Handicapable | Biba Ouédraogo, professionnelle de l’esthétique !

publicite

Biba Ouédraogo est une jeune dame burkinabè qui évolue depuis l’âge de 15 ans dans le milieu de l’esthétique. Malgré sa malformation des doigts, elle réussit à se faire une place honorable dans ce domaine et s’en sort bien, selon elle, grâce à ses prestations qui sont appréciées par sa clientèle. Allons à sa découverte !  

La suite après cette publicité

Biba Ouédraogo est une jeune dame de la trentaine qui fait de l’esthétique depuis maintenant 15 ans. Selon ses explications, c’était déjà pour elle une passion depuis toute petite car elle s’exerçait sur ses camarades de classe.

« J’ai commencé à m’entrainer à l’école primaire mais les professeurs n’acceptaient pas. Comme c’est le tatouage, il y a certaines personnes qui en sont allergiques donc ça fait que les professeurs ne voulaient pas que je le fasse à tout le monde. C’est à ceux qui voulaient que je mettais à la pause à 10heures », a-t-elle expliqué.

C’est après avoir échoué à l’examen du BEPC à l’âge de 15 ans qu’elle abandonne définitivement les bancs de l’école pour se tourner véritablement vers l’esthétique.

Tout début n’étant pas facile, Biba Ouédraogo a fait savoir qu’elle manquait de clientèle à ses débuts. Elle a ajouté qu’elle a dû aller elle-même vers les femmes pour les inciter à venir expérimenter ce qu’elle proposait comme prestation. C’est après cela, qu’elle a commencé à être connue et recommandée.

« Quand j’ai commencé, les clientes ne me connaissaient pas donc elles ne venaient pas. J’étais obligée de croiser les dames pour leur dire de venir se rendre belles chez moi », a-t-elle expliqué.

Malgré le fait qu’elle soit née avec une malformation au niveau des doigts, Biba Ouédraogo a fait savoir que cela n’a jamais été un complexe ni une source de difficulté pour elle à un moment de sa vie. La preuve en est qu’elle s’en sort très bien dans le domaine dans lequel elle a décidé de se lancer vu le nombre important de clients qu’elle dit recevoir tous les jours et surtout pendant les périodes de fête où elle est vraiment débordée.

Biba Ouédraogo
Biba Ouédraogo

« Durant les fêtes, on ne peut pas compter le nombre de personnes qui viennent. Des fois, nous nous excusons auprès d’elles en leur demandant de revenir le lendemain pour que nous puissions bien faire le travail », a-t-elle affirmé.

Elle lance sa petite entreprise sans soutien…

Partie de rien, et sans aucun soutien, notre esthéticienne a su se construire seule et se révéler aux yeux de tous. « Ma mère ne voulait pas que je laisse l’école. Elle me demandait à tout moment d’y retourner, mais moi je refusais parce que je savais ce que je voulais faire. C’est faire le tatouage qui me plaisait par rapport à l’école ; donc je n’ai pas eu de soutien de la part de mes parents pour me lancer », a-t-elle relaté.

Aujourd’hui, Biba Ouédraogo dispose d’un salon d’esthétique situé dans le marché de Gounghin (un quartier de la ville de Ouagadougou) où elle vend des produits de beauté, applique du henné, fait de la manucure-pédicure et fait du maquillage à ses clientes. Elle a révélé être disponible pour embellir les futures mariées qui le désirent dans chacune de ses prestations.

Pour ce qui est de ses produits, ils sont importés. « Il y en a qui viennent du Nigéria, d’autres des Etats-Unis, de la Chine et le tatouage vient de Dubaï », a-t-elle assuré. Elle a à son compte 10 employés et fait également des formations en esthétique.

Les prix de ses prestations varient selon les demandes de ses clientes « Pour les dessins de tatouage, nous commençons de 500 à 15.000 FCFA, pour les ongles c’est de 500 à 8000, le make-up c’est 5000-10.000 », a-t-elle éclairé.

Même si au fil des années, son travail a connu une grande évolution, elle précise qu’elle rencontre toujours certaines petites difficultés qui ne sont pas bien graves.

Biba Ouédraogo, une spécialiste du travail bien fait selon ses clientes…

A en croire plusieurs de ses clientes, son travail est irréprochable car selon elles, Biba Ouédraogo maitrise parfaitement son métier. Ainsi, Catherine Silga, une cliente fidèle du salon de beauté de notre esthéticienne, donne son avis à son sujet. « Quand elle fait son travail, c’est un travail bien fait.  Elle est accueillante et gentille. Quand tu entres chez elle, tu en ressors magnifique et transformée. Pour cela, je l’admire beaucoup. C’est une femme battante », a-t-elle exprimé.

Mariée et mère d’un enfant, Biba Ouédraogo nous précise qu’elle arrive parfaitement à bien gérer son foyer et son salon de beauté malgré qu’elle n’ait pas de jour de repos fixe.

Un petit aperçu d'une partie de sa boutique
Un petit aperçu d’une partie de sa boutique

Espérant un lendemain encore meilleur, Biba Ouédraogo attend plus tard pouvoir voyager d’elle-même afin de ramener des produits de beauté pour revendre. Elle espère également parvenir à agrandir son salon de beauté pour employer plus de personnes et participer à l’essor du secteur informel burkinabè.

Biba Ouédraogo a terminé en incitant ses jeunes frères et sœurs à s’armer de courage et travailler sans être complexé : « Je demande à tous ceux et celles qui ont un handicap de laisser tomber la honte et se concentrer pour bien travailler et s’en sortir. Le handicap n’est pas quelque chose de mal, ce n’est pas une fatalité. Dieu sait que s’Il te donne un handicap, tu pourras t’en sortir ; c’est pour cela Il le fait. Enlevez cela de votre tête et battez-vous pour votre propre bien. Dieu fera le reste ».

Amira SANOU (Stagiaire)

Burkina 24

Écouter l’article
publicite


publicite

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page