« Défendre la justice climatique et promouvoir le sens de la responsabilité vis-à-vis des enfants en Afrique » (COBUFADE)

Ceci est un message de Madame BASSINGA/TRAORE Solange, Présidente de la Coalition au Burkina Faso sur les Droits de l’Enfant (COBUFADE), à l’occasion de la 9ème Conférence Internationale sur la politique de l’enfance Africaine (IPC) tenue à Addis-Abeba les 6 et 7 septembre 2022 sur le thème : « Le changement climatique et les droits de l’enfant en Afrique : impact et responsabilité ».

Défendre la justice climatique et promouvoir le sens de la responsabilité vis-à-vis des enfants en Afrique

L’Afrique est assise sur une bombe à retardement climatique. Sur tout le continent, les enfants et les jeunes – y compris ceux qui ne sont pas encore nés pâtiront des coûts financiers, sociaux et environnementaux de la crise climatique pendant plusieurs décennies, voire des siècles. 

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L’un des paradoxes de la crise climatique est que ceux qui sont les principaux responsables du changement climatique sont relativement mieux protégés contre ses effets, tandis que ceux qui y ont le moins contribué en souffrent le plus. L’Afrique figure en tête des régions les plus touchées par le changement climatique, mais elle représente moins de 7 % du total des émissions de gaz à effet de serre (GES) et ses émissions par habitant sont inférieures à la moitié de la moyenne mondiale.

Pourtant, ce sont les enfants d’Afrique qui en subissent le plus fort. Les pays riches d’aujourd’hui ont atteint les niveaux de bien-être matériel les plus élevés que le monde n’ait jamais connus, principalement en exploitant l’énergie bon marché des combustibles fossiles, mais la plupart des retombées négatives de cette stratégie ont frappé les pays les plus pauvres du monde.

En conséquence, des appels ont été lancés à maintes reprises aux pays à hauts revenus pour qu’ils assument la responsabilité de leur empreinte carbone et qu’ils apportent le soutien financier et technique nécessaire aux pays à faibles revenus qui en supportent le plus lourd fardeau.

En 2009, à Copenhague, les nations riches se sont engagées à verser 100 milliards de dollars par an aux nations moins riches à l’horizon2020, dans le dessein de les aider à s’adapter au changement climatique et à en atténuer les effets. Douze années plus tard, lors de la COP26 à Glasgow, les négociateurs africains réclamaient 1,3 trillion de dollars par an d’ici à 2030.

Jusqu’à présent, cependant, les sommes annuelles mobilisées sont loin de correspondre aux besoins : 58,5 milliards de dollars US en 2016, 71,1 milliards de dollars US en 2017, 78,3 milliards de dollars US en 2018 et 79,6 milliards de dollars US en 2019. 

La lutte contre le changement climatique ne peut être laissée aux seuls pays et gouvernements occidentaux. Il importe que les gouvernements africains assument également leur responsabilité vis-à-vis des personnes touchées, notamment les enfants. Ils doivent élaborer des plans d’adaptation nationaux (PAN) globaux et inclusifs et se conformer à leurs engagements convenus de contribuer aux budgets d’adaptation et d’atténuation. 

À ce jour, seuls 13 pays d’Afrique ont élaboré et publié leur PAN, et très peu d’entre eux y font mention des enfants. Seuls trois pays africains ont financé des mesures de gestion des risques climatiques dans le cadre de leurs priorités d’investissement. 

Dans la plupart des cas, les enfants sont absents des discussions et des délibérations sur le changement climatique, tant en Afrique que dans le reste du monde. Les perspectives des enfants ne sont pas intégrées dans les PAN, d’où le manque de plans d’adaptation centrés sur les enfants sur le continent. Et ce, en dépit du fait que le changement climatique est avant tout une préoccupation qui touche à la jeunesse.

La majorité des Africains ont moins de 18 ans, et près d’un demi-milliard d’enfants dans 35 pays subsahariens sont exposés aux pires conséquences du changement climatique. En dépit de cet état des lieux, les gouvernements africains n’ont guère accordé aux enfants et aux jeunes l’espace nécessaire pour influencer l’agenda du changement climatique. Il faut que cet état des lieux change.

La neuvième conférence internationale sur l’enfance africaine (IPC), qui sest tenue à Addis-Abeba, en Éthiopie, a été consacrée au changement climatique et aux droits de l’enfant en Afrique. La conférence vise, entre autres, à tirer la sonnette d’alarme quant à la responsabilité des acteurs mondiaux et nationaux à l’égard des enfants dans le contexte de la crise climatique. 

En tant qu’activiste de la société civile, la COBUFADE se fait le champion de la promotion et du respect des droits des enfants, et s’évertue d’assurer la participation significative des enfants et des jeunes aux discussions et décisions sur le changement climatique. 

Nous prions instamment le Burkina Faso de mettre en place des plans globaux d’adaptation qui tiennent pleinement compte de la situation critique des enfants, et la COBUFADE s’engage à soutenir le gouvernement dans cet effort. Nous invitons également le gouvernement à intensifier ses investissements financiers et ses politiques économiques visant à pallier et riposter aux effets du changement climatique sur ses enfants et ses jeunes.

Nous exhortons par ailleurs les pays industrialisés à prendre des mesures techniques et financières sérieuses pour soutenir les efforts des pays africains visant à atténuer l’impact du changement climatique et entreprendre des interventions d’adaptation. Enfin, nous encourageons vivement les gouvernements à utiliser les fonds existants de manière efficace et ciblée.

Pour l’Afrique et ses enfants, la crise climatique constitue à la fois une menace existentielle et un obstacle au développement. Et en tant que telle, elle exige une réponse concertée de la part de toutes les parties prenantes. En tant qu’organisation de la société civile, la COBUFADE renouvelle son engagement à plaider pour une atténuation plus forte du climat et des efforts d’adaptation, y compris des programmes de sensibilisation du public et le soutien aux enfants pour faire entendre leurs voix.

La seule façon pour nous, Africains, de réparer l’injustice climatique mondiale qui prévaut et de combler le déficit de responsabilité des gouvernements envers les enfants, c’est d’agir maintenant. Tandis que nous nous acheminons vers  la COP27 en Égypte en novembre, les voix des enfants et des jeunes d’Afrique doivent être entendues, écoutées et prises en compte.

Coalition au Burkina Faso pour les Droits de L’Enfant (COBUFADE) 

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