Ici Au Faso : Amadou Compaoré, symbole du dévouement au travail bien fait

On peut également mieux gagner sa vie ailleurs, loin d’un bureau climatisé ou loin même d’un autre secteur qui demande de grands moyens d’investissement. Et Amadou Compaoré l’a prouvé. Son principal travail, c’est construire des paillotes, poser les pailles ou les renouveler. Le prix de ces paillotes varie entre 1 et 3 millions de francs CFA pour ceux faits en métal, et de 100 à 500 mille francs CFA pour ceux qui sont faits en bois. 

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Il n’y a pas de sot métier, disait le bibliothécaire français, Antoine Le Roux de Lincy. Il aurait bien eu raison de le dire. Aucun métier n’est vraiment pas supérieur à un autre. Quand on apparente sa citation au cas burkinabè aujourd’hui, il a nul doute raison. Il suffit d’aimer et de bien faire ce que l’on fait.

Amadou Compaoré, n’est pas dans la fonction publique. Certains pourraient le qualifier de simple constructeur de paillote, mais ce travail lui rapporte plus de 5 millions de francs CFA dans le mois voire même en moins d’un mois, lorsque le marché lui est propice. Rien que dans la construction des paillotes, la pose des pailles ou encore en les renouvelant quand elles sont abimées.

C’est un grand bosseur. Il n’a pas de temps libre. Son équipe et lui sont tout le temps sollicités pour des travaux de construction de paillotes à Ouagadougou, ses environs et même dans d’autres villes du pays aussi.

C’est un travail qu’il fait depuis 1993

Son téléphone n’arrête pas de sonner. Même au moment où nous prenons langue avec lui. « Vous voyez c’est quelqu’un qui venait de m’appeler pour un marché », nous dit-il tout joyeux après avoir reçu un coup de fil prometteur.

Amadou est un homme très humble. Il ne se joue pas au grand boss. Toujours à côté de ses collaborateurs pour s’assurer que le travail s’exécute bien. C’est un travail qu’il fait depuis 1993. Il a 7 personnes qui travaillent avec lui. Elles sont payées par jour. Il assure de même leur ration et de fois, les frais de carburant, fixe-t-il.

Les grandes paillotes dans les maquis, les restaurants, d’autres espaces de loisirs et dans certaines concessions à Ouagadougou sont souvent ses œuvres, nous confie-t-il. Les prix, précise-t-il, dépendent des dimensions et du matériel à utiliser pour la construction.

Les Tarifs d’Amadou

Les paillotes où tout le matériel de fabrication est métallique ont un coût un peu élevé. C’est entre 1 et 3 millions de francs CFA, selon le besoin du client. « Pour les charpentes métalliques, ça dépend des dimensions. Si c’est une petite dimension, on peut le faire à 1 million de francs CFA. Mais si c’est une grande dimension, ça peut aller jusqu’à 3 millions de francs CFA voire plus », soutient-t-il.

Amadou nous révèle qu’il y a ceux parmi ces clients qui procèdent à la construction de leurs paillotes et ne font recours à ses services que pour la pose des pailles. Et quand c’est comme ça la pose des pailles pour une paillote de 4 mètres carrés, se discute entre 300 à 250 mille francs CFA. Mais par exemple, si la paillote est plus grande et construite sur un espace de 12 mètres carrés, la pose des pailles monte à 500 mille francs FCFA.

Il explique que pour les paillotes entièrement faites en métal, le coût est un peu élevé dans la mesure où il doit sous-traiter avec un soudeur. Et le coût aussi du fer comparativement au bois. Les paillotes en bois, c’est lui-même qui le fait.

Amadou Compaoré

Amadou Compaoré est originaire de Ziniaré, chef-lieu de la région du Plateau-central. Il est marié et père de 4 enfants. Il dit n’avoir pas à envier un fonctionnaire de l’État, son travail lui permet de bien gagner sa vie et de s’occuper de sa famille.

Ce qui permet de bien m’occuper de ma famille…

« Par semaine, je peux gagner deux ou trois marchés. Et dans le mois je peux gagner 7 ou 8 marchés. Ce qui permet de bien m’occuper de ma famille et de moi-même », se réjouit-il. Amadou ne chôme presque pas. Sauf au mois d’août ou à cause de la saison pluvieuse, les marchés deviennent rares, nous livre-t-il. Mais il dit qu’il met ce temps à profit pour aller à la recherche de la paille.

Après cette période c’est le travail qui reprend pour lui et son équipe. On n’a pas de temps à perdre, avance-t-il. « Lundi (18 avril 2022, ndlr), nous serons à Saponé, après Saponé c’est Bassemyam. Dès que nous finissons là-bas, nous serons en ville pour renouveler la paille de quatre paillotes d’un de nos clients », dévoile-t-il son programme.

Le travail bien fait c’est son secret. Il articule qu’il ne blague pas avec son travail. Qu’il soit un petit ou un grand, il s’y met pour la satisfaction de son client. Tous ses employés le connaissent pour ça, il ne badine pas avec son travail. 

Notre travail, notre secret

« Je conseille toujours à mes travailleurs de bien travailler. Car c’est au prix de ça que nous gagnons nos marchés. Le plus souvent c’est quand nous finissons notre travail, des gens qui passent par là et qui aimeraient avoir la même chose demandent nos contacts auprès de nos clients, ils nous appellent et c’est comme ça qu’on a toujours gagné nos marchés. Notre travail, notre secret », témoigne-t-il.

Quelqu’un a vu son travail récemment et a demandé son numéro. Et par après ce dernier de l’a contacté pour qu’il lui construise une paillote après avoir été séduit par une de ses œuvres.

« Il m’a appelé hier (vendredi 15 avril 2022), il m’a dit qu’il a pris mon numéro avec quelqu’un pour qui, j’ai construit une paillote, il veut que je construise la même chose pour lui, il souhaite qu’on se voit. On s’est vu et lundi, je vais commencer son travail », assure-t-il. Il parcourt plusieurs villes du pays grâce au dévouement à son travail.

La situation sécuritaire

La situation sécuritaire du pays n’épargne aucun secteur d’activés. Son ombre plane aussi sur son activité. Il affirme avoir renoncé à un marché qu’il venait obtenir récemment à Dori, aucun de ses employés n’a accepté faire le déplacement du chef-lieu de la région du Sahel.

« On avait eu un grand marché à Dori mais les gens (ses employés, ndlr) n’ont pas accepté d’y aller. Le soudeur n’a pas voulu et même ceux qui mettent la paille n’ont pas aussi voulu. Et on a décidé de laisser tomber. La vie passe avant toute chose et vous ne pouvez pas forcer les gens de partir dans un endroit où ils ne se sentent pas en sécurité », souligne-t-il.

Le travail d’Amadou est bien apprécié par ses clients. Désiré Kouassi (nom fictif) venait de faire la connaissance de celui-ci, pas longtemps. Mais avance-t-il après un premier travail, il y a deux mois passés, il l’a rappelé et lui a confié la construction de sa deuxième paillote. Pour lui, Amadou connait son travail et le fait soigneusement, il ne pouvait que lui faire appel cette fois encore.

« La première paillote a coûté environ 3 millions de francs CFA, c’est une paillote de 12 mètres sur 6 mètres, mais la seconde est plus petite que la première, ça a coûté un peu plus d’un million de francs CFA », soutient-t-il en laissant entendre que le prix est à la hauteur du travail fait. Selon Amadou, sa paille dure de plus de 5 ans avant d’être renouvelée…

Willy SAGBE

Burkina24 

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