrité des populations et du territoire national.

L’affaire de l’achat du véhicule de 96 millions de F CFA a été commentée à Dori. « Nous sommes là pour dire non aux dépenses inopportunes pendant que nos frères  et FDS se battent dans des conditions difficiles », a clamé Fanta Diallo, sous un tonnerre d’applaudissements.

Les femmes sorties ce samedi à Dori ont, par ailleurs, adressé un message au Chef de l’Etat, tout en lui réaffirmant leur soutien : « C’est pourquoi, en ce jour 10 juillet 2021, nous, femmes de la Région du Sahel, sommes mobilisées et debout, pour exprimer à nouveau notre profonde préoccupation, sur fond d’exaspération longtemps contenue.

Excellence Monsieur le Président du Faso, nous, femmes du Sahel, sommes à bout ! Les femmes du Sahel, à l’instar de celles de toutes les autres régions du Burkina veulent vivre, enfin débarrassées de deuils récurrents et de veuvage à porter, du fait des massacres tout aussi récurrents de leurs époux et de leurs enfants ».

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Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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