Réconciliation : Un citoyen propose au Président Damiba d’aller demander pardon à Roch Kaboré pour avoir pris le pouvoir de force

Ceci est une lettre ouverte d’un citoyen burkinabè, Abdoudramane SAWADOGO, adressée au Président du Faso, le Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba.

Excellence Monsieur le Président,

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Jamais une nation n’a pris le véritable chemin du progrès, de la paix et une vision tournée vers l’avenir sans des leaders charismatiques, dévoués, sincères et convaincus. Ainsi ils se voient accompagnés par un peuple qui leur fait entièrement confiance. Ils se battent alors ensemble pour l’avenir de leur pays, de leurs enfants et des futures générations.

Nous Burkinabè, avons en chacun de nous quelque chose à apporter pour la reconstruction de notre pays. Nous pouvons êtres dévoués et convaincus, pourvu que nous ayons des dirigeants en qui nous avons confiance. Et en toute sincérité, c’est cette dernière qui nous manque.

Monsieur le Président, je suis issu d’une génération qui a un rêve de vivre dans un pays libre et prospère, où l’abondance, la justice, l’équité, la paix sont cultivées à chaque lever et coucher du soleil. Où le pauvre a aussi la chance d’être soigné, de manger et de bénéficier d’une formation de qualité.

Nous sommes une génération ouverte au monde qui voit ce qui se passe ailleurs et qui la séduit. C’est pourquoi, Monsieur le président, la paix de mon pays me préoccupe énormément. Et en tant que citoyen, j’ai aussi mon mot à dire pour la consolidation de cette paix.

J’aimerais donc attirer votre attention sur le fait que vous êtes en train de faire fausse route quant à la réconciliation qui vous tient à cœur. Comme l’a fait d’ailleurs vos prédécesseurs Blaise COMPAORE et Roch Marc Christian KABORE. Vous n’êtes pas sans savoir qu’ils ont aussi organisé des journées de pardon, des forums sur la réconciliation, des conférences, ont rencontré des classes politiques, des leaders religieux et coutumiers, etc. et ont lamentablement échoué ! Soit par ignorance ou par orgueil, pourtant ils ont été toujours entourés d’experts dans tous les domaines pour éviter un tel résultat. Hélas !

Monsieur le Président, sachez que vous devez aller au-delà de la rencontre entre anciens chefs d’Etat, autorités religieuses et coutumières, OSC, etc. pour une vraie réconciliation. Car qui dit réconciliation dit mésentente ou division et plus loin, injustice. Et si tel est le cas, il faut d’abord qu’on identifie qui a fait quoi à qui et pourquoi ? Sans cela, on aura toujours une réconciliation de façade et de mensonge où les victimes regardent leurs bourreaux sourire à la télévision en buvant du champagne.

Monsieur le Président, pour une vraie réconciliation, avec humilité, accompagné des autorités religieuses et coutumières, vous vous rendez chez Roch Marc Christian KABORE et vous lui présentez des excuses. Demandez pardon pour avoir pris le pouvoir de force. Roch Marc KABORE à son tour se rend dans tous les camps de déplacés internes présenter ses excuses pour n’avoir pas pu honorer son engagement de les protéger et d’empêcher les morts.

Blaise Compaoré lui se rend dans les familles Sankara, Lengani, Zongo et tous ceux dont il est accusé d’assassinat, qu’il l’ait fait ou non. DIENDERE de se rendre auprès des familles des victimes de 2015, Luc Adolphe TIAO auprès de ceux de 2014. Puis les coupables du massacre de Yirgou. Ensuite les anciens ministres, les politiciens qui ont eu à gérer un poste de responsabilité de par leur activité politique, les hauts gradés de l’armée, s’excusent publiquement d’avoir failli à leur mission, d’avoir trompé le peuple.

Et enfin bien que la liste soit longue, votre gouvernement, les cadres que vous nommez, vous revoyez totalement leur rémunération et leur niveau de vie, quitte à les remplacer par ceux qui peuvent travailler à moindre frais. Ainsi on commencera à parler d’une réconciliation.

Monsieur le Président, avec humilité, faite une vraie réconciliation. Que les victimes ne voient pas leurs bourreaux fêter en leur nom à la télévision. Inch’Allah, vous verrez un peuple soudé derrière leur Président pour la lutte acharnée contre le terrorisme. Cela y va de notre survie !

Abdoudramane SAWADOGO

Citoyen burkinabè

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