Procès Sankara : Le Général Diendéré explique pourquoi il est surnommé « Boîte noire »

L’interrogatoire du Général Gilbert Diendéré se poursuit ce 9 novembre 2021 au Tribunal militaire de Ouagadougou. A la barre, il a donné sa version des faits sur l’assassinat de Thomas Sankara et ses 12 compagnons en 1987.

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A la reprise de l’audience, les esprits se sont calmés et l’interrogatoire du général Gilbert Diendéré s’est poursuivi. Après les faits notamment l’assassinat du président Thomas Sankara et de ses compagnons, l’accusé dit avoir rendu compte à son supérieur, le Commandant Lingani, et que c’était à ce dernier de prendre les décisions.

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« J’étais dans l’incapacité d’arrêter ceux qui ont tués les gens pour éviter encore qu’il y ait plus de morts. Car ils n’allaient pas se laisser faire. Peut-être que c’est moi-même qu’ils allaient tuer et mes avocats seraient de ce côté aujourd’hui (partie civile, Ndlr). Et je me suis senti dans une situation de faiblesse en ce moment-là », a-t-il reconnu.

Pour le procureur, Gilbert Diendéré était le mieux placé en son temps pour avoir les informations nécessaires sur les faits. « C’est pour ça qu’on vous appelle la boîte noire », dit-il. Mais ce n’est pas de l’avis du général.

« En 1987, je n’étais pas la boîte noire. Cette histoire-là a commencé en 2014 avec le crash de l’avion d’Air Algérie. Quand les Français sont partis avec les drones tout ça là, ils n’ont pas pu savoir où était tombé l’avion. C’est moi, le Général Gilbert Diendéré, qui leur ai donné la position avec les coordonnées et ils sont allés trouver l’avion… J’ai fait mes preuves. C’est à partir de ce moment les gens ont commencé à m’appeler boîte noire », renseigne-t-il.

« La discipline avait un peu perdu de sa valeur »

Il y a lieu de noter que, selon le Parquet, la discipline n’était pas la chose la mieux partagée au sein de l’armée sous la révolution. Le deuxième adjoint du CNEC au moment des faits décline la responsabilité de l’ensemble de son corps dans l’assassinat du Capitaine Thomas Sankara et ses 12 compagnons.

« Ce sont des éléments du CNEC qui ont fait le coup d’Etat mais pas tout le CNEC. Moi je n’étais ni du camp de Blaise Compaoré ni du Camp de Thomas Sankara. Lorsqu’un chef commande une mission, il est responsable de ce qui en résulte. Mais si le subordonné part faire quelque chose à l’insu du chef, il ne peut pas être responsable », a souligné Gilbert Diendéré.

Le Parquet a noté des actes d’indiscipline et d’impunité au sein du corps de Diendéré. Cela s’explique, selon le général. « Le chef n’avait pas un total contrôle sur les hommes car on avait introduit des CDR dans l’armée en son temps. Et ce sont ces CDR qui participaient à la notation des chefs. Un subalterne qui noté son chef, c’est le monde en l’envers. Donc la discipline avait un peu perdu de sa valeur », confie-t-il.

Sur la question de l’impunité, il en était une traduction sous la révolution. « Somé Yorian Gabriel et Fidel Guébré ont été assassinés au conseil sous la révolution. Il n’y a pas eu de sanction. C’était au bâtiment Togo. On les a enfermés dans une chambre et on a jeté une grenade sur eux. Celui qui a fait, je l’ai rencontré, il m’a dit que c’est son chef qui lui a donné l’ordre de le faire. Et ce chef était également mon supérieur. Je me suis retourné dans mon coin », a révélé le Général Diendéré. Son interrogatoire se poursuit dans une salle qui renoue avec l’affluence du début du procès.

Akim Ky

Burkina 24

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