Procès Sankara : « J’avais dit à ma femme qu’il y aura un coup d’Etat »

Toujours dans le cadre du procès sur l’assassinat du capitaine Thomas Sankara et 12 autres, c’est le témoin Bicaba Denis qui est appelé à faire sa déposition le mercredi 15 décembre 2021. 

La suite après cette publicité

Bicaba Denis était adjudant chef de l’armée de l’air. Dans sa déposition, il laisse entendre ceci.

« Thomas a envoyé sa garde personnelle me voir pour consolider la révolution. Peu de temps après, je reçois mon beau en la personne de Gabriel Tamini qui dit venir de la part du capitaine Blaise Compaoré pour que je participe  à faire un coup d’Etat. Je lui ai demandé s’il faisait confiance à Blaise pour se rallier avec lui pour faire un coup d’Etat, je lui ai par la suite demandé quatre jours de réflexion. Le lendemain je suis allé chez le président Sankara pour lui dire que Blaise veut que je l’aide à faire un coup d’Etat. Il m’a dit de dire à tamini de venir le voir. Le 4e jour il est venu me voir je lui ai transmis le message du président. Après il est venu me voir que si je veux ou pas, il y aura coup d’Etat.

Quelques  temps après je suis allé chez le président pour voir où il était avec l’information que je lui ai donnée.  Il m’a dit que lui il ne sera pas le premier à arrêter Blaise. Mais il m’a dit que si on entend des coups de feu de sortir et riposter.

Sa réponse m’a donné froid, je ne sais même pas comment j’ai quitté son bureau.

Quand je suis arrivé à la maison je me suis couché et ma femme est venue me trouver et elle m’a demandé pourquoi je suis couché à cette heure, je lui ai dit qu’il y aura un coup d’Etat et je ne pense pas être en vie après cela. Après le 15 octobre j’étais obligé de disparaître ».

Il poursuit que Dianda Tasseré le cherchait même avec une kalach ; « où est Bicaba, le lâche », criait il. À cette déclaration, le président du tribunal lui demande pourquoi il se cachait alors que lui aussi était armé.  Il répond que « si on s’était croisé, j’allais l’exécuter. J’avais deux grenades sur moi ».

Plus loin, le tribunal demande ses rapports avec le nommé Dianda qui cherchait à le tuer. Au témoin de révéler que  « Dianda Tasséré c’était mon ami intime. Je lui ai même envoyé dans mon village pour bouffer des fétiches et c’est lui-même qui se retourne contre moi pour vouloir me tuer ».

Avant de terminer son témoignage, il a rappelé que Arsène Yé Bongnessan lui a fait la proposition avant le coup d’Etat de participer en leur faveur et en récompense il va évoluer en grade de sous lieutenant ou de commissaire. Chose à laquelle il va s’opposer.

Toujours dans la succession des témoignages, l’heure était  au témoin Tinto Adama, sergent à la retraite.

En ce qui le concerne, il était de la sécurité du capitaine Blaise Compaoré. Donc à la date du 15 octobre, il était au domicile de Blaise. Il déclare que quand il a entendu des tirs, des éléments sont venus et l’ont entouré en disant « sergent, vous êtes en état d’arrestation ». Il a ainsi cherché à savoir de la part de qui l’ordre venait, les éléments en question ont répondu que c’était de la part de Hyacinthe, il a alors demandé pourquoi, là ils ont dit de déposer les armes et les suivre.

Il a par la suite été enfermé dans une maisonnette dans la cour de Blaise et le lendemain transféré au conseil.

« C’est après cet événement que Hyacinthe m’a demandé que j’étais avec eux mais pourquoi Thomas voulait faire un coup à 20heures, que j’étais au courant je ne leur ai rien dit ». Le témoin dit qu’il n’avait jamais eu vent de cette information.

Également dans sa déposition, il a dit avoir vu Jean Pierre Palm dans la nuit du 14 au 15 octobre chez Blaise où il a passé environ une heure. L’accusé Jean Pierre Palm sera donc invité à la barre pour vérification.

Le tribunal s’adressant à Jean Pierre Palm lui demande s’il était vraiment présent chez Blaise comme l’a dit le témoin.

« Ça faisait pratiquement 2 semaines que je n’avais pas vu Blaise, donc j’étais pas présent chez Blaise la nuit du 14 au 15 octobre. Lui même ( Tinto Adama) a dit qu’il ne me connaissait pas, et que c’est quand je suis parti qu’il s’est renseigné et on lui a dit que c’était Jean Pierre Palm donc ils se sont trompés », a répondu l’accusé.

Après avoir écouté les propos de Jean Pierre Palm, Maître Badolo de la partie civile a demandé au témoin puisqu’il avait vu son visage de voir s’il s’agit bien de la même personne . Le témoin confirme donc ses propos. Automatiquement, Jean Pierre Palm rétorqua «  Maître Badolo, à l’époque c’est pas sûr  que j’avais ce même visage ».

Cette phase de confrontation a mis fin au témoignage de Tinto Adama.

Sié Frédéric KAMBOU 

Burkina24 

Écouter l’article
publicite


publicite

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page