Burkina : « Il faut se réconcilier avec Maurice Yaméogo, le père de l’armée », selon Hermann Yaméogo

Dans le cadre de la campagne de « réinitialisation patriotique » de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Développement (UNDD), une halte a été observée pour faire un bilan ce mercredi 21 septembre 2022 à Ouagadougou.

La suite après cette publicité

Depuis quelques mois, une équipe de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Développement (UNDD) prêche la réconciliation, la refondation et la restauration auprès des chefs coutumiers dans les différentes régions. Pour l’instant, 6 régions ont été visitées par l’équipe. Noel Yaméogo, membre du parti a fait savoir que le retour est « positif ». Il a souligné que d’autres localités ont montré leur soif du message de l’UNDD.

Lire également 👉 Burkina : « Nous sommes en guerre et certains veulent parler uniquement que de la politique » (Amadou Dabo)

Me Hermann Yaméogo, président de l’UNDD, a fait savoir qu’en période de guerre c’est l’union sacrée qui caractérise le patriotisme. A l’écouter, il faut organiser un forum consacré essentiellement aux témoignages des victimes afin de susciter plus d’empathie sociale.

Par ailleurs, Me Hermann Yaméogo a salué le courage du Président Damiba à étendre la question de la réconciliation à l’armée.

« Jamais avant lui, un président n’a osé reconnaitre qu’il y avait des problèmes de cohésion au niveau de l’armée. Il (Damiba) l’a reconnu. Ça m’a ému car je peux dire que j’ai vu naitre notre armée nationale. Tout petit (entre 11 et 12 ans) quand le premier président a dit à l’armée française de partir.

C’est lui-même qui convoquait les Lamizana et les militaires qui étaient encore dans l’armée française pour les persuader de quitter l’armée française pour venir constituer le noyau de l’armée voltaïque. J’ai vu ce noyau qui s’est constitué pour créer l’armée nationale », a-t-il relevé.

La réconciliation de l’armée doit aller jusqu’au père de l’armée.

Pour lui, si le président Damiba parle de déraillement au niveau de l’armée, c’est qu’il a raison. « En s’engageant trop dans la politique, en se faisant trop utiliser politiquement, l’armée a eu aussi ses lourdes erreurs dans la situation que nous vivons. Donc, il faut étendre la question de la réconciliation à travers tous ces corps. La réconciliation de l’armée doit aller jusqu’au père de l’armée.

Il faut se réconcilier avec le père de l’armée, Maurice Yaméogo qui a créé l’armée. Depuis 1966, depuis le coup d’Etat, c’est comme s’il y avait une déconnexion avec lui. Jamais on n’enseigne dans les écoles que le père de l’armée nationale est Maurice Yaméogo. La réconciliation ne peut se faire sans la reconnexion avec lui », a-t-il lancé.

Le président de l’UNDD prêche également la  libération des prisonniers et le retour des exilés. Selon lui, il est important que les exilés reviennent. « Ça sera un acte humanitaire. En revenant, ils ont des relations à l’international qui peuvent aider à résoudre la crise que nous vivons », a-t-il fait comprendre. Concernant les prisonniers, il a relevé que ce sont des personnes qui peuvent contribuer efficacement à lutter contre le terrorisme.

« Ceux qui sont à la MACA et à la MACO, j’ai vécu avec eux quand j’étais à la MACA. Des gens très compétents, des gens qui ont reçu des formations, qui ont fait des missions à l’étranger qui sont aguerris, c’est inimaginable. Je n’ai jamais vu une gestion d’Etat comme cela. Si on pensait à la souffrance de ces gens, de tel renfort, on les fera vite venir.

Et laisser ces gens moisir en prison sans apporter leur contribution à l’effort commun, ça ne sert à rien de les garder en prison. Ça fait des années qu’ils sont là-bas, ils ont suffisamment purgé les peines qui ont été censées leur infliger, maintenant c’est le pays qui est en peine et qui veut qu’on le libère », a-t-il déclaré. Il a pris l’exemple de certains pays, qui ont libéré des grands criminels pour servir la nation quand il y avait des difficultés.

Jules César KABORE

Burkina 24

Écouter l’article
publicite


publicite

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page