Gestion du chemin de fer : Une lettre d’interpellation déposée à l’ALT

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Les premiers responsables du « Consortium Burkina 2050 » ont organisé une marche pour exiger l’annulation de la convention portant gestion du chemin de fer avec SITARAIL et BOLLORE, ce samedi 26 mars 2022 à Ouagadougou. A cet effet, une lettre d’interpellation a été adressée au Président l’Assemblée législative de transition (ALT) décriant la gestion du chemin de fer par l’entreprise BOLLORE depuis 27 ans. 

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Partis de la gare centrale du train, en passant par le rond-point de la bataille du rail, des manifestants ont arpenté les rues de la ville de Ouagadougou avant de remettre une lettre d’interpellation au président de l’Assemblée législative de transition, ce samedi 26 mars 2022 à Ouagadougou.

Marche pour exiger l’annulation de la convention portant gestion du chemin de fer avec SITARAIL et BOLLORE

« BOLLORE dégage », « annulation du contrat », tels sont entre autres les messages que scandaient les manifestants du jour. Moutaga Traoré, secrétaire général du syndicat des retraités du chemin de fer du Burkina Faso, membre du Consortium 2050, a expliqué les mobiles de leur sortie de ce jour.

…en plus des défis sécuritaires il y a des réalités qui urgent…

« Nous sommes sortis ce matin battre le pavé, pour dénoncer les 27 ans d’exercice de BOLLORE infligé aux travailleurs burkinabè. Egalement, informer aux autorités burkinabè qu’en plus des défis sécuritaires il y a des réalités qui urgent. Les contentieux judiciaires, le conflit interne à SITATRAIL qui perdurent depuis novembre 2002.

A l’issue de la crise ivoirienne des travailleurs suspendus sont restés à l’état jusqu’à leur mise à la retraite. Les conséquences de cette situation sont énormes. La sentence arbitrale rendue le 14 août 2007 en faveur de ces travailleurs, SITARAIL n’a pas voulu exécuter et refuse de délivrer les documents nécessaires pour la pension de retraite.

Nous récusons la vente du projet ferroviaire du groupe BOLLORE à une quelconque multinationale au vu des manquements graves observés dans la convention de concession initiale, qui nous a gérés depuis 23 ans, et la convention de concession révisée. La gestion calamiteuse doit prendre fin. Nous attirons l’attention des nouvelles autorités pour que des mesures idoines soit trouvées », a-t-il relevé.

Egalement avec la pandémie du Covid-19 et la fermeture des frontières, les manifestants ont plaidé pour le développement du transport interne.

« Si la frontière est fermée, on peut aussi développer le transport interne. Le train peut faire le trajet Ouagadougou-Niangologo en attendant l’ouverture de la frontière avec la Côte d’Ivoire », a proposé Azara Ilboudo, membre de la coopérative Place Naaba Koom et manifestante.

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Nestorine Sangaré, coordonnatrice du Consortium Burkina 2050, initiatrice de cette marche a fait savoir qu’en attendant la pétition, c’est une lettre d’interpellation qui a été déposée auprès de l’Assemblée législative de transition.

Elle a relevé qu’actuellement la pétition a enregistré environ 10 000 signatures alors qu’il en faut 15 000. Dans sa lettre d’interpellation, elle est revenue sur les manquements du groupe BOLLORE durant les 27 ans de gestion.

Nestorine Sangaré, coordonnatrice du Consortium Burkina 2050
Nestorine Sangaré, coordonnatrice du Consortium Burkina 2050

« Plusieurs manquements aux obligations ont été constatés dans la gestion de notre patrimoine par SITARAIL. Il porte un grave préjudice sur le développement socio-économique de notre pays. C’est pourquoi les citoyens se sont mobilisés pour engager des actions d’interpellations par des marches pacifiques et en initiant une pétition qui sera déposée auprès de l’Assemblée législative de transition », a-t-elle souligné.

Nous appelons les deux Etats à prendre leurs responsabilités…

Par ailleurs, elle a profité interpeller les deux Etats à savoir la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso qui ont signé le contrat avec le Groupe BOLLORE.

« 27 ans ce n’est pas 27 jours, ils ont leur part de responsabilité qu’ils doivent assumer maintenant en exprimant une volonté politique plus claire par rapport aux objectifs attendus de la gestion de BOLLORE. Nous appelons les deux Etats à prendre leurs responsabilités en affichant une volonté politique sans équivoque pour mettre fin au pillage de richesse nationale par le groupe BOLLORE à travers sa filiale SITARAIL », a affirmé la coordonnatrice du Consortium Burkina 2050.

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Au niveau du Burkina Faso, elle a lancé un appel aux membres de l’ALT et à l’ensemble des institutions pour prendre à bras-le-corps cette question.

« Les citoyens Burkinabè invitent l’Assemblée législative de la transition à prendre les dispositions de concert avec le président du Faso, le Premier ministre, le président de la cour constitutionnelle et tous les organes habilités de l’Etat pour engager des actions urgentes pour empêcher la vente de tout ou une partie des actions de SITATRAIL détenues par le groupe BOLLORE.

Pour ce faire, nous demandons l’annulation de toutes les conventions (convention initiale et convention de concession révisée de 2016), l’annulation de tous les avenants aux contrats. Nous invitons tous les organes compétents de l’Etat burkinabè à dénoncer avant le 31 mars 2022. Nous demandons aux autorités burkinabè de diligenter une procédure dans l’urgence pour arrêter le processus engagé pour le groupe BOLLORE pour vendre ses actions à une autre société d’ici le 31 décembre 2022 », a indiqué Nestorine Sangaré.

une marche pour exiger l’annulation de la convention portant gestion du chemin de fer avec SITARAIL et BOLLORE
Une marche pour exiger l’annulation de la convention portant gestion du chemin de fer avec SITARAIL et BOLLORE

En plus, elle a proposé à l’État burkinabè d’adresser une correspondance avant le 31 mars 2022 à l’entreprise qui compte racheter les parts du groupe BOLLORE.

En rappel, le 3 mars 2022 à Ouagadougou, une marche de protestation était organisée pour exiger l’annulation des conventions avec BOLLORE.

Jules César KABORE

Burkina 24 

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