COP 29 : Quand les décisions globales rencontrent les réalités locales à Koudougou

La chaleur accablante de fin mars n’a pas découragé les participants venus assister à cet atelier inédit. Dans la salle de conférence du Conseil régional du Centre-Ouest, des mains se lèvent, des questions fusent, des regards s’animent. Ici, on ne parle pas de la COP 29 en termes diplomatiques, mais en mesures concrètes pour les champs, les puits et les villages de la région.
Adama Zongo, cultivateur expérimenté de Imasgo, écoute attentivement les explications sur les mécanismes de financement climatique. « On nous parle toujours de millions de dollars, mais est-ce que cet argent pourra m’aider à acheter une pompe solaire pour mon champ ? » demande-t-il dans un français hésitant.
La réponse vient du coordonnateur préparation réponse aux catastrophes de la Croix-Rouge Burkinabè, Yacouba GUEBRE : « C’est exactement l’objectif de cette rencontre. Faire le lien entre les grands engagements internationaux et les besoins quotidiens des populations. »
L’atelier organisé par la Croix-Rouge Burkinabè a révélé une soif d’information palpable. Les participants, majoritairement des acteurs de terrain, de la société civile ont longuement discuté des implications pratiques des décisions de Bakou. Comment transformer l’article 6 de l’Accord de Paris en projets de reboisement ? Quelles procédures suivre pour accéder au Fonds Pertes et Dommages quand une inondation détruit les récoltes ? Autant de questions techniques devenues soudain très concrètes.
Autour des tables de travail, les échanges ont parfois pris des tournures inattendues. Un éleveur a partagé ses observations sur la modification des cycles de pluie, tandis qu’une responsable associative expliquait comment son groupe avait développé des techniques de conservation des sols. Ces témoignages ont donné une dimension très pratique aux discussions sur les politiques climatiques.
La question des financements a naturellement dominé les débats. « Les promesses, c’est bien, mais nous voulons savoir comment cet argent va arriver jusqu’à nos communes », a insisté un président de délégation spéciale. Les techniciens présents ont détaillé les mécanismes en cours de mise en place, mais ont reconnu la persistance de difficultés administratives.
En fin de journée, un constat partagé émergeait : la COP 29 n’est pas qu’une affaire de diplomates. Ses décisions influenceront directement la capacité des agriculteurs à nourrir leurs familles, des communes à approvisionner leurs habitants en eau, des éleveurs à maintenir leur cheptel. Reste maintenant à transformer cette prise de conscience en actions concrètes.
Alors que le soleil déclinait sur Koudougou, les participants se séparaient avec une feuille de route précise : identifier les besoins prioritaires de leurs communautés, monter des dossiers solides, et se préparer activement pour la COP 30.
Dans leurs yeux, on pouvait lire à la fois de l’espoir et une détermination nouvelle. La lutte contre les effets du changement climatique venait de prendre, pour eux, un visage humain et local.