Scandale financier au SIAO : Un ancien comptable condamné pour plus de 230 millions FCFA non reversés

Dans un arrêté rendu le 27 février 2025, la Cour des Comptes du Burkina Faso a sanctionné d’importantes irrégularités financières au sein du Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou (SIAO), concernant la gestion de l’exercice 2016. 

Quatre anciens responsables étaient mis en cause pour des manquements graves dans la gestion des deniers publics. Cette affaire illustre la capacité de l’ASCE-LC à détecter et transmettre des dossiers d’une ampleur exceptionnelle, confirmant son rôle central dans la lutte contre les dérives financières.

Le cas le plus grave concerne M. K S, ancien agent comptable du SIAO, qui a été reconnu coupable d’avoir collecté et non reversé la somme colossale de 230.742.014 FCFA. Lors des débats, l’intéressé a reconnu les faits, allant jusqu’à admettre avoir utilisé ces fonds pour ses dépenses personnelles. La Cour a rappelé que de tels agissements ne relèvent pas seulement de la faute de gestion, mais constituent une atteinte grave à la confiance publique.

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Il a également été établi qu’il avait procédé à des paiements de 2.100.000 FCFA, sans pièces justificatives conformes. Pour ces manquements, il a été condamné à une amende de 700 000 FCFA.

A noter que M. K S avait déjà été condamné en 2017 par le Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou, puis en appel en 2019, à de la prison ferme pour détournement de deniers publics. Cette nouvelle sanction démontre l’autonomie des procédures : une faute de gestion peut aussi constituer une infraction pénale, et chaque instance agit dans son champ de compétence.

D’autres responsables ont également été sanctionnés. M. B L H, ancien régisseur, a été reconnu coupable d’un manquant de caisse de 555 105 FCFA et de déblocages non justifiés de 185 000 FCFA. Il a écopé d’une amende de 50 000 FCFA. M. M H, ancien directeur de la promotion, a ordonné des déblocages non justifiés de 808 067 FCFA au profit d’un organisateur d’un salon en Allemagne, sans pouvoir en fournir la justification. Il a lui aussi été condamné à une amende de 50 000 FCFA.

Seul M. G W C, ancien caissier poursuivi pour complicité dans le non-reversement des 230 millions, a été relaxé. La Cour a estimé que le dossier ne contenait pas d’éléments suffisants pour établir sa culpabilité, d’autant que M. K S avait assumé l’entière responsabilité de ses actes.

L’arrêt, notifié au Contrôleur Général d’Etat le 13 novembre 2025, marque un tournant dans la gestion des grandes manifestations nationales. Il rappelle que la transparence et la traçabilité des fonds ne sont pas des options mais des obligations. En sanctionnant des pratiques qui fragilisent la crédibilité d’événements internationaux comme le SIAO, l’ASCE-LC et la Cour des Comptes affirment leur volonté de protéger non seulement les finances publiques, mais aussi l’image du pays sur la scène internationale.

Source : DCP / ASCE-LC

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