Édito | Le Burkina et le Mali, progresser coude à coude !

Tout comme son prédécesseur, le capitaine Ibrahim Traoré a réservé son premier voyage officiel à son homologue malien Assimi Goïta. Pouvait-il en être autrement, quand on sait que les deux pays partagent plus de 1.000 kilomètres de frontière ?
Depuis que le ballon gonflé du G5 Sahel a explosé avant même d’avoir pris son envol, les dirigeants des États concernés ont compris qu’il fallait se trouver un autre fusil d’épaule, en occurrence, l’accentuation de la coopération bilatérale entre pays.
C’est comme avec le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba qui s’était, lui aussi, rendu aux bords du Djoliba pour sa première visite officielle hors du Burkina. Le colonel Assimi Goïta et le capitaine Ibrahim Traoré ont convenu de renforcer la coopération militaire entre les deux pays et de mutualiser leurs moyens. Tant mieux !
Mais comme toujours, l’on ne sait pas concrètement comment ce renforcement de la coopération va se traduire sur le terrain de la lutte contre le terrorisme, au-delà des déclarations de bonne intention.
Entre russophilie et russophobie…
Le Mali est un voisin immédiat du Burkina, impacté par l’hydre terroriste depuis plusieurs années. Dans la lutte contre le terrorisme, le « pays de Sogolon Diata Keita » est également de loin l’aîné du « pays des Hommes intègres », notamment en matière de renseignements. La guerre antiterroriste était donc naturellement au menu des échanges entre les Présidents Traoré et Goïta.
Ce voyage de « IB » au bord du Djoliba est, par ailleurs, scruté attentivement par les chancelleries occidentales qui ont une peur bleue qu’au-delà de la cagoule, Assimi Goïta n’influence son jeune frère burkinabè dans le choix de ses principaux partenaires.
Entre russophilie et russophobie, le Burkina sous « IB » est en train de peaufiner des stratégies afin de renforcer ses partenariats. Rien n’est officiel pour l’heure ! Mais quels que soient leurs choix, le Burkina et le Mali doivent faire mieux que les discours, pour réellement mutualiser leurs efforts, indépendamment des sensibilités occidentales ou russes.
La Rédaction




