Conflit camerounais : Le Canada accueille des pourparlers de paix à propos de l’ouest anglophone

Le Canada accueille des pourparlers « en vue de parvenir à une résolution globale, pacifique et politique » du conflit qui fragilise depuis plus de six ans le Cameroun avec les velléités séparatistes de l’ouest anglophone. Le Canada vient ainsi tenter de réussir là où la Suisse a échoué en 2019 alors qu’elle avait été mandatée pour mener une médiation entre gouvernement camerounais et groupes indépendantistes.

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Selon Mélanie Joly, la Ministre canadienne des Affaires Etrangères, son pays « salue le fait que les parties au conflit aient accepté d’entamer un processus en vue de parvenir à une résolution globale, pacifique et politique du conflit », a-t-elle déclaré avant d’ajouter que « l’accord visant à amorcer un processus formel constitue un premier pas essentiel vers la paix et vers un avenir plus sûr (…), le Canada a accepté de jouer un rôle de facilitateur dans ce processus ».

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, peuplées principalement par la minorité anglophone, sont le théâtre depuis six ans d’un conflit meurtrier entre des groupes armés réclamant l’indépendance d’un Etat dénommé « Ambazonie ». Des forces de sécurité sont massivement déployées par le pouvoir dans cette partie du pays.

La cheffe de la diplomatie canadienne a fait valoir que ces pourparlers sont menés conjointement par « la République du Cameroun, le Conseil de gouvernement de l’Ambazonie et les Forces de défense de l’Ambazonie, le Mouvement populaire de libération de l’Afrique et les Forces de défense du Sud-Cameroun, le gouvernement intérimaire, ainsi que l’Equipe de coalition de l’Ambazonie. » Le Canada a déjà accueilli trois « rencontres secrètes » entre les parties prenantes au conflit, deux au Québec et une à Toronto.

Silence radio coté camerounais après cette annonce officielle du Canada. Les mouvements séparatistes, le Conseil de gouvernement de l’Ambazonie (The Ambazonian Governing Council) pour leur part confirme leur participation aux discussions. « Pour la première fois de notre histoire, nous avons trouvé un accord avec l’État du Cameroun, a déclaré Daniel Capo, porte-parole du mouvement. Même si ce n’est qu’un accord pour entamer des négociations, c’est le début d’un chemin pouvant mener vers la justice et la paix », a-t-il déclaré.

Ce conflit a fait à ce jour plus de 6.000 morts depuis fin 2016 et forcé plus d’un million de personnes à se déplacer, selon les chiffres du centre de réflexion International Crisis Group (ICG). Les deux camps sont régulièrement accusés par les ONG internationales et l’ONU de commettre des crimes et atrocités contre les civils.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24

Source : Africanews

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